AURELIE COMMUNIER [2/2] (25/11/14)

Par Anthony Bé le 27 novembre 2014
Rédaction : Anthony Bé, Margaux Sachse / Crédit photos : Michela Cuccagna

Après avoir présenté le Festival OÜI FM Bring The Noise 2014, la présentatrice de l'émission "Bring The Noise" diffusée sur OÜI FM évoque ses débuts en tant qu'animatrice de la seule émission alternative rock de la bande FM !
 

Parlons maintenant de l’émission "Bring The Noise" dont tu as repris les rênes, la transition n’a pas été trop difficile depuis le départ de Pierre Janazsak son créateur ?

Aurélie Communier (animatrice de "Bring The Noise") : À la base, j’ai fait l’émission avec Pierre, j’étais son assistante depuis le début, c’était il y a six ans. J’étais plutôt celle qui travaillait dans l’ombre, c’est moi qui ait toujours travaillé sur la programmation musicale, qui ait calé les programmes des dimanches, les sessions acoustiques, je gérais tous les "à-côtés". Pierre c’était LE personnage, l’animation, le mec qui était en direct là au micro. À côté, j’étais celle qui faisait tout le reste de l’émission. Quand il a annoncé son départ, j’ai été très étonnée. Pierre est une personnalité explosive, du jour au lendemain, il s’est dit "j’ai envie de faire autre chose, j’ai un autre projet en tête, on laisse tomber". Du coup, comme je fais cette émission depuis six ans, la direction et Bavaria notre sponsor, ont trouvé logique que je reprenne les rênes. Sur le coup ça m’a un peu paniqué, il a fallu faire une autre équipe, apprendre à faire de l’animation, ce qui n’est pas forcément facile. J’ai été très agréablement surprise par la réaction des auditeurs qui a été extrêmement positive. J’ai reçu beaucoup de mails, à partir de fin août, quand Pierre a annoncé son départ, de la part d’auditeurs qui me soutenaient et qui m’encourageaient, qui ont été très gentils quand je faisais des erreurs à l’antenne car j’en ai fait, c’est comme ça qu’on apprend en radio de toute façon. Je pense qu’aujourd’hui la transition a été faite de façon logique. Normalement Pierre sera là au festival, il viendra sur scène annoncer un ou deux groupes avec moi le 14 décembre. Un Festival Bring The Noise sans Pierre, ça ne vaut pas le coup !

"Bring The Noise" est une émission alternative rock. Qu'est-ce que la scène alternative rock selon toi ?

A : Ce que j’aime bien dans ce terme-là, c’est que c’est large. Quand Pierre et moi avons créé "Bring The Noise", on a toujours véhiculé un message qui est l’ouverture d’esprit et la tolérance dans la musique. On essaie de parler de plein de styles différents. C’est ça qui est génial dans le rock n’roll, c’est qu’il y a plein de styles, on peut autant parler du punk, du hardcore, du stoner, du metal. Même nous au sein de l’équipe, on écoute plein de choses différentes. C’est ça qui a fait "Bring The Noise", il y avait Pierre qui était plus neo, moi qui étais plus punk rock à l’époque, maintenant j’écoute beaucoup plus de choses et surtout beaucoup plus de stoner. Pour moi l’alternative rock, ça englobe plein de choses, c’est vrai que ça veut dire tout et rien à la fois, mais ça définit bien l’émission, puisqu’on essaie de parler à un grand nombre de personnes, on essaie de faire plaisir à pas mal de gens. Et surtout essayer d’ouvrir l’esprit aux gens en disant "ce n’est pas parce que t’écoutes du punk rock que tu ne vas pas aimer un groupe metal ou un petit groupe de stoner". À côté de ça, on va passer des trucs super connus et essayer d’aller dénicher de la petite nouveauté, que ce soit de la nouveauté étrangère ou de la nouveauté française. C’est vraiment un point que j’essaie de mettre de plus en plus en avant dans "Bring The Noise", essayer de défendre de plus en plus la scène française, parce qu’on a vraiment énormément de groupes talentueux qui méritent d’être diffusés à la radio. Et c’est clair que ce n’est pas l’Angleterre ou les États-Unis qui vont les diffuser si on n’est pas là.

Quelle est ta marge de manœuvre sur la programmation de l’émission (morceaux diffusés, interviews programmées, sessions acoustiques etc.) ?

