ChroniquesSlideshow

Rob Zombie – The Great Satan

Cinq ans après son dernier méfait, entre pauses et remaniements, Rob Zombie revient avec The Great Satan. Un recueil horrifique qui nous ramène à l’aube du groupe. Alors, simple retour aux origines ou nouvelle ère ? Une chose est sûre : ce disque à l’énergie brute ne laisse pas indifférent. 

Un retour fracassant

Suite au départ de John 5 (pour Mötley Crüe) et de Piggy D (pour Marilyn Manson), Rob Zombie a rappelé ses anciens acolytes pour un album digne de la grande époque, celle du début des années 2000. Une véritable renaissance portée par le retour du duo historique : Mike Riggs à la guitare et Blasko à la basse. Résultat ? Un son plus sale et viscéral, qui renoue avec l’ADN punk et survolté de l’époque Hellbilly Deluxe.

Ce virage sonore, on le doit en grande partie au jeu de Mike Riggs. Sa guitare, rugueuse, organique et distordue, tranche avec la précision de John 5 sur les disques précédents. On retrouve cette hargne punk sur “The Black Scorpion”, portée par un riff ultra-speed et entêtant.

Blasko apporte lui aussi sa science du groove. Ses lignes de basse, aussi punk qu’efficaces, cimentent l’ensemble du disque et lui donnent une vraie cohérence. C’est particulièrement flagrant sur “Punks And Demons”, où son riff tourne en boucle comme une véritable incantation démoniaque. 

Quant aux piliers du groupe, ils ne sont pas en reste. La voix de Rob est plus brute, saturée et éraillée que jamais, sans jamais faiblir en intensité. De son côté, Ginger Fish livre une performance toujours plus industrielle et mécanique, notamment sur le rythme martial de “Black Rat Coffin” , littéralement martelé avec une enclume. Pas de doute, The Great Satan nous replonge dans l’atmosphère industrielle, rugueuse et frontale des années 2000.

Un récit horrifique

Si Rob Zombie reste le patron des sonorités industrielles, il s’est aussi imposé comme l’un des maîtres de l’épouvante contemporaine. Sa carrière de cinéaste imprègne sa musique depuis toujours : des titres aux artworks, en passant par les ambiances poisseuses, le septième art n’est jamais bien loin.

Lancer The Great Satan, c’est comme grimper à bord d’un train fantôme. On traverse une succession de tableaux peuplés de créatures toutes plus dérangées les unes que les autres. On y croise d’abord l’araignée géante de “Tarantula”, dont le riff anxiogène réveille nos terreurs les plus enfouies. Plus loin, on tombe sur un personnage plutôt excentrique : “Sir Lord Acid Wolfman”, sorte de loup-garou sous acide évoluant dans une atmosphère stoner, groovy et distordue. Son riff s’insinue dans le crâne comme une drogue qui se diffuserait lentement dans les veines.

Toute cette galerie de monstres n’est qu’une mise en bouche avant la rencontre avec le personnage central de l’attraction : “The Devilman”, ce fameux Great Satan  qui donne son nom à l’album. L’intro au violoncelle menaçant plante immédiatement un décor gothique, lourd et pesant. La ligne de basse impose la cadence, transformant le morceau en une véritable incantation démoniaque portée par un riff répétitif et une ambiance doom particulièrement oppressante.

Cette traversée horrifique finit par prendre des airs d’album concept. Sous ses abords bruts et punk, le disque cache un travail méticuleux où chaque détail sert la cohérence de l’ensemble. L’intro et l’outro encadrent parfaitement le récit, la conclusion évoquant d’ailleurs le générique final d’une émission d’épouvante. Les nappes de synthétiseurs et les textures électroniques qui hantent les morceaux renforcent cette identité aussi indus que cauchemardesque.

En 15 titres et moins de 40 minutes, Rob Zombie livre un album plus concis, direct et efficace que son prédécesseur. On revient ici à l’essentiel : une musique simple, authentique et sale toujours sur fond d’histoires à vous donner la chair de poule.

Informations

Label : Nuclear Blast
Date de sortie : 27/02/2026
Site web : www.robzombie.com/

Notre sélection

  • The Devilman
  • Sir Lord Acid Wolfman
  • Tarantula

Note RUL

 4/5

Ecouter l’album

Ecrire un commentaire

Lucie Allet
Tombée dans la marmite du metal dès mon plus jeune âge, je l’aime sous toutes ses formes et j’essaie de transmettre sa passion, sa force et sa sincérité dans mes chroniques.