Chroniques

Sting – 57TH And 9TH

Le 18 juillet 2016, le magazine “Rolling Stone” relayait l’enregistrement d’un nouvel album par Sting. Comme à son habitude, le bassiste-chanteur et ex-frontman de The Police n’a pas chômé et la galette est déjà disponible dans les bacs depuis le 11 novembre. Sobrement intitulé “57TH & 9TH ” – nom de l’intersection que notre homme emprunte tous les jours pour se rendre à son studio d’enregistrement -, ce douzième album solo (rien que ça !) fait suite à “Songs From The Labyrinth” (2006), et au concept album “The Last Ship ” (2013).

C’est accompagné de ses fidèles acolytes, Dominic Miller et Vinnie Colauita, ainsi que de deux nouveaux musiciens : Jerry Fuentes et Diego Navaira que Sting amorce son retour le 31 août dernier, avec “I Can’t Stop Thinking About You”, un premier extrait très pop rock qui annonce la couleur : Sting ne lâchera rien ! Ni ses engagements écologiques et humanistes, ni son intention de dispenser à qui voudra bien les entendre, les sonorités et les valeurs d’un rock qu’il veut engagé et métissé -celui d’un bassiste, Kayapo dans l’âme- , avec une assise et une ferveur qui mérite d’être soulignées.

Avec la même énergie humble et le flegme charismatique qui le caractérise, Gordon Matthew Thomas Sumner introduit lui-même son disque sur la toile à l’aide de vidéos, expliquant avoir été particulièrement sensible à l’hécatombe ayant récemment sévi dans la communauté musicale, la privant aussi brusquement qu’irrémédiablement d’icônes de renommée mondiale telles que Prince, David Bowie, Lemmy Kilmister (Motörhead) et autres Glenn Frey (Eagles). La ballade “50,000 ” écrite le lendemain de la mort du Kid de Minneapolis résonne donc comme un hommage, symptôme d’un deuil généralisé, déjà mis en musique par Iggy Pop dans “Post Pop Depression“.

Pour les nostalgiques d’un rock épais qui racle la gorge et fait hurler basse et six cordes, “Petrol Head” devrait s’avérer être un très bon remède, tandis que dans un second temps, le disque aborde l’épineux sujet de l’immigration de masse en Europe, avec “Inshallah”, un titre à consonance très world music. Toujours affublé de sa cape de justicier masqué, il dédie également une chanson à James Foley, le journaliste américain exécuté par Daesh en 2014. “One Fine Day” cri d’alarme écologique quant à lui, s’attaque à la question du réchauffement climatique, dont on sait qu’elle préoccupe beaucoup l’artiste.

En somme un effort studio à l’image de son auteur, terriblement sensible, éminemment engagé et qui sonne particulièrement rock de la première heure. Du grand Sting.

Informations

Label : Universal Music / Polydor
Date de sortie : 11/11/2016
Site web : www.sting.com

Notre sélection

  • Petrol Head
  • Inshallah
  • 50,000

Note RUL

4/5

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