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KILLSWITCH ENGAGE (18/01/16)

English version

Quelques mois avant la sortie du nouvel album “Incarnate”, RockUrLife a eu la chance de rencontrer Jesse Leach, le (premier et) actuel chanteur de Killswitch Engage pour quelques confidences très personnelles.

Bonjour Jesse, comment allez-vous ?

Jesse Leach (chant) : Oh oui, très bien. Tranquille !

Heureux d’être de retour à Paris ?

J : Oui, j’adore Paris ! Je souhaiterais juste rester un peu plus longtemps. Je pars dans environ trois heures, en direction de Londres. Ca va devoir être rapide, mais ça va aller. J’espère être bientôt de retour !

Donc, nous sommes ici aujourd’hui pour parler de votre septième album intitulé “Incarnate“.

J : Génial.

Comment vous sentez-vous quelques mois avant sa sortie ?

J : Je suis très excité à l’idée que les gens puissent l’entendre. Je pense que c’est le meilleur album fait avec moi. Donc ouais, je suis excitée !

Quelle est l’histoire derrière ce titre ?

J : En réalité, “Incarnate” est pour moi ambigu. Je pense que c’est un titre auquel les gens les gens peuvent attacher leurs propres conclusions de ce qu’il peut signifier. Je veux dire, en anglais, cela veut dire “dans la chair”, donc c’est assez représentatif de qui nous sommes à l’heure actuelle, mais cela peut aussi vouloir dire d’autres choses : ce que j’adore. J’adore cela à propos des paroles, tout comme j’apprécie ça pour les titres. Ca permet aux gens qui lisent et écoutent d’y faire leur propres interprétations. Mais je crois qu’en peu de mots, on peut dire que c’est simplement Killswitch incarné. C’est assez niais, mais j’aime bien.

Est-ce que vous pouvez nous parler un petit peu de l’artwork ?

J : Oh, vous êtes les premiers à nous poser une question sur l’artwork, c’est génial ! Disons que ça n’a pas vraiment été montré maintenant, mais il vient d’un cauchemar que j’ai fait alors que j’étais en pleine écriture de l’opus. J’ai vu un homme tiraillé entre deux serpents sur ses jambes, avec deux gruidés le soulevant, avec ses entrailles qui ressortent. Clairement donc, ce n’est pas l’artwork, mais c’est l’inspiration derrière celui-ci, donc nous avons contacté un artiste qui vient d’Indonésie, je crois. C’est un très bon artiste, il a également fait la pochette pour “Strength Of The Mind”. C’est plutôt son style, qui donne presque l’impression que c’est une vraie peinture. Et c’est juste deux gruidés, deux serpents plutôt, autour d’un gruidé, essayant de s’échapper. Donc ce n’est pas violent, mais ça vient d’un concept d’un des cauchemars que j’ai eu, je me suis réveillé, et je l’ai immédiatement dessiné, tout droit sorti du cauchemar. (rires) Intéressant, n’est-ce pas ?

Sur ce nouvel album, vous abordez de nouveaux thèmes, jamais encore traités auparavant, comme la route, entre autres. Pourquoi avoir choisi de ces sujets seulement maintenant ?

J : Je pense que pour moi, il y a juste eu un moment où j’étais en train d’écouter… Bon sang, quel était déjà le nom de ce gars déjà ? Je peux choisir une ou trois chansons. Et l’une de ces trois chansons m’a frappée lorsque j’étais sur la route. L’une d’entre elles est “Faithfully” de Journey, c’est une chanson très mignonne, une chanson romantique à propos de la route. Je me suis dit à ce moment là que ça pourrait être un défi, je me demandais si je serais capable d’écrire une chanson à propos de la route qui ne serait pas trop niaise, donc j’ai écris les paroles et choisi une chanson à laquelle ça correspondrait, et après avoir fini avec ça, oui, ça m’a pris vraiment un moment, je chantais originellement juste les refrains, très mélodiques, et je les écoutais plusieurs fois puis je pensais : “non, c’est trop niais, ce n’est pas bon !”, donc j’ai réécris ça, cette fois avec plus de cris et hurlements, et je pense que j’ai tiré ça un peu de la première chanson que j’ai écrite, à propos d’être sur la route, d’être loin de la maison. Vous savez, j’aime être sur la route, mais ça me manque d’être chez moi. C’est un sentiment qu’ont beaucoup de musiciens, c’est une sorte de sentiment romantique, mais aussi mélancolique. Et je pense que j’ai réussi à capturer ça dans la chanson. Je suis plutôt très fier de ça.

