Interviews

AMON AMARTH (03/04/13)

English version

Plus que quelques jours avant la sortie du nouvel album d’Amon Amarth, “Deceiver Of The Gods”. Retour sur notre entrevue en compagnie de Johan Hegg, suite à l’écoute de ce nouvel opus !

Hello Johan ! Heureux d’être à Paris ?

Johan Hegg (chant) : Yeah, c’est super !

Vous venez tout juste de terminer la production de votre prochain album “Deceiver Of The Gods”, que cache ce nouvel opus ?

J : L’objectif était de faire le meilleur album possible. (rires) Lorsque nous avons commencé la phase d’écriture, nous nous sommes dit que nous voulions faire un album ayant un fort message, surtout en travaillant avec un nouveau producteur. Nous nous sommes donc donnés pas mal d’espaces, car par le passé nous retenions un peu nos influences musicales. Nous les cachions dans notre musique mais maintenant elles seront beaucoup plus libérées, d’ailleurs je pense que l’album est meilleur, idem pour les paroles ; l’album est beaucoup plus varié. Les titres sont géniaux. Coté paroles, j’avais l’envie de travailler sur quelques thèmes et plus précisément sur Loki, c’est le “trompeur des Dieux“, donc quelques titres parlent de lui. Autrement, il n’y avait pas de réel plan, juste de faire un superbe album.

Et concernant ce titre, une explication ?

J : Je ne sais pas. (rires) Nous avions quelques possibilités mais vu que Loki est un personnage de l’album, nous voulions l’avoir sur la pochette du disque, ce que nous avons fait, le tout pris son sens et c’est un fort et puissant choix. Nous n’y avons pas réfléchi tant que ça, cela sonnait bien.

Cet album marque une nouvelle collaboration, pour la production, Andy Seap. Comment avez-vous pensé à lui pour ce rôle ?

J : A vrai dire, nous avions pensé à lui bien avant, avant même “Sutur Rising” mais nous sommes restés avec Jens. Suite à cet album, nous voulions bouger les choses et avons décidé de changer le producteur. Plusieurs noms nous ont traversé l’esprit mais son nom fut celui qui retenu notre attention à tous, et à l’écoute de ses productions, nous avons senti que c’était l’homme de la situation.

Qu’a-t-il apporté au groupe ?

J : Je ne pense pas qu’il ait apporté tant au groupe pour ce qui touche à l’écriture etc. Nous avons fait notre truc mais pour la prod’, je pense qu’il a un style très naturel, comparé à Jens qui a pate plus propre qui parfois est, peut-être, trop propre; alors qu’Andy a une touche plus grasse musicalement, qui correspond mieux au groupe.

 


La première chose que nous avons noté est que les parties mélodiques sont bien plus mises en avant. Etait-ce voulu ?

J : C’était quelque chose que nous voulions en effet faire. Comme je l’ai dit précédemment, nous avons laissé plus de place à nos influences et nous étions confiants. C’est à coup sur quelque chose qui sublime l’album, avec plus de mélodies, surtout quand tu l’écouteras plusieurs fois, vous ne l’avez écouté qu’une fois, mais vous découvrirez sans cesse de nouvelles choses. Moi-même je découvre certaines choses et pourtant je ne me souviens pas les avoir enregistrés. (rires) Mais oui, les mélodies sont très importantes.

On a également noté une évolution; plus mélodique au début et de plus en plus heavy par la suite, le tout conclu par un titre plutôt épique. Qu’en penses-tu ?

J : Nous n’étions pas dans cette optique lorsque nous avons établi le tracklisting. Nous avons juste essayé de les placer dans le meilleur ordre possible et voilà le résultat. (rires) Mais c’est bizarre, Olavi disait hier et j’étais d’accord avec lui, lorsque tu réalises un album, il y a toujours quelques titres dont tu n’es pas entièrement satisfait et tu essayes un peu de les cacher en les disposant de telle et telle façon. Mais sur cet opus, le problème est qu’on aime toutes les compositions. Je ne pourrais pas choisir un titre. Puis tu ne veux pas en cacher donc c’est vraiment difficile.

Le huitième morceau “Hel” émet quelques mélodies orientales, mais il y a également une seconde voix, qui est-ce et que raconte ce titre ?

J : “Hel” est à la fois un personnage et un lieu dans la mythologie nordique. Une sorte de royaume des morts qui est gouverné par un gardien, la déesse Hel. C’est un endroit très malsain, ce n’est pas l’enfer avec les flammes etc., il y fait froid et la plus grande douleur est y la faim. Tu y vas lorsque tu es une très mauvaise personne si tu meurs sans honneur (rires). Lorsque nous avons écrits les paroles et la musique, nous avons d’emblée pensé qu’il fallait y faire un duo et c’est Messiah Marcolin (Candlemass), une de nos idoles depuis tout jeune. Légendaire chanteur suédois, le fait qu’on ait pensé à lui fut assez folle et il a fait du super boulot ! La chorale en début de morceau, c’est également lui, puis il y a le refrain et le duo. Fantastique.

