Jacco Gardner. 7 février 2014.La Maroquinerie. Paris. Michela Cuccagna©
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A-VOX (30/01/19)

 

A-Vox, jeune groupe français, était en concert le 30 janvier 2019 au 1999 à Paris. RockUrLife en a profité pour rencontrer le frère et la sœur avant qu’ils ne montent sur scène !

Bonjour, comment vous sentez vous à moins d’une heure de monter sur scène ?

Virgile (batterie) : Bonsoir !

Anthéa (chant) : Salut ! Ce qu’on ressent, c’est de l’impatience. On a envie d’aller sur scène et, en même temps, il y a un petit peu d’appréhension parce ce qu’un concert ça reste toujours un moment stressant. Ça fait longtemps qu’on n’a pas joué à Paris. On a vraiment envie de partager un bon moment. En plus, c’est une petite salle, on a l’habitude de jouer dans des festivals. Là, on est proches des gens et on aime bien ça.

Depuis quand n’êtes-vous pas venus à Paris ?

Anthéa : Oulà…

Virgile : Depuis les Solidays en 2017. Il y a un peu de temps.

Pour les personnes qui ne vous connaîtraient pas encore, comment décririez-vous A-Vox ?

Anthéa : A-Vox, c’est un duo rock, électro, trap, punk. On est un duo contemporain avec un petit côté irrévérencieux, avec des textes et des sujets engagés.

Et pourquoi le nom A-Vox ?

Anthéa : Déjà, tu le dis bien parce que souvent ils disent “E-Vox” et c’est bien “A-Vox”. C’est du latin et ça veut dire “sans voix”, parce qu’on est là, en quelque sorte, pour donner une voix aux gens qui n’en ont pas. On donne de la voix et on met sur la table des sujets qui ne sont pas souvent demandés.

Votre premier album “Not Afraid” est un mélange de styles, comme vous l’avez précisé. Vous venez de la scène, avec de nombreux concerts à votre actif. En quoi cela a nourri l’album et a servi au mélange des styles ?

Virgile : On n’a pas cherché à mélanger les styles. On s’est imprégné de ce qu’on a fait sur scène, des groupes qu’on écoute et on a simplement fait notre musique à notre sauce.

Anthéa : Je pense que ça vient aussi de nous, d’où l’on vient. On était au conservatoire, donc on a une formation classique et un peu jazz aussi. Au début on avait un groupe où on était plus nombreux. On faisait des reprises, on reprenait The Hives, Justice, Daft Punk, Arctic Monkeys. C’est rock électro donc je pense qu’on s’est vraiment imprégné de tout ça pour créer A-Vox.

Et comment s’est passé la création de l’album ? Comment vous avez fait pour écrire vos textes qui sont assez profonds ?

Anthéa : On s’est enfermé dans notre studio au milieu de la forêt – et c’est vraiment très, très isolé – et on s’est vraiment servi de ce qui nous touchait. On avait aussi envie de parler de choses que peuvent ressentir tous les jeunes de notre âge, de mettre sur la table des sujets qui peuvent toucher d’autres personnes que nous. On s’est vraiment enfermé deux, trois mois et ensuite on est sorti avec plein de morceaux et on s’est dit qu’avec ça, on pouvait faire un album.

Virgile : On a travaillé dans différents endroits surtout en France et une toute petite partie à New-York. Même si vous avez de l’expérience, un album c’est très différent de la scène. Vous devez avoir beaucoup appris à travers celui-ci.

Anthéa : Disons que les morceaux de l’album, on les adapte pour la scène. C’est-à-dire qu’on ne va pas retrouver exactement l’album sur scène, il y aura un peu d’adaptation, pour s’amuser. Ça nous a appris beaucoup de choses, il y a eu plein de choses qu’on ignorait du studio. On a appris beaucoup et du coup c’est vraiment super cool. C’est une bonne expérience.

Vous n’avez pas peur de parler de sujets malheureusement pas souvent abordés. On pense notamment à “Idole” avec ce qu’il s’est passé en Tchétchénie avec Alex (ndlr : un jeune homosexuel de dix-sept ans qui a été jeté du toit d’un immeuble). Avez-vous des chansons avec des thèmes qui sont vraiment importants pour vous ?

Anthéa : Oui, avec “Idole” tu mets le doigt dessus, parce que maintenant on se rend compte qu’on n’a plus besoin d’aller aussi loin pour voir des horreurs comme ça. Il y en a toutes les semaines, c’est affolant ! L’humanité se déshumanise un peu en ce moment. Il y a ce sujet-là et aussi : je suis une fille, je suis dans la musique, je me rends compte qu’il y en a très peu et donc, ça aussi, c’est un sujet qui m’intéresse. Regardez, vous êtes deux, journaliste et photographe : deux filles, c’est ultra rare parce que souvent ce sont deux mecs ou un mec seul ou une fille et un mec. Là vous êtes toutes les deux des filles; donc du coup, dans votre milieu, vous savez que c’est plutôt rare.

