InterviewsSlideshow

AYRON JONES (09/06/21)

English version

Pour la sortie de son premier album solo, “Child Of The State”, RockUrLife a eu l’occasion de discuter avec Ayron Jones !

Avant tout, comment vas-tu ?

Ayron Jones : (rires) Bonne première question. Ça va très bien.

Qu’est-ce qui t’as motivé à sortir ton premier album solo, “Child Of The State” ?

AJ : Pendant des années, j’ai joué dans un groupe appelé Ayron Jones And The Way, et nous faisions des tournées avec mes projets, mon propre label, et mes albums. À cette époque, alors que je faisais tout ce boulot, les gens ne se rendaient pas compte de tout le travail que je fournissais, même dans la production. J’avais les mains dans tout le processus musical. Pendant des années, le groupe m’encourageait à me lancer avec mon propre nom. Finalement en 2015, quand le groupe s’est séparé, il était temps pour moi de me lancer. Il était important pour moi que mon nom soit mis en avant, et que les gens se rendent, qu’en temps qu’artiste, je conceptualise toutes ses choses.

Tu étais d’abord connu en temps que guitariste. Pourquoi être passé au chant, et pourquoi la guitare dans un premier temps ?

AJ : Je chante depuis toujours. Je fais cela depuis que je suis enfant. Depuis que je joue via les scènes ouvertes, vers mes dix-sept ans, dans les cafés et autres endroits, j’ai toujours pensé ma musique avec du chant. Je pense que ma guitare et mon chant vont main dans la main. Mes premières sessions de guitare remontent à mes treize ans. J’écoutais des albums, et je me demandais comment les jouer à l’oreille. Pour moi, le chant et la guitare ont donc toujours été liés.

Guitariste et chanteur né du coup ?

AJ : (rires) Non. J’y ai mis beaucoup de travail. Mais l’inspiration était toujours là.

©AGafkjen

As-tu des idées ou des sentiments que tu veux défendre à travers cet album ? Les chansons parlent de persévérance, du fait de traverser des moments durs dans la vie, des problèmes dans la société américaine.

AJ : Pour moi l’album parle d’amour et d’amour perdu. C’est vraiment la base de ce dernier. Ces choses sont conceptualisées via différentes perspectives. Dans différentes perspectives d’amour, de manque d’amour, ou de pertes dans nos vies. Par exemple, par moment j’aime ce pays, et tout ce qui y est attaché. Mais il y a des choses que je perds à être citoyen américain, à être un citoyen noir de l’ouest de l’état de Washington. Alors oui et non à ta question.

Ici en France, nous avons la même perception de l’Amérique que toi. On peut l’aimer, pour sa culture, ses paysages et autre. Mais en même temps, on peut la détester, pour le racisme, les violences.

AJ : Oui, je vois ce que tu veux dire. On partage les mêmes sentiments à ce sujet toi et moi. Mais d’autres personnes ont d’autres sentiments que toi et moi, et c’est ce qui rend l’Amérique si belle. Les gens au bout de la rue n’ont pas à être comme toi. J’espère que mon disque va jouer un rôle dans le “vivre ensemble”, côte à côte. C’est vraiment important pour moi.

À la première écoute de l’album, les noms de Jimi Hendrix, Nirvana, et même Michael Jackson nous sont apparus à l’esprit. Quelles sont tes influences et groupes favoris ?

AJ : Les noms que tu viens de citer ! J’ai beaucoup été inspiré par Hendrix. Par le mouvement grunge en général. Michael Jackson me rappelle le gospel dans mon esprit. C’est ce dernier qui ma lancé dans la musique. Il incarne le gospel pour moi. Pour la musique grunge, je me suis toujours demandé comment je voudrais l’écouter. C’était l’une de mes motivations pour me lancer, trouver mon propre son, comment fusionner ces choses. Mon amour pour le hip hop aussi, Dr Dre, le hip hop old school, Papa Roach, le son des années 2000. C’est le mélange de tout cela.

Que penses-tu de la scène grunge actuelle à Seattle ?

AJ : Elle a évolué. Les visages ont vraiment changé. Cette scène est aujourd’hui dominée par des gens “bruns”. Nous avons beaucoup de groupes qui arrivent avec un énorme potentiel. En plus, de plus en plus souvent guidés par des personnes de couleur, comme moi. Ils sont touchés par l’esprit gospel et leur son est vraiment proche de celui que j’ai mis sur mon disque. Avec le temps, quand ils auront davantage d’exposition, vous les verrez beaucoup plus. Cela prend du temps d’arriver devant les bonnes personnes et d’être constant dans ses performances.