Qu’est-ce qui a été le déclencheur de ces choix plus positifs dans les paroles ? Que s’est-il passé dans votre vie ?

J : Je pense que c’est parce que j’aime ce que je fais. Je pense que c’est surtout parce que j’aime ce que je fais maintenant. Je crois que la plus grande partie de ma carrière a été un combat avec la route, avec les performances, et toutes chez choses, lorsque je suis revenu dans Killswitch et que j’ai commencé à refaire des tournées à travers le monde, je suis vraiment retombé amoureux de la route. Au final, il se trouve que c’est devenu une chanson d’amour qui parle de nous, en tant que groupe, voyageant à travers le monde. Mais ensuite, évidemment, un élément de ça est le fait d’être loin de la maison, et que les êtres qui nous sont chers nous manques, donc je voulais que ce soit une part de ça aussi. Je ne sais pas, je pense que c’est parce que j’aime ce que je fais maintenant, que je suis à l’aise avec ce que je fais. C’est très certainement une romance avec la route que je n’ai jamais eu auparavant.

Vous venez à l’instant de dire que vous étiez à l’aise, mais vous avez également dit que l’enregistrement vous avez rendu fou.

J : Oui, en effet, ça m’a rendu fou. (rires)

Quelles ont été les difficultés rencontrées, et comment s’est passé le processus d’enregistrement ?

J : Honnêtement, l’enregistrement a très bien commencé, j’avais des idées solides, j’ai écrit “Strength Of The Mind”, j’ai écrit une chanson appelée “Hate By Design”, j’étais dans un bon élan et j’avais une idée de ce que je voulais faire. Nous comptions l’enregistrer et ensuite partir en tournée. Donc nous voulions juste nous asseoir et enregistrer ça à un moment donné, et je suis revenu de tournée, et j’ai continué d’enregistrer, mais nous avons commencé à travailler sur une chanson et ça ne sonnait pas bien, ça semblait non-inspiré, ça avait l’air inauthentique par rapport à qui je suis. Donc j’ai pris quelques semaines de vacances. Adam, le producteur, Adam est également l’un de mes meilleurs amis, il peut dire lorsque je suis inspiré ou pas, il m’a dit : “peut-être que tu as besoin d’y aller et de trouver de l’inspiration”. Donc j’ai passé beaucoup de temps seul, en haut des montagnes, et seul, et ça s’est vraiment ressenti sur ce qui m’animait. Je me suis questionné sur mon existence, en respirant profondément en moi-même, et j’ai pensé à la vie, vous savez, à qui est Dieu, et beaucoup de choses très profondes. Mais également, j’ai porté une grande attention à la politique américaine, et les histoires auxquelles je serai confronté une fois de retour à la maison, à propos du racisme, de la violence policière, des riches devenant plus riches, et toutes ces choses tristes et difficiles à avaler, j’étais vraiment focalisé sur ça également, donc ça m’a vraiment fait me retrancher dans un espace sombre, assez déprimant. Et de là, j’ai trouvé de l’inspiration et j’ai commencé à écrire à propos de choses dont je n’avais jamais parlé auparavant en tant qu’auteur. Se questionner à propos de tout, se poser des questions sur le monde de l’Homme. Et ces sujets profonds sont devenus des chansons. Je suis heureux que ce soit arrivé, et j’ai changé à partir de là. Je pense être une personne différente de celle que j’étais avant de commencer l’album. Oui, et ça ne m’est jamais arrivé auparavant. J’ai le sentiment d’avoir laissé une part de moi sur cet enregistrement. Donc ça pourrait être intéressant de voir les performances de quelques unes de ces chansons, parce que ça va être difficile émotionnellement, mais j’ai la conviction que c’est ce que l’on doit faire en tant qu’artiste : souffrir un petit peu. Surtout dans un groupe de metal, du genre ça doit venir de la douleur, ça doit venir de quelque part qui fait mal. Et mon défi était caché. Dire ces choses étaient aussi pour garder l’espoir vivant. Et je sens que j’ai réussi à maintenir la balance sur cet enregistrement. Au moins selon ma perspective.

