Chroniques

White Lies – Friends

Le trio originaire de Londres revient bousculer la scène indépendante avec “Friends”, plus de trois ans après le très bon et surprenant “Big TV“. Présenté à l’aube d’une grosse tournée européenne qui annonce déjà quelques dates sold out, cet album se faisait attendre.

Le premier single de ce quatrième opus, “Take It Out On Me”, sorti en aout dernier, avait déjà de quoi rassurer les fans. Harry McVeigh, au chant, n’a rien perdu de sa superbe voix grave. Les White Lies explorent une fois encore fièrement une synthpop délicieusement froide, avec des textes toujours aussi bien écrits par Charles Cave, bassiste du groupe.

On y retrouve les éléments qui ont fait évoluer la formation britannique, comme les sons électroniques de “Big TV”, des refrains entêtants et de belles intro, comme “Don’t Want To Feel At All”, qui rappelle instinctivement “Strangers”, paru en 2011 sur “Ritual”. Son refrain vous pousse dans un élan dansant inexplicable, rempli de nostalgie et de (presque) bonne humeur.

Les musiciens parviennent de nouveau à retranscrire leur simplicité dans leur musique, comme “Hold Back Your Love” et “Morning In LA”, aux rythmes et aux notes faciles mais si bien amenés, tout en gardant leur aspect mystique qui a fait d’eux les dignes successeurs de Joy Division, New Order et autres The Cure. “Is My Love Enough” vous oblige à un choix cornélien, entre partir et rester, dont la souffrance semble être la seule issue. Les répétitions sur ce morceau amplifient la difficulté à choisir. Le processus de composition est similaire sur “Swing” et fait mouche à nouveau. Ajoutez à cela, une fin de chanson d’une beauté incroyable.

On note un air de déjà vu sur “Come On” et “Right Place” mais on ne leur en tient pas rigueur. La première monte en puissance, parallèle tout trouvé avec “The Price Of Love” et “Peace & Quiet” dans les opus précédents, mais que l’on apprécie tout autant. La seconde commence on ne peut plus simple, avec la voix du frontman, sans instrument, avec un léger fond sonore, aussi le cas sur “The Power & The Glory”.

“Don’t Fall” vient mettre fin à cet essai de qualité, toujours dans une froideur électrique, et mettant en avant les performances vocales du lead singer une ultime fois.

Les White Lies sont à l’image de leur discographie, que l’on écoute avec joie lors de glaciales et courtes journées d’hiver : ambitieux et précieux. Leur coldwave entremêlée à de la synthpop évolue de bien belle manière et plait toujours aux fans (contrairement à la presse anglaise).

Informations

Label : Infectious / PIAS
Date de sortie : 07/10/2016
Site web : whitelies.com

Notre sélection

  • Is My Love Enough
  • Take It Out On Me
  • I Don’t Want To Feel At All

Note RUL

4/5

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