Chroniques

Parkway Drive – Reverence

Après quinze années d’existence, Parkway Drive a su se placer en leader dans le genre metalcore. Véritables bêtes de scène, on ne doute plus de leur capacité à écrire des bangers qui emporteront les foules. “Reverence” n’est qu’une preuve de plus que les Australiens méritent cette réputation.  

L’effort s’ouvre sur “Wishing Wells”, premier single présenté, qui réveille en nous un sentiment quasi inquiétant. Winston McCall a décidé de nous offrir, encore une fois, une performance toute aussi théâtrale que puissante qui s’annonce de bon augure pour le reste de l’écoute. S’ensuit “Prey”, qui fait déjà l’objet d’un clip et dont le refrain retentit à nos oreilles tel un véritable hymne du genre. Pourtant, la voix de Winston McCall semble manquer de véracité, ce qui leur a valu de nombreuses critiques. “Reverence” est synonyme de prise de risque pour Parkway Drive, qui met à profit des procédés aussi variés que du chant clair ou des mélodies épiques.

En plus de l’expérimentation, il s’avère aussi plus personnel, puisque ses membres ont su faire des événements tragiques de leurs vies une nouvelle force créative. L’intro de “Absolute Power” réveille en nous un nouveau regain d’énergie pour cette écoute, avec sa ligne de basse tout aussi lourde qu’authentique. Les sonorités sont totalement adéquates au refrain pour un breakdown des plus satisfaisants. En plus de ces breakdowns récurrents, les mélodies épiques de cet album sont magnifiées par des cœurs presque mythiques avec “Cemetery Bloom”, piste sur laquelle on retrouve ce même timbre de voix singulier. Le titre fait office d’interlude avant “The Void”, single qui porte toute la colère retenue par le groupe. L’un des plus représentatifs de l’esprit de “Reverence”, ce morceau nous prévient que l’ensemble est réservé à un public avisé et habitué du style Parkway.

Accompagné de George Hadjichristou, son ingénieur du son de longue date, le quintette australien, parti enregistrer à Ottawa, offre à travers “Reverence” ce qui est peut-être l’essai capital de sa carrière. La volonté de la formation d’utiliser tout le potentiel de chaque instrument est bien présente, avec des touches de piano et de violons sur “Shadow Boxing” dont le pré-refrain et son tempo rapide vient casser le coté trop lisse de la piste. Les derniers titres de l’ensemble se situent dans la même trempe, et ce sixième effort studio se clôt sur “The Color Of Leaving”, de loin le morceau le plus poignant de ce “Reverence”, qui se termine sur un monologue de McCall.

Si certains choix sonores peuvent surprendre ses fans de la première heure, Parkway Drive réagit pourtant de manière philosophique aux critiques qui lui ont été adressées. De la palette de son variée de “Reverence” se dégage en résumé un album tout aussi heavy que “Ire” (2015), les références religieuses en plus. Parkway cherche un peu plus à jouer sur la corde sensible, qui témoigne d’un changement permanent pour un groupe qui refuse de se reposer sur ses lauriers. Après “Ire”, véritable booster de carrière qui a donné à Parkway Drive toutes les lumières qu’il méritait, “Reverence” s’avère faire tout aussi bien. Les Australiens continuent donc sur leur lancée, presque sans embuche.

Informations

Label : Epitaph Records
Date de sortie : 04/05/2018
Site web : parkwaydriverock.com

Notre sélection

  • Wishing Wells
  • Absolute Power
  • The Void

Note RUL

4/5

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