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The Staves – Good Woman

Quatre ans après “The Way Is Read” (2017), les trois sœurs de The Staves reviennent tout en douceur avec “Good Woman”. Plus folk que jamais, le nouvel album de la fratrie Staveley-Taylor accorde une place de choix à l’introspection et à l’harmonie. Qu’elles soient instrumentales, vocales ou verbales. Un disque comme une thérapie familiale par la musique.

Soft folk

“Good Woman” tombe à point nommé pour nos petits cœurs en détresse hivernale. Il fera l’effet d’un combo bon feu de cheminée et canapé moelleux aux oreilles qui s’y plongeront. Plus encore que sur les précédentes sorties, les voix féminines de The Staves se suffisent ici presque à elles-mêmes. Elles parviennent à faire émerger une douceur réconfortante de leur harmonie vocale dépouillée. Comme mise à nue.

Le folk de ce troisième album studio nous emmène vers une destination inconnue. Mais étrangement familière et réconfortante, dont le trajet sera avant tout introspectif. En ouverture, “Good Woman” pose le décor. Les instruments accompagnent discrètement les voix lumineuses se faisant écho et scandant “I’m a good woman”, moins pour l’affirmer que pour s’en convaincre.

Rappelant la douceur maîtrisée du travail de Feist, l’ensemble s’enchaîne de manière très fluide et homogène. Tantôt sur un rythme un peu plus énergique comme sur “Best Friend” ou le mélodieux “Devotion”, tantôt sur un folk assombri, mi-contemplatif mi-expérimental comme sur “Careful, Kid” ou dans l’atmosphère dépouillée de “Trying”. Les voix s’équilibrent toujours harmonieusement et donnent vie aux états d’âme de leurs interprètes.

Thérapie musicale

Les bouleversements vécus par Jessica, Camilla et Emily durant ces quatre dernières années ont marqué ce disque qu’est “Good Woman”. La perte inattendue de leur mère ainsi que la naissance d’un bébé ont inévitablement et essentiellement influencé la production de cet ensemble musical.

La longueur des titres (en moyenne quatre minutes) et les thèmes abordés ne laissent planer que très peu de doutes quant à la vocation thérapeutique de ce disque pour The Staves. “Careful, Kid” évacue la noirceur d’un état d’esprit post-rupture. Le dépouillement de “Paralysed” est comme un appel au secours sublimé par un accompagnement musical extatique en fin de titre. “Failure” a vocation de morceau progressivement salutaire en évoluant de “I’m a failure now” à “I don’t owe you anything”.

Le mécanisme exutoire de répétition est d’ailleurs largement utilisé par les artistes pour parvenir à leurs fins. “I’m a good woman” répété à trois voix inlassablement (“Good Woman”), “You’re satisfied” comme un mantra à appliquer à une nouvelle vie (“Satisfied”), “I’m sorry you should be sorry too” en boucle exponentielle presque menaçante (“Trying”). La thérapie musicale et familiale des sœurs Staveley-Taylor semble trouver une issue encourageante et pleine d’espoir en outro sur “Waiting On Me To Change”. “I’ll be fine”, rassure The Staves.

Au-delà d’être un album très personnel, “Good Woman” est un ensemble touchant par sa beauté et la douceur de son folk. Il viendra saupoudrer d’harmonie cet hiver morose.

Informations

Label : Warner Music
Date de sortie : 05/02/2021
Site web : www.thestaves.com

Notre sélection

  • Good Woman
  • Devotion
  • Paralysed

Note RUL

 3/5

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Mathilde Deau
Inconditionnelle de festivals et ouverte à toute proposition musicale.