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CHUNK! NO, CAPTAIN CHUNK! (08/07/21)

C’est à l’aube de la sortie du nouvel album “Gone Are The Good Days” que nous avons retrouvé Chunk! No, Captain Chunk! afin d’aborder la prochain chapitre de sa carrière.

Pour commencer on va prendre un peu de vos nouvelles. Comment vous sentez-vous à l’approche de la sortie de “Gone Are The Good Days” ?

Bastien Lafaye (batterie) : Excited.

Paul Wilson (guitare) : Ca va !

Bertrand Poncet (chant) : Oui franchement, ça va ! Non, c’est cool. Je dirais que cela fait plaisir de se remettre en selle après six ans de silence. C’est cool parce que là on a sorti deux singles et dès le premier qu’on a sorti on s’est senti un peu comme à la maison. Un peu comme si on était jamais parti vu la réaction. Cela fait plaisir et cela nous conforte vraiment dans l’idée que cet album peut potentiellement avoir un certain succès. Du moins c’est ce qu’on espère !


Justement en parlant de 2016, revenons un peu sur cette année-là. Vous avez sorti un dernier single “Blame It On This Song” et naturellement après cela on s’attendait un album qui n’est jamais venu. De là les rumeurs fusent sur un possible hiatus après quelques concerts. Vous avez évoqué par le passé qu’il était difficile de se renouveler dans le genre assez niche dans lequel vous évoluez. Est-ce que cela a été l’un des facteurs qui a engendré cette pause ?

Bert : Oui, principalement. J’ai du mal à resituer l’état de cette scène dans ces années, mais mon ressenti personnel, il y avait une sorte de pauvreté de l’offre et je me disais : “bon, là peut-être notre chance pour mettre un truc un peu frais sur la table”. Du coup, j’avais commencé à me monter un peu la tête en me disant : “vas-y là, c’est l’opportunité pour nous de faire un truc nouveau !”. Bon, on n’a jamais annoncé de hiatus, car on a fait quelques concerts notamment au Japon, en Indonésie. En réalité ce qui s’est passé, c’est que oui, il devait y avoir un album qu’on avait commencé à préparer en 2017 et on était arrivé à la conclusion que les compositions n’étaient pas au niveau escompté. Du coup, il fallait peut-être prendre un peu plus de temps et un peu attendre le bon moment et la bonne vibe pour faire cela. Je dirais effectivement que le contexte de la scène en 2017 m’a déterminé à créer quelque chose de nouveau et peut-être que cela a été le problème principal. Les attentes étaient tellement hautes que j’avais l’impression que tout ce que je faisais n’était pas au niveau. Alors que là, en 2020 on a commencé à s’y mettre sans trop de pression au départ et on a direct senti que la vibe était là.


Tu évoques 2020 et le début de ce processus créatif. Cependant, la pandémie est venue se mêler à tout cela. Qu’est-ce que cela a changé pour vous ? Impossible de se réunir en studio ou composer en faisant des bœufs, ce genre de chose.

Paul : C’était plutôt bénéfique finalement. Cela nous a donné le temps qu’on n’avait pas forcément dans nos vies perso pour aboutir à un album et là, on a enfin pu se poser et bien le faire. Ce qui est un album maintenant n’en était pas un au début. C’était censé être quelques singles, puis au fur et à mesure du temps, c’est devenu un EP puis un album. Je me demande finalement s’il n’y avait pas eu la COVID, est-ce qu’on aurait eu la possibilité de faire un album ? Avec nos vies et projets personnels à côté, je n’en suis pas sûr. Du point de vue du groupe, la situation a été plus bénéfique qu’autre chose.

Cela vous a donné le temps d’explorer les possibilités du genre dans lequel vous évoluez et peaufiner chaque détail.

Paul : Carrément !

