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Me And That Man – New Man, New Songs, Same Shit, Vol.2

La tête pensante derrière le groupe Behemoth revient avec son side project Me And That Man.

Nouvel album de Me And That Man signifie nouvelle fournée de talents issus du monde du metal, et surtout du carnet d’adresses fourni de Nergal, leader de Behemoth. On ne prend pas tout à fait les mêmes ingrédients mais on recommence : sortir de sa zone de confort metal quelques invités et les confronter à l’univers bluesy western d’Adam “Nergal” Darski.

Un deuxième essai…

Côté artistes invités, le plus marquant est la présence funeste d’Hank Von Hell, malheureusement décédé le jour de la sortie de l’album. Signe étrange et marquant de manière très sombre le disque. C’est d’ailleurs ce côté crépusculaire, beaucoup plus accentué que sur le premier essai, que l’on retient ici. Une tonalité funèbre, sévère et mélancolique.

La présence de Tobias Forge (chanteur de Ghost, ici sous le pseudonyme de Mary Goore) pour le morceau “Under The Spell”, Kristoffer Rygg sur “Witches Don’t Fall In Love” ou Alissa White-Gluz avec “Goodbye” sont une excellente surprise. On est moins surpris de retrouver des chanteurs issus des groupes plus extrêmes, comme Olve “Abbath” Eikemo. Cela donne aux compositions des aspects plus pop vocalement parlant, même si les essais de crooners de certains sont assez surprenants (mention spéciale à David Vincent pour “Year Of The Snake”, pépite improbable).

Nourri de percussions lentes, d’une mélancolie bluesy et d’une atmosphère poussiéreuse rappelant les meilleurs westerns américains, New Man, New Songs, Same Shit, Vol.2 cherche à retrouver une sorte d’imagerie perdue et fantasmée d’une certaine idée de l’Amérique.

On s’imagine sans mal au volant de cette fameuse Cadillac, sur les routes perdues de l’Arizona ou du Texas, le désert à perte de vue et du metal dans les oreilles. Cette image d’Épinal nourrit l’imaginaire flamboyant de Nergal, et on sent toute la ferveur qu’il met à la recréer dans ses collaborations.

….non transformé

Là où nous étions plutôt enthousiastes sur le premier album, ici nous le sommes moins. En effet, le principal risque de cet album était la redite. Comme écrit plus haut, Nergal reprend la même formule (des chanteurs et chanteuses de l’univers du metal catapultés dans un registre très différent) avec de nouvelles voix. Malgré tous les talents présents, on ne peut que se lasser.

Avec son côté roman photo présentant en à peine un titre, une voix, un artiste, on peut questionner “l’honnêteté” de la démarche des invités. Se sentent-ils vraiment si proches du style western/bluesy ou sont-ils là par amitié pour Nergal ? Difficile de le savoir.

Et puis on a surtout l’impression de voir des amis faire la fête dans leur coin, en se sentant un peu mis de côté. Que chacun y prenne du plaisir pourquoi pas, mais cette espèce de grande réunion de copains peut laisser sur le carreau. Certains se sentiront en décalage.

Tout comme le premier disque, peu de chanteuses sont représentées. Encore une occasion manquée de mettre plus en avant la scène metal féminine.

Saluons encore une fois l’effort, la prise de risque ainsi que la variété des artistes invités. Malgré tout, c’est à se demander si ce nouvel album de Me And That Man valait vraiment le coup. Et surtout… Y’en aura-t-il un autre ?

Informations

Label : Napalm Records
Date de sortie : 19/11/2021
Site web : www.meandthatman.com

Notre sélection

  • Under The Spell (ft. Mary Goore)
  • Year Of The Snake (ft. David Vincent)
  • Witches Don’t Fall In Love (ft. Kristoffer Rygg)

Note RUL

 3/5

Ecouter l’album

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Laura Navarre
J'ai annoncé à mes parents à 16 ans que mon objectif professionnel était de produire la prochaine tournée de U2. Depuis de l'eau a coulé sous les ponts (et U2 fait de la musique relativement passable). Passionnée de musique depuis son plus jeune âge, je me suis écartée du chemin musical parental (Queen & la chanson française), pour rejoindre celui autrement plus sympathique du ROCK.