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Piqued Jacks – Synchronizer

Du rock généreux produit aux côtés des plus grands, voilà ce qu’ont à offrir les Italiens de Piqued Jacks avec leur dernier album, “Synchronizer”.

Aaaahh Florence, cité étourdissante des arts. Et terrain de jeux originel de ces quatre artistes made in Italy. La base de leurs onze nouveaux titres interprétés en anglais est définitivement rock, faisant malgré tout résonner une richesse et une énergie musicales qui ne se laisseront pas si facilement mettre dans une case.

Bien entourés

Bien que le quatuor de Piqued Jacks soit signé chez le label italien INRI, les collaborations aux origines de “Synchronizer” dépassent largement les frontières. On y retrouve Julian Emery (Nothing But Thieves), Brett Shaw (Florence + The Machine), Dan Weller (Enter Shiraki) à la production, mais également John Davis (Gorillaz, The Killers) à la masterisation. Le groupe, qui faisait auparavant la première partie d’Interpol, joue désormais dans la cour des grands.

La dream team autour de ce disque confirme la promesse d’un bel ouvrage et livre onze morceaux aux sonorités à la fois justes et variés, aux refrains percutants et à la vitalité libératrice qui pourrait rappeler les meilleurs sons de The Killers. “Mysterious Equations”, titre phare de l’ensemble, en est la parfaite illustration : un message rassembleur, des arrangements pop rock et la voix puissante et mélodieuse du chanteur qui se conjuguent idéalement.

Les bons ingrédients

L’énergie de la formation, souvent sombre, parfois mélancolique, se fait sentir dès l’ouverture de ce “Synchronizer”. L’explosivité de “Golden Mine”, régulièrement contrebalancée par des moments de douceur, donne une saveur schizophrénique étrangement satisfaisante à cette excellente intro.

Grâce à l’amplitude de la voix d’Andrea (chant/claviers), la quasi-totalité des morceaux sont dotés de refrains à l’efficacité redoutable. La rage de vivre est mélodieusement criée sur “Every Day Special” ou “Elephant” et ancre véritablement leurs accords dans les esprits, lorsque “Spin My Boy” amène un tourbillon de fraîcheur.

Deux salles, deux ambiances

Alors que la première partie de “Synchronizer” est une machine à tubes (dans le bon sens du terme), sa deuxième partie semble plus confidentielle, peut-être même plus personnelle.

Ouvert au piano, “Call My Name” et sa profusion d’échos en font une sorte de passage transitoire presque divin vers cette deuxième dimension aux titres plus longs. L’énergie des Italiens y est toujours palpable sur des titres comme “Purgatory Law” ou “Fire Brigade” où la guitare électrique installe un climat bien plus sombre. Les accents pop-rock-électro de “Dancers In Time” et “Lonely Hearts, Cozy Hut” ou plus glam rock de “Hello ?” amènent finalement la musique de Piqued Jacks vers d’autres horizons emprunts d’optimisme et de lâcher prise. “Learn how to lose control and enjoy it all” comme ils le chantant en cœur en outro.

Encore assez peu visibles en France, il serait étrange que “Synchronizer” n’attire pas l’attention des amateurs de rock alternatif transfrontaliers dans les prochains mois. Piqued Jacks a trop de cordes à son arc pour rester dans l’ombre des arcades toscanes.

Informations

Label : INRI / Metatron Group
Date de sortie : 19/03/2021
Site web : www.piquedjacks.com

Notre sélection

  • Elephant
  • Golden Mine
  • Lonely Hearts, Cozy Hut

Note RUL

 3,5/5

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Mathilde Deau
Inconditionnelle de festivals et ouverte à toute proposition musicale.