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Indochine – Singles Collection (1981-2001)

Deuxième volume de la “Singles Collection” d’Indochine. La boucle est bouclée.

Go big or go home

En route pour l’édition 32 titres (!!!), concoctée par le groupe français. Cette fois-ci, retour en arrière et sur le début de carrière d’Indochine.

Commençons par un bilan de cette édition. Tout d’abord les quelques déceptions : des singles absents (le sublime “More” manque cruellement dans cette édition) et de légères incohérences dans les versions représentées (entre les versions issues des master, les 45T, les radio edit, on ne sait plus où donner de la tête). Malgré cela, le constat est globalement positif et très complet.

Quelques ajouts, quelques défauts

Comme sur “Singles Collection (2001-2021)“, les chansons prennent une dimension 3D mais au détriment de certains éléments d’origines discrets. La disparition du côté parfois “kitsch” des sonorités des années 80-90 fait perdre une dynamique qui rend les morceaux de cette époque un peu plus plats. Parmi ceux qui en pâtissent : “Des Fleurs Pour Salinger” qui perd en atmosphère, “Les Tzars” perd en intensité et la voix de Nicola Sirkis se fond complètement dans la musique. Dommage.

Là où l’on peut être un peu perplexe, c’est que les titres les plus anciens ne semblent pas tous avoir subi un très gros lifting musical. “Kao Bang” et “A l’Assaut (Des Ombres Sur l’O)” en sont les deux titres les moins représentatifs, car bien retravaillés. Autant le mix 2020 de “Kao Bang” est propre, efficace, autant celui de “A l’assaut (Des Ombres sur l’O)” peut laisser perplexe. Cela ressemble à une version inédite. Côté musique, les guitares sont mises en sourdine, les nappes de synthés sont inexistantes, et les percussions inaudibles sur la version originale recouvrent ici le son des guitares.

Autre modification plus marquante : les ajouts de paroles sur plusieurs morceaux. Drôle de sensation que d’entendre d’autres couplets/refrains alors que l’on connaît les chansons par cœur ! “Stef II” en devient quasiment un nouveau titre. Le mixage le rend moins rock n’roll mais le fait gagner en présence. On ne peut que regretter la batterie plate. Mais heureusement que les nouvelles paroles sont là. Même si elles rallongent d’autant plus la chanson. Signe d’un déterrage des masters du groupe. Comme quoi, un véritable travail de recherche et d’orfèvrerie a été opéré sur les titres d’Indo.

De belles surprises pour les fans

Ces ajouts de paroles, ces mix parfois discrets ou plus audibles, tout cela confère à l’auditeur un aperçu varié de la carrière d’Indochine. Comme indiqué plus haut, on peut regretter l’absence de certains singles et raretés (“A Quand Paris Brûle-T’il?”), mais tout comme le premier volet centré sur les années 2000, celui-ci permettra à l’auditeur peu familier de la formation de découvrir les singles dans des versions alternatives parfois intéressantes, parfois peu inspirées.

Il est possible que ce deuxième volume intéresse moins les nouveaux fans, puisque avec son retour dans les années 2000, Indochine a pu intéresser une nouvelle population qui ne fera peut être pas l’effort de découvrir les débuts de carrière du groupe. Ce serait dommage de passer à côté de la richesse des titres des années 1980-1990. Et pour ceux qui veulent pousser l’exploration plus loin, jetez une oreille aux anciens albums : “Le Baiser” (1990), “Dancetaria” (1999) ou “3” (1985). Indochine ne se résume pas à l’Aventurier.

Informations

Label : Sony Music / RCA Records
Date de sortie : 11/12/2020
Site web : indo.fr

Notre sélection

  • Stef II
  • Les Tzars
  • Punishment Park

Note RUL

 4/5

Ecouter l’album

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Laura Navarre
J'ai annoncé à mes parents à 16 ans que mon objectif professionnel était de produire la prochaine tournée de U2. Depuis de l'eau a coulé sous les ponts (et U2 fait de la musique relativement passable). Passionnée de musique depuis son plus jeune âge, je me suis écartée du chemin musical parental (Queen & la chanson française), pour rejoindre celui autrement plus sympathique du ROCK.