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The Agonist – Orphans

Il existe deux catégories de personnes sur Terre. Les uns suivant The Agonist depuis ses débuts en 2007 et son premier album “Once Only Imagined”. Les autres ayant épluché le C.V d’Alissa White-Gluz lors de son intronisation dans Arch Enemy.

Entre les deux groupes, on ne peut d’ailleurs pas dire que l’entente soit cordiale. Mais à l’heure du troisième round pour la vocaliste Vicky Psarakis, les comparaisons deviendraient rébarbatives. L’ambiance est au beau fixe dans le groupe, enchaînant singles et clips pour annoncer “Orphans”, sixième brûlot du quintette canadien. Pourtant, sur l’artwork de celui-ci, nul soleil ou licorne à l’horizon mais une noirceur annonçant “la couleur” et la direction de ce disque.

Le train fantôme

Accueillis par des vocalises spectrales, nous voilà comme happés par “In Vertigo” et ses cinq minutes à fond la caisse. Son ambiance ténébreuse et sa structure à tiroirs posent les fondations d’un album qui s’annonce ambitieux. Simon McKay malmène ses fûts en blastant tel un damné tandis que les guitares jouent la montre sans oublier de poser un break final d’une efficacité redoutable. “As One We Survive” lui emboîte le pas et même constat : la formation n’est pas là pour tricoter. Psarakis dévoile une palette vocale passant de screams diaboliques à de puissants growls. Son chant clean se veut également plus précis et aiguisé que dans “Eye Of Providence” (2015) et “Five” (2016). L’aisance avec laquelle elle passe d’un style à l’autre force le respect, aidée par de nombreux breaks assassins. Cela donnerait presque l’impression de foncer dans un grand huit à Halloween.

Un album pour les gouverner tous

Bénéficiant d’un mixage ne laissant aucun musicien sur la touche et d’un niveau d’écriture ambitieux, “Orphans” épate. On apprécie l’utilisation subtile de chœurs ici et là, les passages heavy tranchant avec le ton général mais surtout cette sensation de toujours être surpris. A l’image de “Blood As My Guide” et son riff conquérant. C’est à un groupe combatif et très rentre-dedans auquel nous avons à faire. Le gros atout des Canadiens, c’est leur capacité à mêler habilement death metal mélo-technique et metalcore sans tomber dans la redite. On sent d’ailleurs une vraie volonté de proposer un condensé de tout leur savoir-faire dans cette cuvée. Un aspect progressif habiterait presque celle-ci tant The Agonist a été généreux à cet égard. Et que dire du rythme effréné de ces dix morceaux pour moins d’une heure de plaisir coupable ?

On dit souvent qu’un album court marque plus facilement les esprits et cette formule s’applique admirablement ici. A tel point qu’on se le repasse volontiers en boucle afin d’en dévorer toutes les subtilités. Bardé de hits en puissance tels que “The Killing I” et “The Gift Of Silence” (avec ses soli à la… Arch Enemy), il y a fort à parier que vous adopterez volontiers ce qui s’apparente être le meilleur disque de The Agonist depuis l’arrivée de Vicky Psarakis. En tout cas, celui de la maturité et une belle démonstration de force.

Informations

Label : Napalm Records
Date de sortie : 20/09/2019
Site web : theagonistband.com

Notre sélection

  • In Vertigo
  • Blood As My Guide
  • The Killing I

Note RUL

 4/5

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