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CHLOE TRUJILLO (23/06/19)

C’est bien fatigués, en ce très chaud troisième jour de festival, que nous nous rendions en zone interview pour retrouver la pétillante et solaire Chloé Trujillo, dont le mari exerce dans un groupe sympa qui commence à se faire un nom. Coiffée d’une magnifique casquette Suicidal Tendencies et d’une robe colorée reflétant son art, nous sommes partis ensemble pour un voyage d’une vingtaine de minutes évoquant son actualité et bien d’autres choses.

Bonjour Chloé. C’est ton premier Hellfest ?

Chloé Trujillo : Oui c’est la première fois. J’ai essayé de venir avant mais ça ne s’est jamais fait, notamment avec mon emploi du temps ainsi que celui des autres membres de la famille. C’est toujours difficile de caler un voyage en France pour venir au Hellfest, mais là, comme j’ai fait un show à Londres la semaine dernière, j’ai pu prendre un vol Londres-Nantes, et je suis arrivée vendredi soir juste au moment où Mass Hysteria a pris la scène. Ce festival est fantastique, j’hallucine, à tous les niveaux. Il n’y a pas un seul problème au niveau de l’organisation par exemple. Le site est magnifique au niveau artistique, visuel, les flammes la nuit, etc.

On imagine que tu as déjà eu droit à la fameuse question ?

Chloé : Non, pas encore, mais je pense voir laquelle. (sourire)

Disons que même sans ta présence, c’est un serpent de mer qui est là depuis des années, qui revient chaque année, alors là, avec tous les gens qui t’ont vu sur le site.

Chloé : Oui, il y a plein de gens qui m’ont vu. (rires) Je me suis déjà pas mal arrêtée pour faire des photos.

Alors donc : quand est-ce que Metallica viendra enfin au Hellfest ?

Chloé : Ce n’est pas moi qui prends les décisions, mais bon ça serait cool effectivement.

Etait-ce ton idée la reprise de Johnny au Stade de France ?

Chloé : Oui, oui. Chaque soir, Kirk et Robert choisissent un morceau typique pour chaque pays, et qu’ils n’ont pas déjà faites vu qu’il y a déjà eu une grosse tournée indoor. Ils avaient notamment fait “Antisocial” avant, à Bercy, qui était vraiment cool aussi. Il avait d’ailleurs fallu que je lui apprenne à la chanter, car ce n’est pas évident du tout quand on ne parle pas Français, parce que ça va vite quand même. Et puis là, non seulement ils jouaient au SDF, mais après avoir vu les funérailles de Johnny, qui était véritablement un personnage historique, je lui ai dit qu’il fallait absolument qu’il lui rende hommage. Je lui ai donc appris le morceau, et juste avant de la jouer, j’ai demandé à un mec de la sécu de m’escorter entre les barrières et la scène, juste en-dessous de Robert pour filmer. Comme c’était mon choix, je stressais un peu car Johnny n’est pas metal, et on ne sait jamais, j’espérais que la réponse du public soit positive.

Ils avaient fait une reprise de A-ha en Norvège donc bon.

Chloé : Mais oui, on est d’accord, mais on ne sait jamais. Si ça avait foiré, cela aurait été de ma faute. (rires) Mais quand derrière moi j’ai commencé à entendre tout le monde chanter, c’était un grand moment d’émotion pour moi.

Tu évoquais ta présence à Londres ces derniers jours, c’était pour quel type de show exactement ?

Chloé : Pendant trois jours, j’ai peint en live. C’était ouvert au public, dans le théâtre d’un hôtel qui est dans Soho qui s’appelle Karma Sanctum. Et à la fin de ces trois jours, la peinture que j’ai faite, je l’ai donnée et elle a été vendue aux enchères au profit d’une œuvre de charité qui s’appelle “Teenage Cancer Trust”. J’ai aussi offert un grand foulard, également vendu aux enchères. Il y aa eu un lunch, etc. J’ai également peint une guitare d’Adrian Smith d’Iron Maiden, qui elle sera vendue aux enchères à la fin de l’été. Cette guitare a été signée évidemment par Kirk, Robert, mais également Roger Daltrey de The Who, Roger Taylor de Queen, et plein d’autres artistes, et il y en aura encore d’autres pendant l’été car pas mal de monde passe dans cet hôtel. Elle est pour l’instant en exposition dans cet hôtel, comme cinq autres de mes peintures, dont on a fait le vernissage mercredi soir. C’était la folie, ça s’est super bien passé. C’était juste après les Kerrang Awards en plus, donc pas mal de monde qui y était sont venus à mon vernissage, c’était blindé de monde. Donc, je n’ai pas beaucoup dormi cette semaine. (rires)

Ton art est souvent solaire, très coloré, mais parfois également avec des crânes, etc. Même si tu connaissais déjà un peu le monde du metal, est-ce qu’il y a une influence consciente ou inconsciente du monde professionnel de ton mari sur ton art ?

Chloé : Pour mon art, je ne choisis pas avant ce que je vais faire. Ce sont des images et des symboles qui me viennent. Donc oui, il y aura des crânes, il y a beaucoup d’œil, différents éléments un peu ésotériques et mystiques. Maintenant, j’ai toujours été fascinée par les crânes, je me suis retrouvée coincée dans les catacombes lorsque j’avais douze ans et j’ai dû ramper parmi des crânes, etc.

Carrément ?

Chloé : Oui, au milieu de la nuit, mais il ne faut pas le dire. (sourire). Ca, c’est une autre histoire. J’ai toujours été fascinée par ce qui vient après la mort, après la vie, et pour moi, le crâne est quelque chose de fascinant. C’est aussi la célébration de la vie, le mystère de la vie aussi.