 

 

Donc ça a été une sorte de catharsis pour vous ? Est-ce que la musique en général est une forme de salut ?

J : Absolument, à 100% oui. C’est une thérapie, c’est une catharsis. Il n’y a pas de danger à dire que si je n’avais pas ma musique, je serai mort. Ca m’a gardé en vie plus d’une fois. C’est assez intense, désolé. Mais c’est la vérité franchement, et je suis fier de le dire aussi. Je sens que c’est vraiment ça, être artiste. Soit tu aimes ça et le vis, mais pourquoi s’embêter avec ?

Donc ça rend “Incarnate” plus spécial et personnel.

J : Oui, absolument.

Et pour les autres membres du groupe ?

J : Oui, je veux dire, leurs histoires sont dedans aussi, comme pour cette chanson en particulier, “We Carry On”, sur l’album. J’essaie d’écrire les chansons de telle façon qu’elles ne sont pas à propos d’une seule chose. Cela ne vient pas que d’un seul et même endroit. Donc leurs histoires sont dites aussi dans ce disque. Parce que je vis avec eux, je les observe. Mais la chose assez folle est que je l’ai déjà fait. Divulguer des informations, et leur dire. Mais leur dire à propos de CETTE chanson : “hey j’ai écris sur toi et moi”, ça je ne l’ai pas fait, mais ils sont dessus. Et je suis sûr que d’autres pourront se retrouver dedans. Je suis sûr que ça devient assez personnel. Mais j’aime ça, j’ai été très secret à propos d’où venait cet album et j’aime être ambigu. C’est important pour les gens qui écoutent de pouvoir attacher leur propre histoire à une chanson, vous savez. Si une chanson est trop directe, comme “CETTE chanson est à propos de la MORT”, au moment où l’on fait ça, on tue l’interprétation des gens. Donc c’est un enregistrement très personnel, et le groupe est dedans aussi, une nouvelle fois je ne leur ai pas vraiment dit encore où cela correspondait dans les paroles.

A propos du fait d’être personnel, vous êtes très présent sur les réseaux sociaux, mais aussi sur votre blog.

J : Parfois péniblement, oui ! (rires)

Cela implique beaucoup de communication avec vos fans. Avez-vous déjà discuté avec un fan qui vous a dit voir quelque chose dans l’une de vos chansons ? Est-ce que cela vous a aidé à être plus conscient de l’impact de votre musique et éventuellement changer la façon dont vous écrivez ? Améliorer votre musique ?

J : Je pense que le terme “améliorer” est juste, oui. Je suis très affecté par ça, je ne peux rien y faire. J’essaie de juste mettre les choses comme ça, et j’espère que ça pourra aider quelqu’un. Donc je reçois des messages retour des gens. A partir de là, c’est très spécial pour moi, et ça me donne un sens du devoir. Mais vous savez ce qui est encore plus difficile ? Voir les histoires des gens, à propos de leurs vies et expériences. J’en ai une en particulier qui a été partagée avec moi. Une fille, c’est une survivante de violence domestique, de très mauvaises choses comme de l’abus sexuel, abus physique, et en fait, j’ai rencontré cette fille lors d’un meet and greet, et nous avons parlé, et j’ai écrit une chanson sur elle. Elle ne le sait pas à l’heure actuelle, mais je lui dirai quand je la reverrai, que cette chanson est “Quiet Distress” sur cet album. C’est ce dont ça parle : violence et violence domestique, ainsi qu’abus. Donc ouais, l’inspiration vient de là. Ca me donne un sens du devoir de donner un cadeau en retour à mes fans, et d’entendre que je suis accepté par la vie des gens. Cela signifie beaucoup pour moi.

