Interviews

DEVIANZ (10/10/11)

Dans le cadre des 20 ans de “Nevermind”, nous avons demandé à quelques groupes de la scène alternative rock française de partager leur avis sur ce mythique album. Aujourd’hui, c’est Guyom et Benoît du quintette parisien rock, qui s’y collent.

Que représente Nirvana pour vous ? Et plus particulièrement “Nevermind” ?


Guyom (chant) : “Nevermind” est l’album qui a définitivement changé ma vie. Mes parents n’écoutaient pas de musique, je n’accrochais pas à celle qui passait à la radio et que mes camarades de classe enregistraient et écoutaient en boucle sur leur walkman. Puis un jour, en sixième, un copain batteur m’a prêté une cassette pirate de Nevermind : la révélation ! On pouvait faire de la musique qui venait des tripes, hurler, chanter, passer par tellement d’émotions le temps de quelques chansons… J’ai joué pour la première fois de la batterie le jour où j’ai récupéré cet album, et toute la suite a découlé de ce point de départ : j’ai usé les CD de Nirvana jusqu’à la corde, appris à faire de la batterie et à chanter, assisté à mes premiers concerts de punk, rejoint un groupe, commencé à sonoriser des concerts et à travailler en studio, et enfin créé Devianz !

La première fois que vous avez écouté cet album ?


Benoît (guitare) : Je l’ai écouté à sa sortie. “Smells Like Teen Spirit” passait en boucle à la radio et un de mes meilleurs amis avait acheté l’album. Je l’ai copié sur une cassette mais au bout de quelques semaines, à force de l’écouter, elle n’était plus lisible. J’ai alors fait un caprice à mes parents pour qu’ils me l’achètent…

Votre chanson préférée de “Nevermind”, et pourquoi ?


G : Sans hésitation : “Lounge Act”. Cette chanson est une montée en puissance, la mélodie est imparable, la ligne de basse groovy. Elle est courte et entraînante mais a sa place dans un contexte assez noir : les sons de gorge de l’intro, ce pont qui s’énerve et ne laisse rien présager de bon, le même couplet chanté puis presque hurlé, l’urgence du propos… Ils ont réussi à condenser en 2’30 tous les ingrédients de cet album !


B : Je pense que toutes les chansons de l’album ont été, un jour, mes préférées. Ça fait un certain temps que je n’ai pas écouté ce disque mais le premier titre qui me vient à l’esprit est “In Bloom” pour son intro puissante, surtout au niveau de la batterie. Dave Grohl est la meilleure chose qui soit arrivée à ce groupe.

Y a t’il eu une influence de “Nevermind” sur votre groupe ?


G : L’influence de Nirvana sur Devianz est sous-jacente. On ne la retrouve pas réellement dans la musique, à part peut-être sur quelques lignes de guitare très simples, mais plutôt dans la vision de la musique, dans le besoin d’écrire des mélodies qui restent dans la tête, et dans cet amas bordélique de sons. Et d’ailleurs pour le son, c’est plutôt “In Utero” qui nous a marqué, tant cet album est sale, brut, sans concession. On retrouvera beaucoup de ça dans notre prochain opus.

L’actu de votre groupe ?


B : Notre deuxième album est terminé, nous travaillons en ce moment sur la pochette et le premier clip et réfléchissons à la manière de le sortir. Nous devrions avoir des annonces à faire dans les jours qui viennent !

Site web : devianz.net