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Lindemann – Live In Moscow

La rencontre explosive entre Lindemann et la Ville Rouge pour le chant du cygne d’un des projets musicaux les plus excitants de ces dernières années.

Arrivant à lier l’intelligence musicale et mélodique de Peter Tägtgren et l’aspect purement malsain de Till Lindemann, difficile de croire que ce projet titanesque arrive à sa fin. Pourtant c’est la triste réalité et ce “Live In Moscow” vient conclure ce chapitre composé de deux albums (“Skills In Pills” (2015) et “F&M” (2019)), plus fou l’un que l’autre. Des adieux sous forme d’un live enregistré les 15 et 16 mars 2020 à la VTB Arena de Moscou.

Un live dantesque au sein de la Mère Patrie

Till Lindemann n’a jamais caché son intérêt, voire son amour, pour le style de vie soviétique et son dégoût du capitalisme occidental. Alors quoi de plus logique que de finir par un immense concert à Moscou, ville rouge par excellence ? “Live In Moscow” se présente donc comme le plus pur objet de la propagande soviétique, avec une pochette rappelant les affiches du Parti Communiste et un encart de la Pravda accompagnant le disque.

Dès le début du show on est mis dans l’ambiance qui n’est pas sans nous rappeler celle du concert du 21 février 2020 à l’Olympia. Sauf que cette fois tout est “bigger & uglier”. Un hymne à la débauche, hypersexualisé, violent et grotesque. Du grand guignol sur grand écran et en couleur.

Les accents suaves des trois chansons d’ouverture de “Skills In Pills” ont préparé le terrain pour la dépravation de la soirée à venir. “Skills In Pills” semble bien plus séduisante ici que la version studio, le gothique noir mais hilarant “Ladyboy” est convaincant et “Fat” est tout simplement massif. L’ambiance s’éclaircit avec “Frau & Mann”, “Ich Weiß Es Nicht” plutôt oubliable et “Allesfresser” dynamique et écrasant.

Le grotesque allié au métal hurlant

Avec des images plus ou moins grotesques/pornographiques/violentes, dignes de la plus barrée des installations d’art moderne, on peut penser qu’il est difficile de se concentrer sur ce qui se passe sur scène. Mais avec une mise en scène extrêmement léchée et soignée (des plateformes mobiles, des accessoires utilisés à bon escient et surtout un filmage et une mise en scène intelligents et dynamiques), “Live in Moscow” est agréable à regarder et lisible. Même si le concert ressemble parfois à une soirée complètement dépravée au Berghain, à base de lancer de poissons et de gâteaux.

Cette performance scénique proche de ce que doit ressembler une boîte de nuit en enfer nous roule dessus. Cela n’éclipse pourtant pas la grande qualité musicale de l’enregistrement mais à tendance à mettre quelque peu en retrait parfois les musiciens. Malgré tout, le son est presque trop propre. On pouvait s’attendre à quelque chose d’un peu plus “sale”, alors qu’ici les notes sont parfaitement atteintes, le son du public suffisamment en retrait pour ne pas gêner l’écoute et les instruments impeccables.

Après un petit temps “calme, “Cowboy”, “Golden Shower” et “Blut” emportent tout sur leur passage. Un grand moment que le morceau “Platz Eins” avec son riff presque disco et sa basse slappée qui met tout le monde d’accord.

L’acte final du spectacle commence avec le céleste “Fish On”, puis continue avec “Ach So Gern” avant d’enchaîner sur la version plus hard. Probablement l’un des meilleurs titres live du groupe. Enfin, un “Gummi” quelque peu dégonflé (avec une liste des plus grands succès comme celle-ci tirée de seulement deux albums, les morceaux les moins puissants en pâtissent sans oublier la fatigue de fin de set) cède la place à “Steh Auf”, véritable petite bombe musicale.

Un chant du cygne en demi-teinte

Certes le concert est un véritable semi-remorque de son et d’images qui nous roule dessus à chaque instant, mais l’un des reproches qu’on peut lui faire est justement relatif au son : un peu trop propre. Après tout, cela peut aussi dénoter d’une volonté d’offrir aux fans en tant que dernier cadeau un live d’une très grande qualité sonore. En tout cas, c’est un sacré concert dont on ne peut sortir du visionnage indemne.

Informations

Label : Universal Music
Date de sortie : 21/05/2021
Site web : lindemann.band

Notre sélection

  • Platz Eins – Live
  • Ach So gern – Live
  • Blut – Live

Note RUL

 4/5

Ecouter l’album

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Laura Navarre
J'ai annoncé à mes parents à 16 ans que mon objectif professionnel était de produire la prochaine tournée de U2. Depuis de l'eau a coulé sous les ponts (et U2 fait de la musique relativement passable). Passionnée de musique depuis son plus jeune âge, je me suis écartée du chemin musical parental (Queen & la chanson française), pour rejoindre celui autrement plus sympathique du ROCK.