Et vous n’avez pas peur que les fans soient parfois trop instrusifs ? Car vous montrez beaucoup de votre vie privée.

J : Non, parce que je ne les laisse pas. Je mets dessus ce que je suis à l’aise de partager, et ensuite quand je reçois des feedbacks des gens, je prends seulement les choses sérieusement, parce que c’est déconnecté. Vous savez, ce sont des réseaux sociaux, ce n’est pas comme si j’étais en tête à tête avec les fans en train de faire ça. Donc pour moi, c’est juste un petit aperçu. Un petit aperçu de ma vie, que je suis à l’aise de partager. Je pense aussi que c’est la raison pour laquelle je fais ça et que c’est aussi important pour moi, personnellement, de détruire le mythe de la rockstar. Les gens me qualifient de rockstar, et je n’aime pas ça. Pour moi, je ne me vois pas de cette façon. J’ai vécu une vie parfaitement normale avant de rejoindre le groupe, je travaillais, j’avais un job normal, j’ai été une sorte de travailleur normal, ouvrier. Et je ne prends pas les choses pour acquises. J’ai travaillé dur pour être la personne que je suis aujourd’hui. J’aime montrer ça aux gens. Et j’aime aussi montrer aux gens que je suis une personne normale. Je souffre exactement des mêmes choses comme la dépression anxieuse. J’ai des problèmes d’addiction. J’ai traversé des problèmes avec l’alcool et l’usage de drogues. L’abus de drogue. C’est important pour moi de les laisser savoir que je ne suis pas différent et je pense qu’une fois que j’ai fait ça, ça leur permet de me voir sous un jour différent, et je suppose que c’est important pour moi. Je ne veux pas que l’on me voit comme une rockstar, et je ne veux pas agir comme telle.

Cette part de votre personnalité, cette honnêteté, se reflète dans votre musique. Vous êtes attaché au fait d’être honnête et transparent. Mais que pensez-vous de la scène de musique métal actuellement ? Pensez-vous qu’il y a encore beaucoup d’artistes capables de prendre ce risque, le risque d’être honnête, ou pensez-vous qu’ils font surtout ça pour plaire aux fans, ou essayer d’être à la mode ?

J : Je ne peux pas vraiment en parler s’ils font de la musique juste pour plaire aux gens. Mais je pense qu’il y a quelques groupes ici et là qui le font, être honnêtes, comme Baroness, par exemple, leur plus récent album “Purple” est, je pense, un album très personnel. J’ai commencé à les écouter après cet album, après “Incarnate”. Mais quand je regarde cet enregistrement, pour moi c’est un exemple d’un groupe qui met son cœur et son âme dans un album. Je pense que c’est là, mais je ne sais pas si je ne m’avance pas trop, car je ne suis pas sûr encore, mais, une fois encore, je pense que c’est important, et je suis sûre que certains groupe ne feront jamais ça, et feront de la musique juste pour avoir des filles et faire de l’argent, et vivre cette vie, mais je ne peux pas honnêtement en parler parce que, vous savez, je n’ai pas la fierté de les écouter. (rires) Je suis très pointilleux sur ce que j’écoute.

Quels sont les groupes ou artistes que vous avez écouté récemment ?

