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Rammstein – Rammstein

Une décennie. C’est le temps qu’il a fallu au sextette allemand pour rallumer la flamme studio et enregistrer un successeur à “Liebe Is Für Alle Da” (2009). Mais que vaut vraiment ce septième album studio ?

Il est vrai que ce nouveau disque est l’une des sorties les plus attendues de l’année. Afin de marquer le coup, il fallait donc que le groupe de metal indus le plus connu de la planète sorte la Grosse Bertha et que l’effet de surprise soit de taille.


Sans titre

A commencer par le nom donné à cet ensemble de onze titres. S’il est désigné par “Rammstein”, ce dernier n’en a pas. Et c’est bien une première depuis sa création en 1994, car tous les disques tirent leurs noms d’un titre dudit album. Il s’agit donc là d’une grande nouveauté, mais surtout une volonté pour Rammstein d’aller à l’essentiel et d’être minimaliste au possible. Cela signifie-il que ces nouvelles compositions doivent être considérées tel un tout et non une collection de chansons individuelles ?


Volonté et identité

Ce même côté minimaliste se retrouve sur l’artwork. La pochette représente une simple allumette, sur fond blanc. Quand on pense à Rammstein, on pense inévitablement au feu, aux flammes alors qu’ici, l’une des volontés au travers de ce nouvel album, a été de mettre, avant tout, la musique au premier plan. Ainsi, c’est un joli clin d’œil qui résume cette volonté, mais aussi l’identité de R+.

D’ailleurs, c’est pourquoi cet album a été co-produit par la formation et Olsen Involtini. Il s’agit du premier disque qui n’a pas été réalisé par Jacob Hellner, le producteur fétiche de Rammstein. Si on pouvait craindre le moindre impact sur l’identité même du groupe, via ce changement de producteur, il n’en est rien. A l’écoute, l’une des premières choses marquantes est la production “huge and massive”. Du Rammstein 2.0, voir du “Rammstein 3D”.

Si l’identité sonore a été conservée, on retrouve cependant quelques nouveautés pour ce cru 2019. Des éléments sont intégrés ci et là, de telle sorte à rendre le son tout aussi grandiloquent et si caractéristique de Rammstein.

Des chœurs d’opéra (“Zeig Dich”), en passant par le spoken word de Till Lindemann hérité de son projet Lindemann (“Puppe”) ou encore des violons (“Diamant”, “Hallomann”), Rammstein n’a pas lésiné sur les moyens pour surprendre l’auditeur.

Quelques morceaux sortent totalement du lot. “Ausländer” est l’ovni de l’album ! Un morceau électro/dance qui pourrait facilement passer en club, avec son refrain humoristique chanté en plusieurs langues (français, espagnol, anglais, italien, russe). Comme si Rammstein avait forniqué avec David Guetta pour un résultat assurément moderne. Autre morceau déroutant : “Puppe” sur lequel Till pète un câble sur le break, hurlant à la mort tout en chantant tel un névrosé !


Rammstein fait du Rammstein

Si ce “Rammstein” peut surprendre, l’ensemble reste cependant inégal. L’album commence de façon énergique avec l’enchaînement “Deutschland” / “Radio” / “Zeig Dich” puis passé la première moitié, on regrette le triptyque ballade (“Puppe” / “Was Ich Liebe” / “Diamant”), avant de retrouver des morceaux plus classiques (“Weit Weg” / “Tattoo”), pour finir sur “Halloman”. D’ailleurs, quel étrange choix que de finir ce grand huit sonique par un tel morceau mélodique.

Mais ce qui en ressort également, c’est cette même recette que semble utiliser Rammstein pour élaborer ses compositions. Hormis les ambiances, les onze morceaux possèdent quasiment la même construction. Il n’y a donc aucune surprise à ce niveau là.


Rammstein 2.0

Ce Rammstein, version améliorée, voit donc un groupe prendre quelques risques bienvenus. On sent que tous les six ont pris du plaisir à enregistrer. Chaque musicien ayant aussi droit à son quart d’heure de gloire : l’humour de Till hérité de son projet solo Lindemann (“Ausländer”, “Sex”), l’omniprésence du clavier de Flake Lorenz (“Radio”) ou encore l’intro à la basse d’Oliver Riedel (“Hallomann”). Et ce, même si certains instruments sont parfois noyés au détriment d’autres (Richard Z. Krupse sur “Radio”).

Ce septième album studio est donc la version 2019 de Rammstein. Si au premier abord, on pourrait croire que “Rammstein” part dans tous les sens, en réalité, il possède tous les éléments de l’identité du groupe, tout en incorporant quelques idées originales.

La véritable question à se poser est la suivante : s’agira t-il de l’ultime album du groupe ? Une chose est certaine : ce comeback studio fait plaisir et fera jaser à coup sûr.

Informations

Label : Universal Music / Mercury
Date de sortie : 17/05/2019
Site web : www.rammstein.de

Notre sélection

  • Deutschland
  • Puppe
  • Ausländer

Note RUL

 4/5

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Anthony Bé
Fondateur - Rédacteur en chef du webzine RockUrLife