A : Pour tout ce qui est interviews et sessions acoustiques je fais ce que je veux. J’ai une totale liberté sur ça. Sur la programmation musicale du dimanche c’est pareil. En ce qui concerne l’émission de la semaine du lundi au vendredi, je travaille la programmation avec Jean-Patrick Laurent (ndlr : directeur de la musique chez OÜI FM) pour le 23h-00h. J’en travaille une partie pour que ce soit quelque chose de logique et qu’il y ait une rotation. Sur ce 23h-00h, on essaie de faire les choses bien, parce que c’est un horaire important. Je lui fais écouter des nouveautés, on discute un peu des classiques, on essaie de faire une rotation pour que les gens n’aient pas l’impression d’entendre toujours la même chose. C’est ça aussi le piège, si on diffuse toujours les mêmes morceaux, même moi ça va me saouler, à un moment donné j’aurai plus rien à dire dessus. Sur le 00h-1h, il y a un peu plus de liberté, c’est là où en général je cale les concours, où je parle de l’actualité, des nouveautés de la journée, des concerts de la journée. Parfois je cale aussi des groupes que des auditeurs m’ont demandé, des découvertes que je fais aussi grâce aux auditeurs qui m’envoient pas mal de messages par rapport à ça. J’essaie de faire un juste milieu entre les obligations de la radio qui font qu’on doit quand même mettre un petit peu d’ordre dans tout ce bordel et aussi faire plaisir aux auditeurs, en leur apportant l’actualité et cette impression que c’est leur émission. Je suis là pour eux, donc si je fais un truc qui ne leur plaît pas j’ai aucun intérêt à être en direct jusqu’à une heure du matin et à rentrer en vélo ! (rires)

Comment ressens-tu la communauté autour de "Bring The Noise" ?

A : J’ai l’impression qu’elle a un peu changé avec le départ de Pierre. C’est vrai que j’ai eu pas mal de nouvelles personnes qui sont venues, parce que j’ai une animation différente, qui est peut-être un peu plus axée sur la musique, un peu moins fofolle. Quelques auditeurs ont regretté ce manque de folie à l’antenne et qui du coup sont peut-être partis ou qui en tous cas ne parlent pas trop. À côté de ça, j’ai de nouveaux auditeurs qui sont présents notamment par mail et par Facebook, des gens assez vastes. Je vais autant avoir des étudiants que des gens qui sont au collège, des parents, des gens qui travaillent la nuit, j’ai des policiers, des pompiers, des gens qui travaillent à la sécurité des immeubles et qui m’envoient plein de messages. Ce que j’aime dans l’émission, et une des raisons pour laquelle je la fais en direct, c’est de pouvoir discuter avec eux, pouvoir parler de leur vie de tous les jours. Et quand à l’antenne je passe un morceau que je dédicace à un gars qui est tout seul dans son petit bureau à une heure du matin et qui se fait chier, que le gars me dit "oh putain merci ça m’a trop remonté le moral, je peux tenir jusqu’à 5h comme ça !", là je me dis que j’ai fait mon boulot. J’ai l’impression qu’on devient de plus en plus une petite famille.

Quelle est la taille de ton investissement afin de pouvoir délivrer treize heures de programme par semaine ?

A : L’alternative rock c’est ma passion et j’ai la chance de pouvoir travailler pour ma passion, donc il va y avoir un travail de recherche que je vais faire naturellement en traînant moi-même sur les internets. Pour l’émission du soir, je vais mettre deux heures le temps de télécharger les nouveautés, de regarder ce que les auditeurs demandent. Pour une émission de deux heures, je vais mettre deux heures en amont pour la préparer. Sur l’émission du dimanche ça va me prendre une heure par jour pour caler les concours, les nouveautés etc. En plus de ça je travaille sur la web radio, je bosse sur le référendum de cette fin d’année où il faut répertorier toutes les sorties et tous les concerts. On va dire que "Bring The Noise" c’est un gros 35 heures. Un gros 35 heures de passion. À côté de ça, j’ai quand même Alex et Tim qui me filent pas mal de coups de mains pour les trads, les interviews…

 


D’ailleurs, Pierre s’apprête à lancer son média "Restless", qu'en penses-tu ?

A : Pour l’instant j’attends de voir. Je sais qu’il bosse pas mal dessus avec Ben (ndlr : Berzerker, ex-photographe de "Bring The Noise"). Ça a l’air d’être un truc pointu extrêmement bien fait. Ben est perfectionniste, donc je sais que ça va être un truc cool. Je pense qu’on va être agréablement surpris.

Pas trop peur d’avoir un nouveau "concurrent" ?

A : Absolument pas. Avec Pierre il n’y a aucune raison. Pour le coup, je pense qu’ils sont partis dans un truc tellement précis, c’est plus que musical. Ça va partir sur des expos, sur de la technologie, ça va vraiment partir dans plein de sens, ce qui représentent bien ce qu’il y a dans la tête de Ben ! (rires) Je pense que d’ici janvier-février on aura plus de choses dispos sur le net, quoi qu’il arrive, j’espère que ça marchera pour lui, en tous cas il le mérite.

