Interviews

AVA (08/10/11)

Après un très bon showcase dans les locaux de Paul Beuscher à Bastille, on en a profité pour interviewer le duo pop/rock/folk parisien sur les ressentis de l’album “Nevermind”.

Que représente Nirvana pour vous ? Et plus particulièrement “Nevermind” ?

Jérémy Barlozzo : Pour moi, c’est un peu la grande révélation du lycée. Quand “Nevermind” est sorti, j’étais encore un petit enfant, et j’ai donc découvert ça sur le tas. Ca m’a sorti de mon cadre habituel, puisqu’à la maison, on n’écoutait pas vraiment ce genre de musique, et ça a été une vraie claque. Ca a été un tournant pour le jeune homme que j’étais. J’en ai un souvenir particulier. C’est que ma soeur l’a écouté bien plus tôt que moi, et pour moi ça a été un peu un drame (rires). Je me suis rendu compte que j’étais passé à côté de tout ce courant, et ça m’a mis une vraie claque quand je me suis rendu compte que ça parlait aussi à ma petite soeur, qui, à l’époque, sortait tout juste de sa période Lorie et compagnie. Quand je l’ai vu écouter cet album, ça a été pour moi un déclic. C’est là qu’on voit que ça touche tout le monde. Le clip de “Smells Like Teen Spirit” c’était un truc que je voyais quand j’étais tout petit, et ça passait à la télé, c’était pas quelque chose à laquelle j’étais habitué. C’était beau, c’était la grande époque, que je n’ai pas connu.

Dimitri Leroy : J’ai eu la chance de découvrir Nirvana et plus particulièrement “Nevermind” à sa sortie, parce que je suis un peu plus vieux que Jérémy. C’était en 91 et j’avais 9 ans. J’ai écouté pendant pas mal de temps des choses de l’époque qui sont complètement has-been en matière de production, de qualité. J’ai eu le syndrome pendant très longtemps du gosse qui renie les influences de ses parents. C’est à dire qu’à la maison, on écoutait les Beatles, et plein d’autres trucs de très grande classe et de très grande qualité, et à l’époque je disais que ce qu’écoutaient mes parents était trop chiant. Un jour, je suis tombé par hasard sur “Nevermind” et “Smells Like Teen Spirit”, ça a été la révélation, et c’est là où je me suis mis à écouter du rock, et par la suite ça a fait son chemin car je faisais du piano en conservatoire. Très vite au collège, j’étais un peu un ovni car je mettaiss des T-shirts Iron Maiden, car Nirvana m’a très vite amené à d’autres groupes de rock. Quand j’ai eu l’âge de faire un groupe de rock, vers 14 ans, on a commencé par faire des reprises de Nirvana. C’est comme ça que j’ai commencé à apprendre la base dans un groupe de rock. Après on a fait des reprises de Silverchair car c’était un peu plus contemporain, mais c’était toujours très inspiré de Nirvana. Ca a été le choc musical qui m’a amené à la musique que je fais encore aujourd’hui. il y a toujours de ces influences-là.

La première fois que vous avez écouté cet album ?

D : C’était chez une copine qui s’appelle Ambre. J’ai vite compris que la musique ce n’était pas forcement ce que j’écoutais. On était nombreux à l’époque avec les dance machine, ils arrivaient quand même à remplir Bercy. La plus grande discothèque du monde volume 8 (rires).

J : Je crois que je les ai eu jusqu’au volume 20 (rires).

D : Nirvana a mis un gros coup de pied dans la fourmilière.

J : Je n’ai absolument aucun souvenir de ma première écoute de “Nevermind”, j’avais 4 ans. J’ai découvert vraiment plus tard, j’ai vécu ça à retardement. J’avais envie de chanter comme lui en tout cas.

Votre chanson préférée de “Nevermind” ? Pourquoi ?

D : C’est “Smells Like Teen Spirit”. Je trouve que c’est la chanson ultime et indémodable. Je pense que dans 20 ans, on en parlera encore, que ça soit dans sa production ou dans la mélodie et l’énergie que ça déploie, car c’est un titre qui passe encore aujourd’hui en radio. C’est assez paradoxal, car sur les grandes radios FM, on n’en voudrait pas de ce genre de truc et ça passe toujours. C’est un groupe qui a tellement influencé d’autres groupes qui ont cartonnés par la suite.

J : Et beaucoup de groupes qui n’ont pas cartonné par la suite, je pense qu’on peut le dire (rires).

D : Je pense que Nirvana a influencé des générations comme les Beatles ont influencé des générations.

J : Je vais dire tout pareil (rires).

D : Ce qui est compliqué dans “Nevermind”, c’est que chaque morceau est interessant, il y a “In Bloom”, “Something In The Way”… “Something In The Way” est une chanson où je me retrouve aussi aujourd’hui avec AVA parce que c’est très acoustique, assez sombre, et ça pourrait représenter une facette d’AVA. C’est une autre énergie. Il a proposé quelque chose à contre courant du reste de l’album. J’ai toujours trouvé ça interessant et vraiment cohérent avec tout ce qu’ils ont pu faire. Pour moi, “Nevermind” est la supersynthèse de ce qu’est Nirvana.

Y a t’il eu une influence de “Nevermind” sur votre groupe ?

D : Dans mon parcours musical, ça m’a beaucoup influencé depuis mon tout premier groupe. On conserve Nirvana, et je pense que c’est en nous avec Jérémy.

J : Ca ne sort pas de la même manière, mais c’est toujours là dans un coin de notre tête, de nos doigts. Ca fait partie de notre patrimoine. Quand tu montes un groupe, tu essaie de te baser sur les influences que tous les membres ont en commun, et il y a toujours Nirvana.

D : Dans les gens qu’on cotoie, qu’on rencontre par rapport à la musique, Nirvana est une valeur sure. Vingt ans après cet album, des gens en parlent encore, les unes des magazines sont encore dédiées à cet album et à ce groupe qui a marqué le XXème siècle.

L’actu de votre groupe ?

J : On vient de faire un concert à Paul Beuscher, à moitié sur le trottoir, à moitié dans le magasin (rires). C’était une grande expérience. On continue à écrire, à maquetter, on a des concerts qui arrivent, on continue à répeter, on joue le 21 octobre au Sentier des Halles, le 1er novembre au Gibus, le 1er décembre pour les adhérents Fnac à Vélizy, le 2 décembre à l’Entrepôt, et on va aller se frotter un peu à des villes extérieures à Paris. On est très excités de sortir de Paris et d’aller à Angers notamment. On a pour objectif de sortir cet album en 2012, donc on travaille, on avance, coûte que coûte. Le single “Nos Erreurs” est toujours en vente sur iTunes pour la modique somme de 0,99cts, et sur toute les autres plateformes de telechargement légal.

Crédit photos : Pierre Gregori

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