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Machine Gun Kelly – mainstream sellout

Acteur, égérie mode et rockeur, le caméléon Machine Gun Kelly est de retour avec un nouveau projet musical. La collaboration avec Travis Barker avait permis la synthèse d’un pop punk nostalgique portée par une énergie moderne. Comment l’artiste s’est-il positionné pour livrer un successeur au brillant Tickets To My Downfall (2020) ?

Un sentiment de déjà-entendu

Le premier morceau annonce la poursuite de la ligne artistique amorcée avec Hotel Diablo (2019). Toutefois, les recettes qui sonnaient juste dans Tickets To My Downfall deviennent un peu creuses dans mainstream sellout. Machine Gun Kelly semble avoir du mal à se renouveler et cherche des idées ailleurs. Ainsi “maybe” emprunte un riff au “Misery Business” de Paramore. Le featuring avec Bring Me the Horizon rappelle également “bloody valentine” dans son refrain. “papercuts” semble trouver un peu (trop) d’inspiration chez les Pixies. Les guitares lancinantes et le riff acéré offrent néanmoins une rupture dans l’enchainement de morceaux très calibrés.

“god save me” montre un penchant de plus en plus prononcé pour reprendre des lignes de chants qui rappellent fortement un certain Tom Delonge. D’ailleurs, “WW4” saura sûrement se faire une place dans le cœur des fans de blink-182. Le titre sonne comme les premiers albums du groupe, tant dans la construction du morceau que dans son production ou dans la voix de Colson Baker.

Des textes qui sonnent creux

Les morceaux de mainstream sellout pâtissent d’une certaine forme de superficialité. Machine Gun Kelly continue d’explorer son mal-être, son état mental et son parcours. Des thématiques très personnelles qui se retrouvent dans les précédents albums. MGK transmettait des émotions justes, parfois naïves comme sur “drunk face” ou plus sombres comme sur “I Think I’m OKAY”, toujours avec sa personnalité.

Ici les textes de l’artiste tombent pourtant un peu à côté des messages souhaités. Une impression de redite reste le sentiment le plus prégnant. Est-ce que sa surexposition médiatique n’atténuerait pas sa crédibilité passée ? Cela dit, les formules de composition utilisées par l’artiste et le jeu brillant de Travis Barker continuent de rendre les titres assez attractifs.

Des collaborations pas toujours convaincantes

La collaboration artistique avec BMTH laisse le groupe de metalcore de côté. Son empreinte est à peine audible, si ce n’est pour un bref passage en scream. Si le morceau fonctionne, le résultat reste décevant. Difficile de ne pas imaginer ce qui aurait pu être tant la formation a la capacité de secouer l’univers de Machine Gun Kelly. Que dire de “drug dealer girl” et de la prestation transparente de Lil Wayne ? Le très cliché mais correct “emo girl” repose surtout sur la batterie de Travis Barker. La voix de WILLOW peine à convaincre sur ce registre musical.

Finalement c’est avec des morceaux comme “ay!” en featuring avec Lil Wayne et le très bon “fake love don’t last” avec iann dior que le rappeur reprend un peu de couleurs. Sur ce titre, la fraîcheur du jeune rappeur amène une autre énergie bien nécessaire. “die in california” avec Gunna et Young Thug sort également du lot avec son minimalisme instrumental et son flow faussement tranquille.

Machine Gun Kelly continue sur sa lancée pop punk, sans réussir à prolonger la réussite de Tickets To My Downfall.

Informations

Label : Universal Music / Polydor
Date de sortie : 25/03/2022
Site web : www.machinegunkelly.com

Notre sélection

  • fake love don’t last
  • maybe
  • WW4

Note RUL

 3/5

Ecouter l’album

Marion Dupont
Engagée dans la lutte contre le changement climatique le jour, passionnée de Rock et de Metal le soir !