Commençons par parler du premier single, “Bitter”. Est-ce que vous l’avez composé plutôt en amont en tant que single ou est-ce qu’il est venu dans un second temps lorsque le projet d’album est arrivé sur la table ?

Bert : A vrai dire, il fait partie des derniers qui ont été composés ! Dans l’ordre, je crois que c’est presque l’avant-dernier. C’est marrant parce qu’on avait déjà une dizaine de morceaux en place et je me souviens j’étais rentré chez ma copine à Milan et je me suis dit…

Bastien : Il manque un premier single !

Bert : Oui, la pièce manquante du puzzle, il manque un truc quoi. Et du coup, je me suis bien pris la tête. En réalité dans la composition d’un album, c’est assez facile de faire une sorte d’accumulation de bonnes idées à mettre ensemble, mais quand il s’agit de trouver la pièce manquante du puzzle cela devient tout de suite plus complexe. “Bitter” est pour moi le morceau qui a été un peu “calculé” de A à Z dans ce sens-là. Ce qui est marrant, c’est qu’au départ moi je n’avais pas du tout la prétention de me dire tiens on va faire le premier single de l’album. Mais après, si je regarde vraiment en réalité ce qui s’est passé, c’est que pour ce morceau j’ai ressuscité les cendres d’une vieille démo que j’ai retrouvé qu’on avait fait ensemble à l’occasion de “Get Lost, Find Yourself” (ndlr : le troisième album du groupe). On avait juste trouvé un genre de riff un peu à l’arrache, une démo pourrie de dix secondes quoi. Je me suis dit qu’en fait, c’était très cool et j’ai instantanément vu le truc. J’ai pu projeter la pièce manquante du puzzle sur ces dix secondes ultra pourraves. J’y ai passé du temps en vrai. C’est sûrement l’un des morceaux sur lequel j’ai passé le plus de temps. Je voulais vraiment que tout soit au millimètre près pour que cela soit le truc au poil. J’en suis assez content. “Bitter” résume un petit peu ce qu’on veut faire en 2021.


Justement, c’est assez frappant à la première écoute ce soin apporté à la production. Cela reste votre patte, mais à côté de cela, il y a toutes ces nouveautés qu’on entend encore plus sur votre deuxième single “Gone Are The Good Days”. Est-ce que justement, c’était votre volonté d’amener ces nouveautés dans un second temps ?

Bert : Exactement. Mais de toute façon, c’était un peu cet esprit-là sur tous les morceaux. Il était toujours question d’apporter une élan de fraicheur dans toutes les compositions qu’on pouvait faire de manière “traditionnelle” auparavant. Toujours essayer de trouver le petit plus sur chacun des morceaux donc parfois des claviers, des percussions. D’une manière générale, fort de notre expérience en production musicale, car on a notre business l’a dedans puis on a beaucoup produit de groupes entre 2017 et 2020 on s’est dit qu’on allait infuser nos connaissances et notre expérience là-dedans dans chacun des morceaux. Sans pour autant force le truc, je trouvais qu’il y avait une carte intéressante à jouer. Essayer de casser la formation traditionnelle batterie-basse-guitare-chant et essayer d’un peu élever le truc parce que malgré tout on est dans un style de musique qui est quand même très particulier qui est écouté par une petite communauté si on voit cela à l’échelle globale. Aujourd’hui faire la différence avec une formation traditionnelle, c’est quand même pas évident. Pour autant, c’est très facile de faire le truc inverse : trop en faire et que cela en devienne complètement dégueulasse. Je pense que dans cet album on a réussi à trouver le bon équilibre entre les éléments de production type synthé, percussions, saxophone juste pour faire la différence et élever les morceaux. Comme on dit dans le milieu mettre des petits “ear candy”, des petits bonbons pour les oreilles dans chacun des morceaux. J’en suis très fier, car grâce à cela, chaque morceau a son identité propre.


