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Megadeth – The Sick, The Dying… And The Dead!

Les six années, qui séparent The Sick, The Dying… And The Dead! du très acclamé Dystopia (2016) ont été tellement mouvementée que le retour de Megadeth paraissait de plus en plus compromis. Entre la maladie, les changements de line up et une pandémie, le groupe génère autant d’interrogations que d’attentes. Alors, qu’en est il de cette nouvelle mouture ?

Une rage non contenue

Parmi les quatre grands noms du thrash, Megadeth est de loin le plus productif. L’adversité des dernières années pouvait autant affaiblir que renforcer l’envie de la formation de frapper un grand coup. Et preuve en est que Dave Mustaine n’a rien perdu de sa verve et balance ses diatribes acides. L’ouverture de l’album sur le titre éponyme balaie les ravages causés par les maladies au fil des époques. Le ton est donné. Néanmoins, ces paroles peuvent parfois manquer (drôlement) de nuances dans les propos à l’image de “Junkie” ou encore “Dogs Of Chernobyl.” Le côté caricatural du chanteur est également ce qui le rend attachant. C’est un aspect de sa personnalité, qui se retrouve dans les mots et expressions employés, en particulier sur le titre “Mission To Mars”.

Lorsque la qualité de la composition musicale s’aligne avec l’intention des textes, c’est du grand Medageth qui en ressort. Un parfait exemple serait le très réussi “Célebutante”. Car instrumentalement parlant, le groupe a indéniablement trouvé de l’inspiration. Les riffs sont aiguisés et l’apport du batteur Dirk Verbeure se fait sentir. Ce dernier a d’ailleurs participé à l’écriture de certains des morceaux comme le single “Night Stalkers”. Le travail sur les ambiances est lui aussi tout à fait remarquable. Il donne une dimension cinématique, chère à Mustaine.

Des morceaux finement ciselés

La montée du sentiment d’urgence, qui précède l’arrivée de Ice-T sur “Night Stalkers” est particulièrement bien faite. Le rap acéré du leader de Body Count laisse un goût amer de bien trop peu. L’inattendu interlude, le solo de basse et les bons riffs de la fin comblent un peu cette déception. Mustaine explique que le morceau évoque les opérations spéciales de l’armée américaine, leur opacité et leurs ravages supposés. L’idée du duo avec Ice-T est née dans l’idée de Dave avec le passé du rappeur, qui fut ranger dans l’armée américaine.

Autre bonne surprise, “We’ll Be back” fait vite comprendre à tout auditeur que Megadeth en a sous le pied. La vitesse d’exécution, les solos incisifs et la durée relativement courte du morceau en font un concentré d’énergie thrash des plus jouissifs. Dans les bonus, Sammy Hagar vient donner de la voix pour une version de “This Planet’s On Fire (Burn In Hell)” particulièrement vibrante et pertinente. La cover des Dead Kennedys “Police Truck” amène décalage et puissance pour un titre, qui reprend de sacrées couleurs dans cette version.

Megadeth continue de séduire avec un nouvel album dans lequel violence et humour s’entrechoquent pour le meilleur.

Informations

Label : Universal Music / Tradecraft / Capitol
Date de sortie : 02/09/2022
Site web : megadeth.com

Notre sélection

  • We’ll Be Back
  • Night Stalkers
  • Célebutante

Note RUL

 4/5

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Marion Dupont
Engagée dans la lutte contre le changement climatique le jour, passionnée de Rock et de Metal le soir !