J : Un duo britannique, ils jouent de la musique ambiante et électronique, et j’aime beaucoup ça pour calmer mon cerveau et m’abandonner. Ils s’appellent The Orb, leur nouvel album est super bon, je l’ai écouté tellement de fois. C’est l’un de ces albums que je mets juste pour me relaxer. Ce n’est pas genre du metal très engagé, mais c’est le genre de musique que j’aime écouter. Ou me poser et écouter de la musique reggae, j’aime le ska, il y a un groupe du Royaume Uni, The Skints, c’est de la musique ska enjouée – ça me rend heureux. Une fille, Hollie Cook, du Royaume Uni, qui joue ce genre de rap-reggae de lover, je l’adore. Il y a un groupe des Etats Unis, Wild Oak, ils sont du genre électronique folk psychédélique, avec une voix féminine, et sa voix est incroyable. Il y a beaucoup de choses, tout comme le groupe, j’aime Gojira, j’ai vraiment hâte d’entendre leur nouvel album ! Avec les groupes que j’ai cité, j’aime la musique mélodique calme. Parce que quand on fait de la musique heavy, on ne peut pas écouter ce genre de musique toute la journée. Donc oui, c’est une description assez représentative de ce que j’ai écouté la semaine passé ou les deux précédentes.

Comme vous l’avez dit, ces musiques sont vraiment très différentes de ce que vous faites dans Killswitch Engage, mais est-ce qu’elles ont contribué à vous inspirer d’une certaine façon ?

J : Oh oui. Désolée je me suis sans doute coupé dans mon élan ! (rires) Oui, j’ai beaucoup de musiques qui m’ont inspiré ! Mais, en faisant cet album en particulier, pour pouvoir aboutir à cet album, je n’ai pas vraiment écouté de musique du tout, j’ai principalement écouté de la musique ambiant, et en fait, c’est drôle parce que c’est la première fois que je dis ça dans une interview, mais j’avais l’habitude d’écouter du white noise genre “shhhhhhh”, ce genre de sons, je mettais ça, à travers des écouteurs ou mon système stéréo, et j’écrivais avec ça parce que ça bloque tout, toutes les distractions hors de soi, et ça permet vraiment de mieux se concentrer. C’est une chose unique que j’ai appris à propos de ça, et ça fonctionne. Donc peut-être que c’est pour ça que je suis devenu un peu fou. (rires) Ecouter du white noise pendant des jours. Mais ouais, c’est une chose que les étudiants utilisent, comme pour étudier à l’université, et j’ai trouvé ça donc j’ai voulu essayer et ça fonctionne, ça marche bien. Donc j’essayais de ne pas vraiment laisser de réelles influences musicales entrer dans mon esprit car je voulais que ce soit unique.

Est-ce la raison pour laquelle “Incarnate” est beaucoup plus mélodique, avec plus de chant clair ? C’est un son vraiment nouveau pour vous, et dans la vidéo de “Strength Of The Mind”, on peut sentir une dualité : c’est calme, et anxieux à la fois, ce qui rappelle ce que vous disiez à propos du white noise. Pouvez-vous en dire quelques mots ?

J : Oui ! Je pense que j’ai simplement écrit sur la musique, et la musique est ce qui inspire les choses. Quand j’entends un certain riff de guitare, souvent, j’écris un mot ou deux, qui me rappellent quelque chose ou me font sentir d’une certaine façon. Et après que j’ai réussi à savoir ce que ce riff me faisait sentir, je décide si ce sera un vocal agressif ou calme. Et quelques musiques sont très évidentes, comme si ça va avec la conduite ou sonne comme de la conduite, je vais être énergique. Mais ce que j’aime vraiment faire, c’est jouer avec le fait qu’un agressif parfois puisse être plus délicat, et plus mélodique. Donc c’est l’opposé de ce que je voulais faire avec la musique. Je pense que c’est plutôt comme pour “Disarm The Descent“, nous avons tous décidé : “cette partie a besoin de ça”. Ou quand les paroles sont vraiment lourdes parfois, je pense ça, et je suis délicat avec, ça vous traverse, on le ressent, ce que j’essaie de faire. Quand j’écris, c’est difficile de décider : “cette partie va être du cri, celle là plutôt du chant”, c’est plutôt genre “comment les gens vont se connecter à ça”, et ensuite “comment je vais faire hérisser les poils sur vos bras ?” Le frisson. Je vis pour ce genre de choses. Donc c’est un mélange de toutes ces choses. Et je pense que c’est une question de comment j’écris la chanson et de comment je veux que la chanson soit perçue, et j’adore l’équilibre entre ces deux là, parce que ça fait toute la différence du monde. Par exemple, “Strength Of The Mind”, “I’ve seen rock bottom and I’ve smashed my fists against it”, vous ne pouvez pas chanter “lalala”, c’est une ligne très intense, et ça a besoin d’être intense. Je pense que chaque partie me parle, pour certaines raisons.

