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The Killers – Pressure Machine

The Killers nous emmène dans l’Amérique profonde et rustique de Pressure Machine, leur septième album disponible depuis le 13 août 2021. Bande son de contrées reculées, cet album-documentaire couronne l’harmonica et la guitare, au détriment de la patte rock alternatif du quatuor.

Les évènements de ces derniers mois semblent avoir ramenés The Killers à ses racines américaines. A l’image de Sam’s Town (2006), Pressure Machine rend hommage aux gens du cru, ceux qui naissent, vivent et meurent dans la même ville. Ces Américains qui sont fiers de leurs chevaux et pour lesquels la terre est précieuse. Parfois nébuleux, souvent saturés de grandiloquence, ces onze titres oscillent entre authenticité et déstructuration, pour un ensemble difficilement exportable.

Les voix de l’Amérique profonde

Pressure Machine se pose en porte-voix des Américains des petites villes. Un court témoignage audio de citoyens de Nephi dans l’Utah, où Brandon Flowers a grandi, introduit chaque morceau. Les chevaux, les gros pickups, le réconfort des petites villes où tout le monde se connait, les traditions. The Killers chante une fresque vibrante d’authenticité, teintée de parts d’ombres.

Sans surprise, un certain nombre de cases folk country sont cochées. L’harmonica est omniprésent (comme sur “Terrible Thing” et sa complainte de lonely cowboy) les violons sont poussifs et rythment le galop ralenti de “Runaway Horses”, tandis que la profusion d’échos de “The Getting By” rappelle sans aucun doute ceux des églises et du c(h)œur religieux de l’Amérique pratiquante. Le “small town feeling” envahit l’écoute mais procure parfois un sentiment de compréhension trop lointaine pour être appréciée à sa juste valeur.

Une machine déstructurée

Moins d’un an après la sortie de Imploding The Mirage (2020), The Killers remet le couvert avec un projet complètement différent. A la fois nostalgique de ses jeunes années et lucide quant aux limites d’une mentalité peu ouverte à la différence. Lorsque “West Hills” ouvre Pressure Machine avec force et mélancolie, “Terrible Thing” chante la détresse d’un ado gay aux pensées suicidaires.

Musicalement et émotionnellement, l’ensemble semble déstructuré. Comme envahit de sentiments contradictoires, les chœurs et l’instru luttent parfois pour se faire comprendre. A l’image de la fin désaccordée de “Desperate Things” ou de la structure presque bipolaire de “In Another Life”. La douceur de certaines très belles ballades comme “Pressure Machine”, sublimées par la voix du frontman, offrent un moment de grâce. On retrouve également l’âme vibrante de la musique de The Killers sur des morceaux plus enjoués comme “Quiet Town” ou l’excellent “In The Car Outside”. 

Pressure Machine ne ravira pas tous les fans de The Killers. L’Amérique profonde dépeinte dans ce septième disque est complexe à saisir en dehors de ses frontières. Tout comme ses sonorités country alternative parfois déconcertantes. Le “small town feeling” se frayera malgré tout un chemin vers les oreilles mélomanes les plus averties.

Informations

Label : Universal Music / Island Def Jam
Date de sortie : 13/08/2021
Site web : www.thekillersmusic.com

Notre sélection

  • In The Car Outside
  • Pressure Machine
  • In Another Life

Note RUL

 2,5/5

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Mathilde Deau
Inconditionnelle de festivals et ouverte à toute proposition musicale.