Chroniques

Jesus Volt – Vaya Con Dildo

Au moment où la France gagne sa première Coupe Du Monde naquit dans la capitale Jesus Volt. Une longue histoire blues rock commence, entre quatre albums et plus de 1000 concerts, les parisiens vont faire de belles rencontres. À la fin des années 2000, l’arrivée d’un nouveau batteur va relancer la machine, de nouvelles compositions émergent et sont envoyées à Mark Opitz, producteur australien reconnu notamment pour son travail avec AC/DC, KISS et INXS. Suite logique, enregistrement au studio Black Box de Peter Deimel, qui a accueilli, entre autres, Deportivo, HushPuppies, Les Wampas, The Kills. C’est donc armé d’un bazooka et d’un lance-flammes que Jesus Volt compte creuser son sillon avec son cinquième essai, “Vaya Con Dildo”.

“Give Hate / Get Love” démarre l’opus aux rythmes d’un road-trip enflammé avec les Hell’s Angels, une batterie brute de décoffrage et une guitare aux influences heavy qui n’a rien a envier aux débuts de Metallica. “Sweet Smell Of Summer” et “I Just Wanna Get Hurt” continueront d’envoyer dans le hard rock boosté à la testostérone, tantôt funky, tantôt sombre et gras. “Have A Cookie” explore ce que Jesus Volt fait de mieux, prendre le meilleur du blues en y insufflant riffs métallurgiques, refrain éléctro au beat hypnotique associé à une voix rauque de hobbo fini au bourbon. “All Aboard” ira lorgner du coté de R. L. Burnside, tout d’abord en toute simplicité, un arpège delta blues, un harmonica toute en retenu seront réveillé par une batterie ténébreuse qui enflammera la voix de Lord Tracy et la guitare d’El Tao. Un peu plus tard, “Just Another Man” continuera cette exploration avec un titre blues intimiste, minimaliste et puissant, empruntant autant à Nick Cave qu’à The John Spencer Blues Explosion. “Devil Out Of Me”, du même acabit, fait chavirer par son atmosphère cotonneuse et aérienne insufflée par une guitare psyché et une basse lourde et capiteuse. “Kilmister” revient dans la mouvance hard avec un hommage vibrant et tonitruant au charismatique leader de Motörhead. “Vaya Con Dildo” amènera un folk rock texan déflagrateur propre aux ZZ Top tout en y associant la puissance vocale de Dave Grohl. “Riding Upon The Clouds” redescendra la pression avec une fausse accalmie digne de John Lee Hooker avant de rebrancher l’harmonica et la guitare disto. L’ensemble se termine sur “Even Shadows”, empruntant un groove soul et une légère dose d’électro pour les embarqués dans un style garage blues tout droit sortie tout droit d’un road-movie sentant bon la poudre et la gomme cramé sur le bitume.

Entre classic rock, blues heavy et folk teintée de funk, Jesus Volt explose et ravie par son rock aux nuances électro. Massif, puissant et quand il le faut une petite pointe de douceur fait de cet album un road-trip, biberonné au napalm, qui passera du Mississippi au Texas sans oublier les désert aride d’Australie et d’Arizona. La guitare est une véritable bibliothèque de style, menée d’une voix de maître par Lord Tracy, tout aussi bon à l’harmonica. Le batteur, véritable métronome vivant, soufflera le chaud et le froid en véritable symbiose avec la basse. Un cinquième effort qui mérite une consécration et une tournée mondiale rocambolesque à l’instar d’AC/DC.

Informations

Label : Grounded Music
Date de sortie : 04/03/2013
Site web : www.jesus-volt.com

Notre sélection

  • Have A Cookie
  • Just Another Man
  • Devil Out Of Me

Note RUL

4/5

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