 

 

Pourquoi avez-vous choisi cette chanson pour être votre premier single ?

J : Je veux dire, personnellement, ce premier riff, quand je l’ai entendu pour la première fois, j’ai trouvé ça tellement badass, c’est un riff tellement bon. Et ensuite, je pense que c’est simplement qu’il représente bien l’album. Genre, on veut toujours choisir une première chanson qui n’est pas trop lourde, ni trop mélodique : c’est de cette façon que nous pensons en tant que groupe. Mais également qui touche un peu à tout l’album, et “Strength Of The Mind” est une chanson à propos de la lutte contre son environnement, son anxiété, la dépression et toutes ces choses. Je pense que ça peut devenir un dénominateur commun, et c’est vraiment à propos de la psychologie du genre humain. Donc, que ce soit au niveau des paroles ou de la musique, c’est pour nous une bonne introduction à notre album.

Est-ce que c’est votre chanson préférée de l’album ?

J : Non, je ne sais pas si j’en ai une favorite. Ils sont toutes un peu comme mes bébés. “Cut Me Loose” qui sera, je l’espère, le quatrième single de cet album, celle-là est vraiment spéciale pour moi. Que ce soient les paroles ou au niveau acoustique, il y a quelque chose à propos de cette chanson qui est très spécial et c’est différent. C’est un son différent pour Killswitch, et ensuite une autre chanson sur laquelle je peux parler comme étant différente pour Killswitch est “It Falls On Me”, qui est plutôt du genre atmosphérique, pleine d’âme, le genre de chanson qui va vous chercher jusqu’à l’âme. C’est en réalité moi en train de me questionner sur mon existence, me poser des questions, sur ma foi, mes croyances, et c’est vraiment une chanson extrêmement personnelle pour moi. Mais même au niveau acoustique, avec son breakdown au milieu, je chante plus doucement que je n’ai jamais chanté sur un album de Killswitch, et j’adore ça. J’aime que ce soit différent.

En écoutant l’album, on ressent assez bien le fait que chaque membre ait trouvé sa place au sein du groupe, et vous l’avez confirmé vous même. Pensez-vous que Killswitch a vraiment été Killswitch avant cet album ?

J : Oui, je ne pourrais pas être assez éhonté pour dire ça, spécialement parce que je n’étais pas dans le groupe pendant un moment. (rires) Mais je dirais plutôt, tant que je suis dans le groupe, je pense que nous sommes à notre meilleur. C’est le meilleur album que j’ai fait avec ces gars. Je pense que c’est le plus abouti que nous ayons fait. Avec moi. Je ne peux pas vraiment parler de la période avec Howard parce que ce serait présomptueux, je serais un conn*rd. Je ne voudrais pas commenter là-dessus. Je suis sûr qu’à un certain point ils étaient au top de leur carrière avec lui, je veux dire, je sais qu’ils l’étaient. Mais nous nous sentons plus connectés que nous ne l’avons jamais été en tant que groupe, au niveau personnel. Et je pense que ça se reflète sur notre musique.

En regardant tout cela avec du recul, n’avez vous aucun regret d’être parti ?