Virgile : D’ailleurs pour “Idole”, tout ce qu’on touche sur ce morceau va directement à l’association Urgence Homophobie, qui sera là ce soir.

C’est un beau très geste ! Est-ce que vous avez été censuré ? Des personnes ont-elles essayé de vous dire de ne pas parler de tel ou tel sujet ?

Virgile : Non !

Anthéa : Disons qu’on a la chance d’avoir une licence chez Polydor de Universal Music. C’est la différence, on peut mettre ce qu’on veut dans notre album et c’est un peu une chance. Après ça a des conséquences. Comme tu dis, il y a des gens à qui le sujet ne plait pas mais on s’en fiche. On va mettre le pied dans la merde, mais c’est trop tard on l’a mis ! (rires)

Pour vous la liberté c’est important. La liberté d’expression, comment la définiriez-vous ?

Anthéa : Nous, on l’exprime vachement sur scène et on a cette chance de pouvoir jouer devant plein de gens. On a cette chance que nos messages peuvent avoir une portée plus grande et donc on s’en sert vraiment, on se sert vraiment de ça pour parler.

Virgile : Prendre la parole, oui. Après définir la liberté d’expression c’est compliqué.

Anthéa : Parfois ça peut faire peur la liberté d’expression. Dans certains pays, les médias sont contrôlés par l’Etat. C’est-à-dire qu’aucun média n’est libre, donc ça, ça fait encore plus peur je pense.

Vous voulez être, en quelque sorte, porte-parole d’une génération, c’est cela ? Est-ce que vous voulez réveiller quelque chose en ceux qui vous écoutent ?

Anthéa : C’est ça oui. On veut être la voix d’une génération concernée dans le sens où il y a plein de jeunes qui sont vachement concernés par ce qu’on dit, qui en ont marre d’entendre des chansons sur des papillons, sur des fleurs et qui veulent revenir à des morceaux qui ont un texte et qui veulent dire quelque chose.

Virgile : Il y a des textes qui sont forts mais il y a aussi la musique. En fait, on se sert de la production pour servir le texte.

Anthéa : Oui, on se sert de la production des titres pour passer un message.

Parlons un peu de la langue maintenant. Vous chantez en français et en anglais. C’est un choix qui se fait naturellement ou fait pour délivrer au mieux un message ?

Virgile : Moi, j’avais choisi l’allemand mais ça n’a pas marché ! (rires)

Anthéa : Souvent, on compose la musique et ensuite seulement selon le sujet, on se dit : “ça va être mieux en français ou non, celui-là sera mieux en anglais”.

Virgile : En fait, c’est comment ça sonne.

Anthéa : Vu qu’on joue beaucoup en France, notamment quand on joue “Idole”, on se rend compte que le public est vachement sensible aux textes parce qu’il comprend tout de suite les paroles et du coup on ressent l’émotion qu’ils suscitent. On partage de l’émotion, c’est pour ça qu’on aime bien garder les paroles en français.

L’album a beaucoup de mélanges, comme nous l’avons déjà dit. Est-ce qu’il y a un aspect que vous préférez ?

Anthéa : Non, justement c’est le fait que ça soit mélangé qu’on aime. On aime autant l’électro que le rock ou le trap. C’est un univers. Ça fonctionne, c’est un aspect comme un autre !

Tu parlais d’un univers musical mais votre univers visuel est aussi fort. Comment le travaillez-vous ?

Anthéa : On se regarde dans la glace !

Virgile : Là, faut faire quelque chose !

Anthéa : Maintenant la musique se regarde beaucoup, autant qu’elle s’écoute. Notre génération est une génération “écran”, on est constamment sur les réseaux sociaux, Instagram etc. L’image passe tout et parfois on tombe amoureux d’une image avant d’avoir écouté le projet. Alors on se dit OK, ça c’est important et nous aussi il faut qu’on fasse un effort là-dessus. Après, moi j’ai toujours eu les cheveux un peu colorés, j’ai toujours été là-dedans. Toi (en s’adressant à Virgile), tu m’as suivi… du coup ça nous fait un peu une identité visuelle.

Et comment voyez-vous 2019 ? Qu’avez-vous prévu ?

Anthéa : Pas mal de festivals cet été. On a hâte parce qu’on adore les festivals ! Il y a toujours une ambiance de fou.

Virgile : On a une date aussi avant cet été.

Anthéa : Oui, on a d’autres dates avant l’été et on a le projet de faire un clip sur un autre titre de l’album ! De beaux projets en perspective !

On arrive à la dernière question : nous sommes “RockUrLife” donc qu’est-ce qui rock votre life ?

Anthéa : Qu’est ce qui rock votre life ?

Virgile : Qu’est ce qui rock notre life ? Il faut trouver un truc bien. Tu réponds Anthony de RockUrLife, ça peut être rigolo !

Anthéa : Ce qui rock notre life, ”est le public.

Virgile : La musique !

Site web : facebook.com/avoxofficiel

 

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