Chroniques

Turzi – C

Après les albums “A” et “B”, la trilogie s’achèvera avec la sortie du troisième volet “C”, qui sortira le 16 mars prochain. Romain Turzi et ses partenaires de laboratoire repartent sur la route du psychédélique et ses mathématiques, car même si Turzi met en avant l’inconnu et les accidents musicaux, il n’en demeure pas moins que sa musique reste incroyablement pointue et précise. Serait-ce le secret de la réussite pour ces Versaillais ? Une monstrueuse précision dans le moment présent ?

Aussi étrange que cela puisse paraître, les neuf titres de cet opus sont des noms d’oiseaux. Si cela vous semble bizarre, Romain Turzi y trouve un sens sûrement évident et une logique imparable. Comme sa musique et son univers d’ailleurs, il survole les ambiances de films des années 80 et “Colombe” y dévoile même une influence à la bande originale de “La Folie des Grandeurs” de Gérard Oury, orchestrée par M. Polnareff. C’est avec “Coucou” que nous traversons la route grise embrumée de fumée blanche à la Tim Burton. Les masques des spectres s’inclinent devant Turzi et son band. L’histoire, il l’a écrite, à vous d’en être à présent le metteur en scène de cet univers peu perceptible. Les claviers sont bien présents et dévalent les collines de la musique expérimentale. Dans une église ou dans un temple impérial d’une âme déchue, résonnent les notes de l’ovni Turzi. Monsieur le “Cardinal” apporte la version psychotique de “Get On Top” des Red Hot Chili Peppers, la guitare et la batterie sont les seules responsables. La formation expérimente ses sons comme d’uniques spaces cakes décalquants. Dès l’aurore, “Coq” annonce un réveil un peu “Thunderstruck” d’AC/DC à l’horizon avec sa ligne de basse et fait référence à une origine symétrique d’un “Space Dementia” façon Muse. Les morceaux se succèdent et ne se ressemblent pas, d’où l’intérêt d’un voyage supervitaminé, qui a pour point de départ une cave humide aux teintes plutôt glauques. Une pleine envolée d’un “Cygne” vers un cinquième élément se profile, ressemblant à la puissance de “Lucia Di Lammermoor” d’Eric Serra, mixée aux essences de Kraftwerk et Birdy Nam Nam.

C’est un album complexe, déroutant et assez fascinant pour nos oreilles peu dociles. Se laisser prendre au jeu de l’artiste n’était pas chose aisée. Mais la discipline pour laquelle nous avons signé, nous révèle l’évidence que le pari est gagné.

Informations

Label : Record Makers
Date de sortie : 16/03/2015
Site web : www.facebook.com/TurziOfficial

Notre sélection

  • Coucou
  • Cygne
  • Corbeau

Note RUL

3.5/5