J : Absolument aucun regret. Aucun. Vous ne pouvez pas vivre de cette façon. Et tout arrive réellement pour une raison précise. Je ne serai pas la personne que je suis aujourd’hui si je n’avais pas fait toutes les choses que j’ai faite. Parce que je vis ma vie, j’ai été forcée de faire face à la réalité, faire face à ce qui m’entoure, à cause des décisions que j’ai prise. Et je ne regrette rien de tout ça.

En quoi est-ce différent de travailler maintenant avec Adam que lorsque vous étiez dans Times Of Grace, par exemple ?

J : Je pense que Times Of Grace était plutôt de l’ordre de la collaboration. Nous avions une bonne relation professionnelle à cette époque. Mais avant tout, je pense que c’était un privilège de travailler avec lui. Parce que je ne savais pas ce que je voulais, et que je n’étais pas confiant, alors que lui était très attentif à l’intérieur, très précis, et je sens que, dans Times Of Grace, nous avons commencé à nous tous deux dans des lieux différents. Nous avons tous les deux beaucoup grandi, mais cette fois-ci, c’est vraiment la meilleure expérience que j’ai eu avec lui. Parce qu’il était très réceptif de ce que j’ai traversé; très réceptif du fait que je souhaitais faire de cet album le meilleur de ce qu’il pouvait être, donc il était patient. Et même si nous avions une deadline pour le label d’enregistrement, je ne sais pas, pour moi j’étais genre : “je m’en fiche de la deadline, je m’en fiche des restrictions, j’ai besoin que cet album soit le meilleur possible” et Adam m’a supporté tout ce temps. Et je l’ai vu très nerveux, et je sais que cet album va sortir plus tard que prévu, ce qui nous a fait perdre quelques opportunités. Mais je me disais : “on s’en fout, franchement ! Ce sera le meilleur possible”. Et Adam est resté de mon côté tout ce temps, du style : “j’ai compris, on va faire ça de cette façon”. Parce que nous avons une bonne relation professionnelle maintenant. Donc oui, c’est génial. C’est mon meilleur ami et un bon producteur. C’est comme un bon compromis. Je peux être vulnérable et honnête devant lui. Je n’ai pas peur de foirer une partie, ou chanter une partie faux. Je ne peux pas être m’énerver à cause de ça parce que je sais, et il sait, que je fais de mon mieux donc tout n’a jamais été aussi bien. C’est certain.

Vous venez juste de dire que vous n’étiez pas si confiant que ça auparavant, mais vous semblez être plus à l’aise avec ça. Comment gérez-vous la situation avec les autres membres et artistes maintenant ? Prenez vous beaucoup de conseils de leur part ? Comment cela vous a aidé ?

J : Oui, je pense que c’est un mélange. Si vous êtes honnêtes avec vous-mêmes en tant que personne, les gens autour de vous vous affectent, peu importe ce qui arrive, et vous pouvez les engager et être une partie de leur vies, et creuser plus loin, ou vous pouvez d’une certaine façon les garder loin de votre vie. Mais j’ai cette chose dont j’ai hérité de ma mère je crois, qui fait que je ne peux pas faire ça. J’aime rapprocher les gens, et je veux savoir s’ils vont bien, comment ils s’en sortent, ce qu’ils traversent. Donc oui, je pense que tous les gens qui m’entourent dans ma vie personnelle m’affectent et m’inspirent. Donc ouais, c’est une bonne réponse ! (rires)

Et quelle est la leçon la plus importante que vous ayez reçu récemment ?

J : L’humilité. Simplement d’être humble. Être conscient de soi-même. Je pense que c’est super important. Parce que quand vous êtes conscient de vous même, vous êtes humbles, vous traitez les gens mieux, vous pensez pleinement quand vous pensez. Et vous avez plus de gratitude pour la vie. Quand vous êtes dans un moment, c’est genre “oui oui oui oui” et vous vous arrêtez, et prenez une respiration, et pensez “oui, c’est là que je suis maintenant”. Si tout le monde pouvait faire ça de façon régulière, nous vivrions dans un bien meilleur monde. La conscience de soi-même est la clé. L’humilité et la conscience de soi sont des thèmes qui sont constamment dans mon esprit, surtout quand je fais des interviews ou prépare une tournée. Choisir mes mots sagement, et tout ce genre de choses est important pour moi.