Et les mélodies typées orientales ?

J : Je présume qu’elles viennent de son style de chant, mais ce n’était pas intentionnel.

Si tu devais choisir trois titres : lesquels et pourquoi ?

J : Sérieusement, je ne pourrais pas. Trois titres ? Je ne sais pas… Voilà le problème, j’aime toutes ces chansons.

 


Il n’y a pas de titres au-dessus des autres selon toi ?

J : C’est difficile, parce qu’elles sont toutes quelque chose de spéciale. Ce n’est pas forcément le fait qu’elles soient égales, mais elles évoluent différemment.

Donc tu prendrais tout l’album.

J : Je pense bien oui. D’habitude, tu peux toujours trouver quatre ou cinq titres qui sont tes préférées mais sur cet album, ce sont les dix. Evidemment il y a des morceaux moins taillés pour le live mais cela n’en fait pas des mauvais titres. Si je devais choisir les trois titres avec lesquels je suis le plus content vis-à-vis des paroles, je dirais “Bloody Eagle”, “Shape Shifter” et “We Shall Destroy”.

A quoi peuvent s’attendre les fans de “Deceiver Of The Gods” ?

J : Je pense qu’ils peuvent s’attendre à un album bien brutal, un bon gros album d’Amon Amarth mais il y a beaucoup de nouvelles idées, beaucoup plus diverse. Il y a plus de tout en fait.

Comprendrais-tu s’ils étaient étonnés suite à une première écoute ?

J : Je pense bien oui, surtout avec les premiers titres. Mais lorsqu’ils prendront tout l’album dans sa globalité, je pense que les fans seront très contents. Puis quand tu l’écouteras à nouveau, il sera super.

Quels sont les plans autour de l’album, à part la tournée estivale (Europe & Amérique) ?

J : La tournée européenne est principalement une tournée de festivals puis nous embarquerons sur une tournée itinérante aux Etats-Unis. Nous allons faire une tournée headline, en Europe, à la rentrée, nous verrons comment tout ce mettra en place.

 


Il y a de plus en plus de groupes venant de Scandinavie, quel est ton sentiment sur cette nouvelle génération ?

J : Bonne question ! (rires) Je trouve que c’est très cool. Je pense que c’est bien de voir la Scandinavie produire tant de si bon musiciens et de groupes. La seule chose qui m’interpelle est qu’ils prennent tout tout de suite; ils ne mesurent pas les conséquences de leurs actes et la façon dont laquelle fonctionne le business, ils y vont tête baissée et le système les mange. Nous étions chanceux d’avoir des personnes en qui nous avions totale confiance et qui cherchaient vraiment notre bien; donc nous avons grandi petit à petit, avec des hauts et des bas. Vu que nous n’avons pas foncé cash, nous avons survécu; peut-être que certains groupes y vont de manière trop extrême. Mais je trouve que c’est cool et spécialement la scène suédoise avec tous ces groupes qui se soutiennent, contrairement aux années 90. Même les groupes plus anciens peuvent les aider, les conseiller. Nous avons une vielle tradition à faire émerger des groupes. Les jeunes formations se soutiennent, elles ne s’affrontent pas et la scène underground est très talentueuse. De plus, lorsque nous avons débuté, tu n’avais même pas à posséder ton propre matériel. Tu allais au club de jeunesse, tenue par la ville, et tu pouvais y louer tout ce que tu souhaitais. Tu pouvais même y prendre des cours si tu ne savais pas jouer d’un instrument. C’est évidemment les parfaites conditions pour débuter au sein d’un groupe, si c’est que tu souhaites faire.

Quel est le dernier album que tu aies acheté ?

J : Le dernier CD ? A vrai dire j’ai acheté deux CDs, le nouveau KISS et le dernier Orange Goblin. Et la semaine juste avant, j’ai pris le dernier Enslaved; je mélange un peu tout.

Quel est le dernier concert que tu aies vu ?

J : Je pense que c’était WASP.

Quelle est la chose la plus folle que tu aies vue lors d’un concert ?

J : Je dois dire que j’ai vu pas mal de trucs totalement fous. (rires) L’une des choses les plus marrantes, c’était au Bloodstock, en Angleterre, lorsque le public s’est assis. Mais ce qui était encore plus déjanté, au Summer Breeze, l’année dernière, d’un coup un bon millier de personnes s’est assis, au beau milieu d’un pit. “Mais que se passe-t-il ?!” (rires) C’était très drôle et j’ai adoré, nous avons les meilleurs amis au monde et ils aiment faire des trucs totalement barrés. De plus, ils ont aimé notre prestation, j’adore !

Finalement, nous sommes “RockYourLife!”, donc qu’est ce qui rock ta life ?

J : Etre dans ce groupe est certainement une façon de rocker ma life. Mais il y a tant de choses ou  rencontres dont je suis très satisfait, qui m’ont permis de faire ce que je fais maintenant. Ma femme rock ma life, c’est la meilleure ; beaucoup trop de choses pour en choisir une, je suis juste très content d’être là où je suis actuellement !

 


Site web : amonamarth.com