Interviews

DROPKICK MURPHYS (15/11/16)

English version

The boys are back!

Hello Tim ! Cela fait maintenant quatre ans depuis la sortie de votre dernier album. Pourquoi avoir attendu autant ?

Tim Brennan (guitare) : Nous avons beaucoup tourné pour promouvoir le dernier album et ensuite il est vrai que nous avons pris plus de temps, que d’habitude, pour l’écriture de ce nouveau disque. La composition de cet album a débutée il y a deux ans puis ce n’était qu’au début de cette année où nous nous sommes vraiment retrouvés pour y plancher plus sérieusement. Je ne sais pas pourquoi nous avons mis autant de temps. (rires)

11 Short Stories Of Pain & Glory” est le 9ème album du groupe. Vous avez enregistré celui-ci au Texas. Pourquoi avoir voyagé autant ? Aviez-vous déjà pensé à enregistrer un album autre part qu’à la maison ?

Tim : Nous n’y avions jamais vraiment pensé car on se sentait bien chez nous. Cependant à 18h, tout le monde commençait à regarder sa montre et à rentrer. (rires) Au Texas, il y avait 50km de désert tout autour du studio donc il n’y avait rien à faire mis à part enregistrer l’album. Nous y sommes allés pour être vraiment concentrés sur notre boulot mais également pour y trouver de nouvelles sensations créatives. C’était mentalement très différent de se retrouver dans le désert pour nous.

A quoi renvoi le titre de votre nouvel album ?

Tim : Dans la musique folk et irlandaise, cela renvoi à différentes histoires. Cela tient à la fois compte de la musique mais également de la manière traditionnelle de raconter ces histoires. Musicalement il y a toujours cet esprit Dropkick mais présenté différemment. Chaque morceau représente une histoire et le tout s’articule parfaitement.

Quid de la pochette ? D’où vient-elle ? L’illustration semble assez vieille.

Tim : C’est en effet une vieille photo. Ce gosse, debout sur cette boite, qui a l’air si passionné dans son discours et entouré de tous ces autres gamins qui mangent ses paroles. On a choisi cette cover bien avant l’élection présidentielle chez nous, et pourtant la coïncidence veut que cette image traduit exactement ce qu’il se passe dans les rues du pays. De plus cette scène, cette réunion entre gamins, transmet quelque chose de puissant.

Le premier single diffusé est “Blood”. N’y a-t-il pas une grosse influence tirée de “Ring Of Fire” ?

Tim : Il y a tellement de choses qui nous influencent de manière générale mais celle-là, c’est en effet un gros clin d’oeil à l’une de nos idoles !

Certains de vos nouveaux titres renvoient aux activités de votre organisme caritatif. Peux-tu nous en dire plus à ce sujet ?

Tim : Bien sûr. Nous avons un organisme caritatif : le Claddagh Fund. Nous avons participé à de nombreux concerts caritatifs puis nous avons ensuite créé notre propre association pour aider et contribuer aux causes auxquelles on tient. L’une de ces causes est la lutte contre l’addiction à l’alcool et à la drogue. On peut d’ailleurs apparenter la reprise de “You’ll Never Walk Alone” à cette cause, telle un hymne.

Et en ce moment surtout, on essaie d’aider ces gens vivant dans le Nord Est. Il y a une grosse épidémie liée à une drogue et on veut dire à ces personnes qu’ils peuvent demander de l’aide pour s’en sortir. On essaie simplement d’aider ceux qui en ont besoin.

Qu’est-ce qui t’inspire le plus en tant que guitariste ?

Tim : Je suppose que c’est principalement les autres style musicaux. J’écoute des trucs si différents, des guitaristes si différents aussi et au final ça m’inspire beaucoup. Soit je cherche à jouer quelque chose que j’entends ou alors de jouer quelque chose qui s’en approche. D’ailleurs je regarde beaucoup la télé lorsque je joue, donc je suppose que la télévision m’inspire pas mal aussi. (rires)

Quid du processus au sein du groupe ? Travaillez-vous de A à Z en studio ? Comment interagissent les différents instruments qui font votre groupe ?

Tim : Généralement nous avons une idée précise de ce à quoi vont ressembler les titres avant d’entrer en studio. Pour ce qui est de l’interaction entre les divers instruments, on sait maintenant comment procéder. Les idées surgissent assez rapidement, parfois même en studio, même si c’est assez rare.