©AGafkjen
©AGafkjen

Seattle et l’état de Washington sont vraiment différents du Wisconsin, ou du Kentucky. Plus progressistes ?

AJ : Oui. Comme tous les états côtiers en fait. Nous avons le “Western Washington”, qui est sur la côte. Et il est vraiment différent du “Eastern Washington”, qui est pourtant à vingt minutes d’ici. C’est plus conservateur là-bas. Deux mondes s’entrechoquent ici. C’est un endroit intéressant. C’est progressiste, et en même temps conservateur. C’est un endroit vraiment intéressant où vivre car je pense c’est l’esprit même des États-Unis. Les deux ne font qu’un au final. Cela pourrait sembler illogique, mais nous partageons le même espace, et la plupart du temps, dans un vrai respect. Les gens sont vraiment sympas ici. Il y a parfois des désaccords à propos de sujets idéologiques. Mais après avoir voyagé dans tout l’état, je peux dire que je n’ai vu que des gens biens. Mes interactions sociales sont vraiment merveilleuses la plupart du temps.

Tu as une femme et des enfants. Ont-ils changé ta manière de faire la musique ?

AJ : Ils ont ajouté plus d’importance à ma musique, plus d’urgence. Je veux la pousser au plus haut niveau possible, pour nous, vivre le plus confortablement possible. Mes enfants me permettent de faire la meilleure musique possible. Ils m’encouragent à être la meilleure personne possible. Cela motive définitivement à grandir et de continuer à avancer. Je veux leur offrir une vie heureuse.

Quel est ton ressenti au sujet des personnes de couleur dans le monde du rock ?

AJ : Je pense que pendant trop longtemps, ces derniers n’ont pas eu la chance qu’ils méritaient. Il y a quelques icônes comme Michael Jackson, Prince, Lenny Kravitz, mais c’est tout. La plupart n’ont pas eu leurs chances. Aujourd’hui, c’est plus progressiste. Il y a de plus en plus d’artistes de couleur qui émergent et qui peuvent réussir. C’est vraiment chouette et important. Les personnes de couleur ont des opportunités qu’ils n’avaient pas il y a dix ans. C’est vraiment cool de faire parti de cela, d’être un artiste noir qui arrive à percer.

Quels sont tes rêves ?

AJ : Je vis un rêve. A vrai dire, mon rêve serait de continuer sur le chemin que j’ai commencé à tracer, d’inspirer une génération de personnes, de les inspirer vers la réussite. Cela serait de continuer à partager de la joie avec ma famille, de continuer à créer. Ce serait aussi d’être sur les playlists de beaucoup de gens. Devenir acteur serait un rêve aussi. Je rêve de rendre les gens heureux.

©AGafkjen
©AGafkjen

Des futurs projets ?

AJ : Devenir acteur, mais la musique d’abord. Cela vient juste de commencer. Mon single “Mercy” est premier sur les ondes américaines. Il est donc important pour moi de rester concentré. Mais je pense au futur, et le fait de devenir acteur est une chose à laquelle je pense fortement.

Une tournée de prévue ?

AJ : Rien de concret pour l’instant. Mais la discussion va avoir lieu très prochainement. J’en ai vraiment envie, mais ce n’est que le début encore une fois. C’est sur les rails.

Nous sommes un média français, et en France, on aime manger. Alors pizza, burger, ou escargots ?

AJ : Oh mec, les escargots juste par principe. J’y gouterai, parce que pourquoi pas ! J’aime tout essayer. Vous les mangez bien pour une raison, alors pourquoi pas! Je vais leur donner leur chance.

Dernière question, nous sommes “RockUrLife”., du coup, qu’est ce qui rock ta life Ayron ?

AJ : Rien ne rock plus ma life que le fait d’être sur scène. De voir les spectateurs perdre la tête devant moi et ma musique. Être devant une foule et être capable de les faire bouger physiquement et émotionnellement. Ce sont mes plus grandes joies dans la vie. Les visages que je vois dans le public.

©AGafkjen
©AGafkjen


Site web : ayronjonesmusic.com

Ecrire un commentaire

Thomas Schneider
Né en 91, et fan de rock depuis toujours. Au fil des années, la musique est devenue une véritable passion.