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Limp Bizkit – STILL SUCKS

Limp Bizkit crée la surprise avec l’annonce d’un nouvel album quelques jours avant sa sortie. Initialement intitulé Stampede Of The Disco Elephants, STILL SUCKS met fin à dix ans d’attente, mais Limp Bizkit en 2021, cela ressemble à quoi ?

Autodérision et ringardise assumée

Limp Bizkit semblait en panne créative depuis la fin des années 2000. Le quintette enchaînait les tournées en vivant sur ses succès passés avec des prestations de moins en moins convaincantes. Entre reprises, tenues de scène exubérantes et manque de dynamisme, il devenait difficile de reconnaitre les joyeux trublions qui voulaient tout casser dès la fin des années 90. Sur STILL SUCKS le groupe se joue des critiques et prend le parti de l’autodérision pour assumer le statut quasi ringard de la formation.

L’humour revêt différentes formes, à commencer par le titre du disque et de plusieurs morceaux comme “Dad Vibes” ou “Love The Hate”. Il est très présent dans les saynètes audio qui ponctuent l’ensemble et dans les éléments visuels déjà parus. Les Américains poussent l’autodérision à son maximum avec le décalé “Love The Hate”. Un duo vocal se fait le miroir des critiques du groupe avec un esprit très “All In The Family”. Pourtant, sous l’humour les blessures semblent prédominer à l’image du désespoir aigre qui émane de “Empty Hole” ou “Goodbye”.

Entre rage et frustration

Limp Bizkit et particulièrement Fred Durst canalisent l’esprit de Nirvana sur “Barnacle”. Le chant de Fred Durst à la limite de l’imitation, permet d’explorer un nouveau registre. Une rage, une rengaine sauvage se dégagent de ce titre. Les paroles tranchantes qui dégoulinent de frustration. Un sentiment que l’on retrouve à la sauce Nine Inch Nails sur “Pill Popper”. Les effets trop présents atténuent la déflagration du morceau. Limp Bizkit se perd un peu entre expérimentations et imitation.

Avec “You Bring Out The Worst In Me”, le groupe joue sur la nostalgie mélancolique qu’il aime pour balancer un refrain bien violent. L’idée fonctionnerait sûrement mieux avec une brutalité plus présente. La reprise du “Don’t Change” d’INXS, titre déjà popularisé par Goo Goo Dolls, détonne dans la liste des morceaux. Véritable point de césure, cette version sobre fait ressortir des paroles et continue la ligne directrice d’assumer qui ils sont. Les paroles sombres ont un écho glaçant dans la bouche de Fred. L’ambiance aérienne trouvée par le groupe sied parfaitement cette nouvelle version.

Un retour aux sources

Le début de STILL SUCKS plonge l’auditeur dans l’univers réconfortant du Limp Bizkit des grandes heures. Ainsi sur “Out Of Style”, le rap de Fred Durst, les riffs explosifs de Wes Borland, la basse grinçante et les effets électro renouent avec les marqueurs fondamentaux des neo metalleux. L’intro rageuse de “Dirty Rotten Bizkit” confirme cette impression sans pour autant parvenir à réellement convaincre. La volonté de revenir à l’essence du groupe se sent tout au long de l’album, sans jamais arriver à retrouver la bonne formule pour écrire un titre fort.

“Turn It Up, Bitch” repose sur une basse bien old school, qui met en avant le chant de Durst fonctionne grâce à son minimalisme instrumental. Le morceau résonne comme une déclaration : “voici qui nous sommes”. C’est d’ailleurs quand Limp Bizkit reste fidèle à ses origines qu’il fonctionne le mieux. “Snacky Poo”, titre composé à deux mains entre Fred Durst et le revenant DJ Lethal séduira les fans. Le beat principal revêt une couche électro pour se moderniser, le refrain fait penser à Eminem et le résultat est rassurant pour les amateurs du groupe.

Limp Bizkit s’assume et se cherche dans ce nouvel album studio éclectique et agréable à l’écoute.

Informations

Label : Suretone Records
Date de sortie : 31/10/2021
Site web : www.rockurlife.net

Notre sélection

  • Out Of Style
  • Don’t Change
  • Snacky Poo

Note RUL

 3,5/5

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Marion Dupont
Engagée dans la lutte contre le changement climatique le jour, passionnée de Rock et de Metal le soir !