La pluralité des médias, tu es pour ou contre ?

A : On nous a déjà posé pas mal cette question avec Pierre, quand au début Le Mouv’ faisait son émission. Au final, notre but est de défendre l’alternative rock, on est des gros fans d’alternative rock, j’ai la chance de pouvoir en parler tous les soirs à la radio. J’aimerais que cette musique soit diffusée sur d’autres radios à d’autres horaires avec d’autres gens, des gens qui vont l’aborder de façon peut-être différente, mais, quoi qu’il arrive, qui en diffuseront. Plus il y aura de radios qui en parleront, plus ce sera un style qui rentrera dans les oreilles des gens et peut-être qu’en France on deviendra enfin un pays rock n’roll. Il faut bien l’avouer, il y a beaucoup de fans de rock en France, mais on n’est pas un pays connu pour ça. On est beaucoup plus connu pour la chanson française et compagnie. Plus il y aura de radios qui vont parler de ça et plus l’alternative rock sera défendu en France. C’est notre but. Et un peu de concurrence ne fait pas de mal, ça te fait réfléchir à ce que tu fais, ça te boost. J’écoute énormément BBC Radio 1, notamment un mec qui s’appelle Daniel P Carter, et qui le dimanche soir fait "Bring The Noise", mais une heure avant ! Je l’écoute souvent pour voir ce qu’il fait, j’écoute aussi pas mal de radios américaines, pour voir comment ils s’organisent, comment ils font les interviews. C’est en écoutant ce que font les autres que ça peut donner d’autres idées et faire que l’émission évolue. Il faut faire évoluer une émission de radio, sinon ça va mourir et ce n’est pas le but.

Quels sont les projets à venir pour "Bring The Noise" ?

A : Normalement une année de plus si tout se passe bien, avec j’espère toujours plus d’interviews, peut-être plus de sessions acoustiques. On essaie de mettre en place plein de petites choses, je préfère ne pas en parler pour ne pas me porter la poisse, mais j’aimerais bien que l’année prochaine il y ait beaucoup plus d’événements comme on faisait au début, avec des sessions acoustiques avec les auditeurs, peut-être des sessions acoustiques dans des endroits particuliers, essayer d’avoir peut-être plus d’artistes émergents que d’artistes connus. Pour l’année prochaine, beaucoup plus d’événements avec les auditeurs et beaucoup plus de découvertes.

Qu’est-ce que tu écoutes en ce moment ?

A : J’aime beaucoup le dernier Marmozets. Je réécoute pas mal de Pantera. J’ai regardé le documentaire "NOLA" sur "Noisey" qui raconte toute la scène musicale de la Nouvelle Orléans et je me suis remise à écouter du Pantera. Niveau nouveautés il y a Marmozets et The Ghost Inside, le nouvel album me plaît pas mal, et aussi White Lung qui est mon coup de coeur de cette année. Et aussi le nouveau Enter Shikari que j’écoute pas mal, mais j’ai pas le droit de le dire parce qu’il sort l’année prochaine ! (rires) Il est trop bien !

Quels sont tes albums de l’année ?

A : Dieu sait que je déteste Dave Grohl, je l’avoue je déteste ce connard, mais ce nouveau Foo Fighters est vraiment cool. Et le Slipknot aussi. Je ne m’attendais vraiment pas à un album comme ça, je le trouve vraiment surprenant. Et en troisième Brody Dalle, parce que quand même, son "Diploid Love" au premier abord peut paraître très particulier et je trouve que ça la représente très bien. En fait, je mettrais Brody Dalle à égalité avec Against Me! pour la même raison, c’est que c’est un album qui est très personnel. Il y a eu son changement de sexe, je trouve qu’elle en a peut-être fait un peu trop autour de ça, ce qui a conduit à la perte de Against Me!, puisque maintenant ce sera Laura Jane Grace toute seule, le groupe a décidé de splitter d’après ce que j’ai pu comprendre.

Dernière question traditionnelle chez nous, notre webzine se nomme "RockUrLife", qu’est-ce qui rock ta life Aurélie ?

A : J’ai peut-être pas trop le droit de le dire ! (rires) Qu’est ce qui rock ma vie, au final, mon boulot. Je bosse tout le temps ! Mon boulot et peut-être une petite 8.6 de temps en temps !

 


Merci à toi !


Pour en savoir plus sur le Festival OÜI FM Bring The Noise 2014, lisez la première partie de l'interview ici.


Site web : ouifm.fr

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