Des nouvelles de 66Sters ?

Chloé : Est-ce que j’ai des nouvelles ? Oui, j’ai fait deux petits concerts acoustiques avec le guitariste et là ils ont écrit un morceau et aimeraient que je vienne poser les voix, mais je n’ai pas encore eu le temps. Mais c’est vrai qu’on n’a jamais vraiment sorti nos anciens morceaux mais on en parle. C’est juste une question de temps. Mais oui, on communique assez fréquemment, et le bassiste a enfin construit son propre studio. Le seul truc c’est qu’il est à deux heures de route de là où j’habite, donc, quand on a des enfants, un mari qui est souvent en tournée, ce n’est pas facile. Mais je pense que l’on fera des trucs l’année prochaine.

Tu vas sortir un second album solo. Est-il majoritairement en français ou anglais ? Est-il toujours teinté d’une patte française comme sur “Ivresse” par exemple ?

Chloé : Ca va complétement être différent. Cette année j’ai travaillé sur deux projets, un qui est rock et où il y aura un peu de français et un peu d’anglais, et l’autre, toujours rock mais en collaboration avec un ingénieur qui bossait à Death Row Records, avec NWA, Tupac et tout ça. Il ajoute sa patte donc cela donne une sorte de metal fusion.

Peux-tu nous en dire plus sur les one woman show que tu fais ?

Chloé : Alors, c’était un peu mis de côté car je voulais vraiment avancer dans les deux projets que je viens de te citer, mais on va bientôt reprendre les répétitions. C’est comme une espèce de cabaret où je vais chanter et raconter une histoire qui a été écrite et qui se déroule dans les années 30. Je joue un personnage, bref.

On avait des interrogations sur cela, d’où notre question.

Chloé : Ah non mais c’est bien, tu as fait tes recherches. Tu es le premier à m’avoir posé cette question. Même de 66sters. Ils vont d’ailleurs être contents les mecs, quand je vais leur dire. (sourire)

Même si tu es énormément occupée, as-tu encore un projet “rêvé” à accomplir ? Ou des collaborations avec des artistes dont tu es fan ?

Chloé : Oui, toujours. Même si je trouve cela positif, je ne suis jamais complétement satisfaite de ce que j’ai accompli ou fait. J’aime les challenges. Il y a plein de choses que j’aimerai faire, notamment écrire un livre. Durant mes voyages, j’ai toujours un carnet de sketches où je peux dessiner, et donc je dessine, parfois il y a des mots qui me viennent. Ce serait vraiment plus un livre artistique avec des dessins, des écrits, des notes, etc. Sinon, la liste est longue des artistes avec lesquels j’aimerai travailler. Ne serait-ce qu’en musique, je n’ai pas eu le temps de faire quelque chose avec mon mari, alors que ça me plairait d’avoir une collaboration musicale avec mon fils et mon mari, et même ma fille. Mon fils est un prodige à la basse, il n’a jamais pris un cours, c’est hallucinant car même son père n’est pas si souvent que ça à la maison pour lui apprendre.

Arrives-tu à revenir ici souvent ?

Chloé : J’essaye de venir en France au moins une fois par an. Le mois dernier, comme tu le sais, j’étais au Stade de France, et je suis venu parce que j’avais également des rendez-vous business en Italie. J’ai essayé de faire coïncider ces rendez-vous avec ce concert car au vu du travail que j’avais effectué avec Robert pour “Ma Gueule”, c’était important pour moi d’y être.

Es-tu plus Suicidal Tendencies, Infectious Grooves ou Metallica musicalement ?

Chloé : (rires) Si tu veux, Suicidal restera toujours dans mon cœur car c’est grâce à eux que j’ai rencontré mon mari. Je l’ai connu en 89-90, on s’est rencontré comme ça, sans être ensemble de suite. C’est beaucoup plus tard qu’on a été plus intimement lié.

Personnellement, notre période largement préférée de Suicidal est celle où il y avait Robert et Rocky George car plus évoluée, metal et complexe que ce qu’ils faisaient à leur début, ou ce qu’ils font un peu maintenant. Sinon, quelle est la différence principale du quotidien entre L.A. et Paris, à part le temps ?

Chloé : Le gros côté négatif de L.A. c’est la voiture, c’est immense, et lorsque je dois bosser sur de la musique, c’est downtown donc 1h30 de route minimum à l’aller, et plus au retour. A Paris, c’est un réel plaisir de marcher, de s’y promener. Culturellement, en vivant et grandissant à Paris, on ne se rend pas compte que l’on grandi au milieu d’une histoire. Les vieux immeubles, etc, c’est ça qui me manque à L.A., les monuments, se promener dans les rues. Les U.S.A. sont un pays assez nouveau finalement. Mais bon, je ne vais pas me plaindre, il y a la plage, les palmiers, le soleil, et surtout beaucoup plus de possibilités pour les artistes.

Quelle personne – non liée au monde de la musique – t’as le plus inspirée ?

Chloé : Mes parents, j’ai hérité de leur éthique de travail, de leur créativité vu qu’ils travaillent dans la mode.

Une question qu’on ne t’a pas posé mais que tu aurais aimé qu’on te pose ?

Chloé : (Rires) C’est une question difficile ! Non mais elles étaient très bien tes questions.

Pour finir, nous sommes “RockUrLife”, alors, qu’est-ce qui rock ta life ?

Chloé : L’art et la musique.

Site web : chloetrujillo.com

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