Chroniques

Puppy – The Goat

A la lecture du titre, il est légitime de penser que nous allons vous conter l’histoire d’un petit chiot qui voulait devenir un bouc et pourtant… il n’en est rien (ne soyez pas déçus voyons). Puppy est en réalité un jeune trio londonien de metal alternatif signé sur le label Spinefarm Records (le même qu’un certain Ghost mais nous y reviendrons). Fort de deux EP sortis en 2015 et 2016 (“Puppy” et “Vol II”), l’heure est venue pour le monde de découvrir le tout premier album sous la houlette du producteur Tom Dalgety (le même qu’un certain Ghost mais nous y reviendrons…)

“The Goat” a le mérite de démarrer fort. Le riff de “Black Hole” est dégainé d’entrée de jeu sur une ligne de basse bien chaleureuse et un mix de batterie joliment mis en avant. Jock Norton laisse alors apparaître un chant à la voix claire assez fantomatique très typé 90’s faisant penser aux belles heures de groupes tels que Smashing Pumpkins, Soundgarden mais surtout The Posies, le style de chant étant (trop ?) similaire à celui de Jon Auer. On sent dès cette première piste une envie généreuse de mélanger les styles et proposer du neuf avec du vieux et il faut bien avouer que durant toute la durée de l’effort, l’impression d’écouter un classique des années 90 est souvent présente.

Il faut dire que la production est ici particulièrement léchée et chaque intervention des musiciens est mise en valeur de la meilleure manière quitte à magnifier certains riffs pour rendre l’ensemble plus musclé. Côté influences, on brasse large et on copie par contre un peu trop par moments. C’est simple : imaginez la prod du “Black Album” de Metallica avec des intros un peu doom à la Black Sabbath sonnant comme du Pantera, des refrains pop emo punk rock (oui tout ça) et des soli à la Weezer mettant en avant un chant rappelant furieusement celui de Tobias “Ghost” Forge. Alors oui, s’inspirer d’un des groupes les plus innovants de ces dix dernières années est plus qu’honorable, mais de là à quasi plagier l’intonation et le mix de son chanteur, cela en deviendrait parfois gênant (l’intro de “Poor Me” notamment) et viendrait presque gâcher certains titres qui auraient mérités de ne pas s’encombrer d’une version édulcorée de la bande masquée.

Fort heureusement, l’ensemble de l’essai s’écoute tout de même avec un véritable plaisir tant les morceaux sont variés et les mélodies particulièrement accrocheuses. Les nombreux break et ponts raviront les amateurs de guitare aux sonorités à la croisée du grunge et du metal, la batterie de Billy Howard Price est puissante et jamais répétitive tandis que les bassistes se verront gâtés par le mix généreux offert à Will Michael. Le travail sur les mélodies est superbe et force est de constater que tout a été travaillé au cordeau pour un premier album.

On pardonnera d’ailleurs volontiers la production d’avoir voulu habiller les Anglais de trop d’habits pour finalement masquer une identité qui ne leur est pas tout à fait propre mais qui, lestée de ces trop grosses ficelles, trouvera aisément le chemin du succès. Pour résumer, si on oublie les influences trop présentes, on ne peut ignorer la réelle qualité des compositions et cette volonté indéniable de donner à son auditoire une bonne dose de groove et de rock ! “The Goat” est clairement une réussite et peut vite devenir addictif à force d’écoutes successives. Gageons que le petit chiot deviendra un molosse s’il continue sur cette voie !

Informations

Label : Spinefarm Records
Date de sortie : 25/01/2019
Site web : www.puppytheband.com

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Note RUL

3.5/5

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