Chroniques

Killswitch Engage – Disarm The Descent

L’interminable mois de mars laisse enfin place aux porteurs de l’étendard metalcore, Killswitch Engage, pour brandir leur dernier création, “Disarm The Descent”. Mis en écoute intégrale fin mars, il nous vient finalement dans les bacs. Prêt ?

Quatre ans après “Killswitch Engage” (deuxième du nom), la formation revient avec une cuisine metalcore à l’ancienne. Et pour cause, “Disarm The Descent” marque le grand retour du chanteur de la formation initiale, période 1998-2002, Jesse Leach, après six ans d’absence. Des retrouvailles amorcées au cours de la dernière tournée, lorsqu’il s’est présenté pour remplacer le départ soudain d’Howard Jones en mars 2010. Un retour à la maison qui avait de quoi réjouir les puristes de la première heure. Dès juin 2012, le quintette américain nous a permis d’entrevoir son sixième album, avec la parution – plus ou moins légale – d’un des titres, “End In Sight”, sous forme de démo; suivi de “In Due Time” en février dernier, puis enfin de “The New Awakening” le 19 mars. Trois morceaux qui démontrent que la formation, malgré un nouveau changement de voix, n’a pas complètement changé sa voie. “Disarm The Descent” s’inscrit dans la continuité des derniers essais. L’opus, principalement écrit en tournée, commence avec “The Hell In Me”. Violents et brutaux, les Killswitch Engage avancent à bord d’un véritable tank rythmique dans une énergie épique ornée de solos de guitares à la particularité death mélodique. La signature du combo se ressent avec l’alliage particulier de growl et de chant clair, qu’il s’approprie avec brio. La voix de Jesse Leach réapparaît parfaitement équilibrée et capable d’osciller entre growl aigüe et growl plus grave et agressif. Cela procure au groupe une formidable richesse vocale surtout lorsqu’elle se voit complétée par le chant clair et les chœurs; notamment dans les profondeurs de “The New Awakening” où la guitare constitue presque une voix supplémentaire; un sacré morceau qui promet en live, du fait des nombreux passages pouvant être repris par leur public. Par la suite, certains titres comme “In Due Time” et “Always” se distinguent du reste de l’album. D’une part pour la fin saisissante de “In Due Time” qui fait sa révérence sur un fade out de distorsion aux airs symphoniques; et ensuite avec l’identité très épurée de “Always”. “Turning Point” de son côté, met en scène une structure vocale recherchée et précise : le morceau attaque par un growl percutant rapidement rejoint par une pluralité de voix entraînant le tout dans un réel canon vocal. Malgré une évolution du tempo qui semble s’accélérer par rapport aux dernières créations, il sera possible de reprocher un manque d’innovation de la part des américains qui ne semblent pas chercher à s’engager dans une grande prise de risque.

En fin de compte, Killswitch Engage nous présente un disque qui reste fidèle à eux; un metalcore propre et un chant clair toujours aussi indispensable, qui, au contact du hardcore, produit une dualité brutale et mélodique. De plus, cette sortie ne semble, de ce fait, pas pour autant révolutionnaire dans la discographie des cinq musiciens originaires du Massachusetts. L’album reste ainsi dans la lignée d’un groupe qui s’est retrouvé tel un nouveau mariage donc… Pour le meilleur et pour le pire, comme le veut la tradition.

Informations

Label : Roadrunner Records
Date de sortie : 01/04/2013
Site web : www.killswitchengage.com

Notre sélection

  • The New Awakening
  • No End In Sight
  • In Due Time

Note RUL

3/5

Ecouter l’album