Cela se ressent après plusieurs écoutes d’ailleurs. Toutefois, on ressent quand même un fil conducteur assez fort malgré les nouveautés que cela soit en termes de production ou de sonorités. Vous ne vous perdez pas et la direction artistique reste cohérente. Du coup objectivement cela reste une évolution logique de ce que vous nous proposez !

Bert : Merci de nous le dire, je t’avouerai que même encore aujourd’hui on n’est pas encore sur de comment les gens vont réagir. Je pense que sur cet album, il y a une grosse grosse prise de risques. Mais le fait qu’en tant qu’auditeur on ressente toujours le fil conducteur Chunk! dans tous les morceaux c’est vraiment cool.

Bastien : Mission accomplie quoi !

Bert : Oui mission accomplie, car c’était un peu notre challenge.

Pour continuer dans les nouveautés, parlons de “Marigold” qui est dans un genre assez nouveau pour vous. Comment cette chanson a vu le jour?

Bastien : On n’a pas pensé à un style en particulier en composant “Marigold”. C’était un thème en particulier, car c’est la première chanson d’amour qu’on fait. Cela s’est fait assez naturellement en vrai ! On avait le refrain je crois.

Bert : Non le refrain est presque venu en dernier.

Bastien : Ah oui, c’est vrai. On a commencé avec la guitare acoustique au début.

Bert : Non. (rires) En fait, moi j’avais commencé une démo. Je vais parler un peu technique, mais je voulais faire un morceau où le point de départ c’était ni un riff de guitare ni une ligne de chant, mais les percussions.

Bastien : Ah oui, c’est vrai !

Bert : Pour moi, c’était vraiment cela le point de départ, et cela s’entend (ndlr : il imite les percussions) et en plus il y a des claps (ndlr : il imite les claps). En fait, je voulais créer un morceau autour d’un truc qui soit un peu improbable pour nous et après de fil en aiguille cela s’est goupillé comme cela. Je pense que si ce morceau est si particulier au final, au-delà du thème des paroles etc, c’est parce que son point de départ est unique. On n’avait jamais fait cela auparavant. Je pense qu’il y aura surement beaucoup de gens qui vont penser que ce morceau est un peu un ovni dans l’album, mais on a quand même voulu lui donner sa place notamment dans le tracklisting. Il est assez haut dans celle-ci et vient après “Gone Are The Good Days” parce que je pense qu’il va parler aux gens que peut-être on n’aura pas su convaincre par les album précédents. “Marigold” est dans un format plus traditionnel, mais en même temps Chunk!. On verra, honnêtement. L’album n’étant pas encore sorti, c’est difficile de se projeter.


On retrouve d’ailleurs dans l’album deux featuring. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ?

Paul : Sur “Complete You” il y a AJ Perdomo de The Dangerous Summer qui est un groupe qu’on a bien suivi au fil des années. Moi j’ai toujours été fan de lui, ce chanteur particulièrement a une voix exceptionnel. On avait un ami à nous qui était en tournée avec eux en tant que photographe il y a environ deux ans et sur un post Instagram j’envoie un message : “ah tu es en tournée avec eux passe leur le bonjour, c’est l’un de mes groupes préférés.” Et il me répond : “mais ils sont trop fans de Chunk!, ils adorent !” Là il me fait une vidéo et j’me dis : “putain, c’est trop bien !”. Du coup, je me disais que ce serait trop bien de collaborer avec eux un jour, cela pourrait être vraiment bien de faire quelque chose. Surtout que de notre côté, on a déjà fait des featuring, mais cela date du premier album donc cela fait très longtemps. Vient ce morceau, “Complete You”, je l’écoute et là pour moi, c’est une évidence : un featuring embellirait encore plus le morceau. Ni une ni deux, je n’ai pas pensé à quelqu’un d’autre, c’était tout de suite AJ Perdomo. Je me suis dit que son ton vocal collerait parfaitement dessus entre les lignes de chants de Bert. Je voyais vraiment que tout collerait parfaitement. Du coup, je lui ai envoyé un message et il a répondu au tac-o-tac, il était ultra chaud. Cela s’est fait très facilement et rapidement, il a enregistré cela chez lui et a envoyé les pistes à Bert.

