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The Strokes – The New Abnormal

Sept ans après le dernier album “Comedown Machine” (2013), The Strokes est de retour avec “The New Abnormal”. Ce sixième disque est la bouée de sauvetage tant attendue.

L’EP “Future Present Past” sorti en 2016 présageait déjà le retour du groupe new-yorkais sur le devant de la scène rock. Mais il semblerait que ses cinq membres aient eu besoin d’un peu plus de temps pour se retrouver et reformer The Strokes.

Passage à l’âge adulte

En vingt ans de carrière, les New-Yorkais ont vécu différents succès et passages à vide, dont une longue pause de quatre ans en 2007 qui ne présageait rien de bon. “The New Abnormal” célèbre enfin non pas le retour de Julian Casablancas et les quatre musiciens du quintette, mais bel et bien le retour des Strokes en tant que tel. C’est sous le soleil des studios californiens que ces éternels adolescents de quarante ans abandonnent progressivement l’explosivité de leur sonorités brutes au profit d’un rock plus équilibré et travaillé.

“The Adults Are Talking” ouvre assez ironiquement ce nouvel album. Julian Casablancas y pose doucement ses paroles sur les riffs énergiques avant que ses aigus donnent de l’amplitude au morceau. Tout comme pour “Ode To The Mets” en clôture de l’ensemble. La voix est plus juste que d’habitude, les guitares moins enragées, mais le grain des Strokes est là. Sur des titres comme cette ouverture, “Brooklyn Bridge To Chorus” ou “Bad Decisions”, on retrouve de vieux copains turbulents que l’on adore, devenus enfin (un peu plus) matures après des années de conneries. Le synthé analogique et les guitares sont toujours entraînantes et caractéristiques de l’identité post punk de la formation. Mais l’ensemble semble moins abîmé, plus équilibré, comme neuf.

Ce Je-Ne-Sais-Quoi qui change tout

C’est frappant lorsque l’on écoute “The New Abnormal” : quelque chose a changé. Les guitares sont peut-être moins saturées, ou serait-ce la voix de Julian Casablancas qui serait moins cassée ? La folie des Strokes semble avoir mué et la maturité aura eu raison de l’instabilité du groupe. “The Adults Are Talking” devient un air de transition et de renouveau. La mélodie et l’instru sont solides tandis que l’on y retrouve tout de même la saturation chérie des Américains. “Selfless” transporte cependant rapidement vers un autre univers emprunt de stabilité et de douceur. Tout comme l’excellente ballade vintage “Eternal Summer”.

La mélancolie de l’ensemble n’est jamais loin. Particulièrement lorsque lorsque la voix si caractéristique du chanteur vient porter les paroles de “At The Door” sur fond de chœurs et synthés mystiques qui finissent par projeter le morceau dans une autre dimension. L’artiste est plus que jamais torturé mais la guitare est habile, parvenant à savamment accompagner la mélancolie et la rendre planante, presque dansante, comme sur “Why Are Sundays So Depressing” ou “Not The Same Anymore”. 

The Strokes a pris le temps de bien faire les choses pour “The New Abnormal”, de se retrouver, de faire durer le plaisir en travaillant de longs morceaux, de finalement parvenir à donner un second souffle à sa musique. La bombe à retardement n’explosera pas et le quintette semble prêt pour un nouveau départ !

Informations

Label : Sony Music / RCA Group
Date de sortie : 10/04/2020
Site web : www.thestrokes.com

Notre sélection

  • Brooklyn Bridge To Chorus
  • At The Door
  • Eternal Summer

Note RUL

 4/5

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Mathilde Deau
Inconditionnelle de festivals et ouverte à toute proposition musicale.