Parlons d’humilité, ou du contraire plutôt, puisque quelque chose de très flatteur est arrivé à votre groupe récemment : “Loyalty” a été choisie pour la mixture tape de la série “Game Of Thrones” sur HBO ! Comment est-ce arrivé ?

J : Ils nous ont approchés par le label et le management, et on était immédiatement genre “Oh oui absolument !”. Je veux dire, ce show est incroyable ! C’est un bon show. Un énorme show. Je suis un grand fan, donc faire partie de ça a été un honneur. C’était cool ! Et ils nous ont envoyé une liste de mots, et en gros ils nous ont dit : “donnez nous une chanson à propos de ça !”. Un concept qui était l’une des maisons : la maison Martell. Et j’étais un vrai nerd. J’ai vraiment aimé ça, j’ai fait tout un tas de recherches et travaillé très dur sur les paroles. J’ai adoré cette chanson. Nous avons en réalité eu la permission de la mettre sur l’édition spéciale de notre nouvel album, donc nous allons la sortir. C’est tellement dingue ! C’était un honneur, pour sûr.

Aimeriez-vous faire davantage de ce type de choses ?

J : Absolument oui ! Mike, notre bassiste, est passionné de catch professionnel, c’est un grand fan de tout ça. Donc il y a quelques années, ils avaient une chanson qui s’appelait “This Fire Burns” qui a été utilisée pour un enregistrement de catch, lorsqu’ils marchaient dans le ring. Je serais tellement heureux de faire ça. Ou même pour les jeux vidéos ! Comme “Assassin’s Creed” par exemple, j’aimerais vraiment ça. Oui et bien sûr, pour des shows télévisés, bien sûr ! Ce serait cool, ce serait tellement cool !

Vous semblez aimer beaucoup les choses amusantes, avez-vous des histoires drôles à partager avec nous ?

J : Oh les histoires drôles, j’en ai, c’est sûr ! Mais je n’arrive pas à penser à une précisément. Le problème avec les histoires drôles est que la plupart du temps, il y a malheureusement trop d’alcool en moi. (rires) Non, laissez moi un instant. Je suppose que je ne suis pas une personne très drôle. Rien ne me vient à l’esprit, bon sang ! Vous allez probablement quitter la pièce et je trouverai un truc super drôle. J’ai un blanc total, je suis désolé.

Bon, suivant alors ! Qu’est-ce qui est prévu ensuite pour Killswitch Engage ? Quels sont vos projets ? Des chances de vous voir en Europe ? En France ?

J : Nous sommes en train de planifier l’Europe actuellement, pour les festivals de juin, mais actuellement, je ne sais pas si nous serons à Paris. Je sais que l’on sera au Download UK et je crois qu’ils négocient pour que l’on fasse un Download ici. Mais je ne sais pas si l’on peut espérer ça. Mais je suis sûr que nous viendrons ici, nous avons beaucoup de projets partout, encore beaucoup de fans. Donc j’espère. J’adore Paris ! J’adorerai jouer ici. On verra !

Pour conclure, notre question traditionnelle : Nous sommes “RockUrLife”, donc qu’est-ce qui rock votre life ?

J : Qu’est-ce qui rock ma life ? La musique, voyons ! Je sais que c’est nul parce que c’est évident, mais c’est vrai. La musique est tout pour moi. Comme je l’ai dit précédemment, si je n’avais pas la musique, je ne serai pas là. Quand je me sens au plus bas, je mets de la musique. Quand je suis heureux, je mets de la musique. Je mets constamment de la musique. La musique est ma vie, c’est absolument tout. Ca rock mon monde, définitivement.

Merci beaucoup pour cette interview.

J : Merci à VOUS !

 

 

Site web : killswitchengage.com