Il y a également “4-15-13” qui traite de l’attentat de Boston, durant le marathon. En abordant cet événement tragique, est-ce une volonté de rendre hommage aux victimes ou bien une sorte de thérapie pour vous ? D’en parler et de se libérer d’un poids.

Tim : On était en pleine tournée, à l’autre bout du pays, lorsqu’on a appris ça. Et beaucoup dans le groupe ont eu du mal à gérer cette situation car on avait tous de la famille ou des amis qui soit couraient le marathon ou assistaient aux festivités. Autant te dire que ce n’était pas une très bonne journée à vivre.

Ken a fait un travail remarquable via son écriture. Il a réussi à saisir l’émotion d’un événement pareil, et de la partager. La chanson évoque toutes ces différentes personnes qui au final se serrent les coudes et affrontent l’horreur de manière soudée. Peu importe qui nous sommes, on essaie d’affronter chaque jour, chaque épreuve ensemble. Et je dois dire que c’est vraiment difficile d’écrire sur un événement si dramatique.

Il y a deux jours, la France rendait hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015. Quelle fut ta réaction en l’apprenant ? T’arrive-t-il d’y penser en montant sur scène ?

Tim : Non mais seulement parce que tu ne peux penser à quelque chose comme celle-ci. C’est horrible. Non seulement nous y avons déjà joué mais aussi parce que ces personnes étaient là-bas pour y passer du bon temps. C’est dévastant de se dire que deux secondes avant, tous ces gens étaient heureux devant ce concert. En montant sur scène, et penser à ce type de tragédie ou comme pour Dimebag, tu ne peux simplement pas avoir cela en tête car tu es là pour passer du bon temps et faire passer du bon temps à toutes ces personnes venues te voir. Je suis sûr qu’ils étaient là pour s’amuser et oublier l’espace d’une soirée, les tracas du quotidien.

Je me suis personnellement senti attaqué. C’est horrible et terrifiant. Néanmoins, tu peux ensuite voir à quel point les gens sont solidaires et incroyables, comme après le 11 Septembre à New-York, mais tu peux en effet voir à quel point certains sont épouvantables.

 

L’album est tout de même un album pour festoyer, comme toujours. Quels titres s’y prêtent le mieux ?

Tim : Le premier titre est une vieille chanson irlandaise et l’apport des choeurs apporte vraiment quelque chose de festif, c’est une parfaite introduction. “Blood” également, elle n’est certes pas très rapide, mais est puissante. Ensuite je dirais “I Had A Hat” qui renvoie au standard Dropkick. A vrai dire, mis à part le titre traitant des attentats de Boston, tu peux t’amuser en écoutant toutes les autres chansons !

Dropkick Murphys est une tribu, vous êtes tellement nombreux ! Comment arrivez-vous à gérer ça dans le cadre de votre travail et lors des tournées ?

Tim : Tout d’abord, je tiens à dire qu’on a le meilleur crew au monde et cela rend les tournées bien plus relaxe car on est facile six ou sept dans le groupe à ne plus jamais vouloir se parler. (rires) Le crew apporte un liant supplémentaire. De toute manière nous sommes tous potes, nous formons une grande et belle famille et lorsqu’on part en tournée, c’est simplement une bande de potes qui va passer du bon temps chaque soir. De plus, avoir la possibilité de jouer chaque soir, autant te dire que c’est le meilleur travail au monde et cela rend les choses plus simples aussi.

Vous sortez, à nouveau, votre album via Born & Bred, votre propre structure. L’industrie musicale est en pleine métamorphose ces derniers temps mais vous avez opté pour ce choix en 2007 déjà ! Que vous a apporté de gérer vos affaires de manière indépendante ? A l’inverse d’un deal avec une maison de disque.

Tim : On gère nos affaires comme on le veut. Nous sommes notre propre label et n’avons à rendre compte à personne en ce qui concerne notre musique. On contrôle tout et c’est évidemment la meilleure des choses. C’est quelque chose à quoi nous avons pensé lorsqu’on nous demandait “mais à part détenir les droits de votre musique, la maison de disque vous aide comment ?” C’est une manière de tout contrôler et les seules personnes à qui nous devons rendre des comptes : c’est nous, point final.

Avant de conclure, une très importante question : quel est ta boisson préférée ?

Tim : Un bon Coca Cola. (rires)

Enfin, nous sommes “RockUrLife” donc qu’est-ce qui rock ta life Tim ?

Tim : Le plus important pour moi est : la musique, ma famille et mes potes.

Site web : dropkickmurphys.com