Bert : Et pour la petite histoire, il a enregistré ses prises alors qu’il avait la COVID !

En tout cela ne s’entend pas !

Bert : C’est vrai cela s’entend pas du tout !

Bastien : Il a un peu un style de voix fucked up à la base.


Paul : Il est à l’aise dans les aigus comme dans les graves, il arrive à se “casser la voix” sans tomber dans le cliché du chanteur punk rock, il a vraiment une voix particulière. Pour ce qui est du deuxième feat sur “Tongue Tied”, il s’agit d’Yvette Young du groupe Covet. Ce n’est pas de notre scène pour le coup, c’est du prog rock. C’est une guitariste très talentueuse, je dirais même que c’est une virtuose !

Bastien : Carrément ! Elle ne sait pas que jouer de la guitare. Elle est connue pour être guitariste, mais on l’a fait chanter sur notre morceau.

Paul : Et jouer du violon !

Bastien : Oui, c’est, elle aussi, qui joue du violon sur “Tongue Tied”. On est super fiers.

Paul : Déjà on n’avait jamais fait de vocal féminin auparavant.

Bastien : C’est cela et pour le coup cela s’y prêtait vachement bien.

Paul : Et en plus ce n’est pas quelqu’un de la scène, avec un regard différent.

Bastien : Je pense que les gens qui connaissent Yvette seront sur le cul qu’on ait collaboré avec elle et ceux qui la connaissent pas du coup vont être agréablement surpris j’espère par la voix. Elle a une super voix en plus elle fait le violon. Nous de notre côté on est super contents, car on a un featuring dont on est fiers et en plus c’est une artiste qui chante alors qu’elle est connue pour être guitaristes à la base.


Paul : Ce sont deux featuring qui apportent quelque chose en plus aux morceaux. Ce ne sont pas des feat forcés où tu te dis il te faut un feat sur l’album pour faire un buzz ou un truc comme cela.

Bastien : Pour le coup carrément pas.

Paul : Pour le coup, cela aurait même pu être un gars qui chante dans le métro si on trouvait qu’il avait une voix exceptionnelle on l’aurait choisi. C’était vraiment parce que ces personnes-là apportaient quelque chose aux morceaux et pas juste un feat avec quelqu’un de tel groupe.

Du coup est-ce qu’à travers ce nouvel album vous avez pu trouver ou alors commencé à vous rapprocher de la signature musicale que vous souhaitez désormais avoir ?

Bert : Maintenant quand je réécoute l’album, c’est toujours facile à dire une fois que c’est fait, mais c’est un peu l’album que j’aurais aimé qu’on sorte presque dès le début de notre carrière.

Bastien : C’est un peu l’album de la maturité.

Paul : La masterpiece.

Bert : Rien que le simple fait que cela soit fait par nous même de A à Z.

Bastien : C’est cela qui fait toute la différence.

Bert : Certes le premier, c’était le cas, mais on faisait cela en mode blague. On était des gamins sans expérience. Mais en réalité moi je me dis que le son qu’on recherchait depuis le début, c’est celui-là. Encore une fois, c’est facile à dire maintenant, mais je trouve que c’est un peu l’accomplissement de la carrière du groupe, d’un point de vue elle se retrouve dans cet album.

Bastien : C’est surtout d’avoir produit l’album nous-mêmes, c’est cela l’apothéose du truc. C’est la porte. Maintenant on sait qu’on peut le faire, on est super fiers, car c’est nous qui l’avons fait entièrement et pour là suite on sera encore plus confiants de faire les trucs qui nous rassemblent à 100% car on sait qu’on est capables de les faire.

Du coup à votre avis, quelle chanson va le plus surprendre les fans du groupe qui ont l’habitude de vous écouter depuis longtemps ?

Paul : Franchement des retours qu’on a pu avoir, personne ne nous sort le même nom de chanson. Tout le monde a sa petite préférée. Tous les gens qui l’ont écouté nous on dit qu’ils aimaient tous les morceaux, mais avec une petite préférence pour tel ou tel titre. Mais cela diffère vraiment du type de personne et c’est cela qui est fou. Il y a des personnes on ne pensait pas que tel morceau pourrait leur plaire. Par exemple, “True Colours”, la plus heavy de l’album, plait le plus à un public qui n’est pas de cette scène. Des gens qui vont écoute d’autres styles de musique et pourtant celle-là va leur plaire. Et à l’inverse tu vas avoir des gens qui écoutent vraiment des trucs plus vénère qui vont te dire : “”Marigold c’est ma préférée” mais personne ne s’accorde sur quelle est la préférée des préférées. Chacun a une réponse différente. C’est pour cela qu’on a grave hâte d’avoir le retour des gens et voir quelles chansons sont les plus écoutées pour se rendre compte du potentiel de chaque titre.

Bert : Sur cet album-là je dois dire que c’est très difficile pour nous de choisir les singles. Autant sur les deux premiers qu’on a sortis, c’était facile puis c’était en fonction de certaines stratégies promotionnelles aussi.

Paul : Sur le premier single, c’était un peu une évidence.

Bert : C’est vrai, pour “Bitter” c’était une évidence. En fait, pour la première fois on ne sait pas encore ce qu’on va choisir pas la suite.

Paul : Tout à un potentiel. Ce qu’on essaie de faire c’est de dévoiler une nouvelle facette à chaque single. On a fait “Bitter” puis “Gone Are The Good Days” qui est un peu plus soft et poppy le prochain single sort la semaine prochaine et sera “Complete You” qui va être encore dans un délire différent on ne sait pas comment les gens vont le prendre. On sait qu’on a une grosse partie de notre public qui s’attend à entendre du gros vénère.

Bastien : Et on va leur sortir du gros sax’ à la place !

Paul : Et après on a encore un autre single qui est totalement dans un autre délire on va essayer de surprendre à chaque fois et pas lâcher deux singles qui sonnent pareil à la suite. En même temps dans l’album y a pas deux morceaux pareils.

Bastien : On a plein de cartes à jouer.

Paul : C’est clair !


Pour terminer, notre question traditionnelle : notre média s’appelle “RockUrLife”, qu’est-ce qui rock votre life ?

Bastien : Le skateboard.

Bert : Tu sais que c’est pas évident !

Paul : Moi, c’est la photographie.

Bert : Les petits challenges. Je me suis lancé dans un nouveau truc, une nouvelle discipline depuis un petit moment. Le fait d’apprendre de nouvelles choses et de se lancer dans un truc complètement différent et d’essayer de donner le meilleur de soi dans un autre domaine qui n’est pas du tout dans sa zone de confort. Moi j’aime bien l’excitation déclenchée par les trucs un peu nouveaux. C’est très abstrait ce que je dis, j’aurais du mal à résumer cela.

Bastien : Apprendre de nouvelles choses quoi.

Un mot pour la fin ?

Bastien : 30 juillet ! (ndlr: date de sortie de l’album)

Bert : Faites nous savoir dans les commentaires, dans vos messages, quel est votre morceau préféré qui va un peu sortir du lot pour vous et pourquoi. Je le redis, mais on ne sait pas ce que les gens vont en penser, cet album reste une prise de risques. On est très confiant et fier de ce qu’on a fait mais…

Bastien : On n’a pas encore le retour quoi.

Bert : Oui voilà, et je considère que cela reste un truc assez risqué par rapport au style d’où on vient donc je suis très curieux de savoir quel sera la petit préféré de chacun.


Site web : chunknocaptainchunk.com

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