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Green Day – Father Of All…

2016 a marqué le retour des Californiens à leurs racines. Finies les pochettes d’album fluo et les titres insipides, bonjour le rock pur et dur, le cuir et le gros son.

Quelle surprise de voir qu’avec ce “Father Of All…” Green Day nous replonge quatre ans en arrière pour un disque qui se consomme comme un pain au chocolat industriel : c’est bon sur le coup mais ça ne laissera pas un souvenir impérissable.

Entre passé et présent, la guitare balance

Une fois passée la barrière de la pochette hideuse, il est temps de se plonger dans ce nouvel album des anciens punks. Surprise : pas de politique cette fois. C’est donc une petite bouffée d’air frais dans la discographie du trio américain. Un moment de pure détente sans prise de tête. Et ça se sent sur les vingt-cinq (!) minutes que dure l’ensemble.

Malgré tout, chassez le naturel et il revient au galop. Billie Joe Armstrong ne peut s’empêcher de mettre le monde à feu et à sang sur “Junkies On A High”, sans pour autant lier cela à de la politique. Après tout, c’est juste une histoire de fatalité, de collection pornographique et de rock’n’roll. Finalement beaucoup plus proche d’un “Dookie” (1994) et de son je-m’enfoutisme punk, que d’un “American Idiot” (2004) profondément politisé.

“Meet Me On The Roof” nous ramène au son 50’s, déjà appréhendé sur “Nimrod” (1997) avec le titre instrumental “Last Ride In”.”I Was A Teenage Teenager” louche allégrement sur les mélodies et le style de Weezer. Un peu de rock n’roll, un peu de punk. L’éponyme “Father Of All…” est profondément punk et entraînant. “Fire, Ready, Aim” (détaché du premier titre alors qu’il pourrait être enchaîné), soutient d’autant plus le côté mainstream du premier morceau. Pas mal mais pas non plus mémorable.

Recyclage et manque d’inspiration

C’est justement le souci de ce disque : à vouloir proposer un album sans prise de tête on tourne en rond. Peu de morceaux se détachent les uns des autres.

“Sugar Youth” est semblable à “She’s A Rebel”; “Junkies On a High” une version mal dégrossie de “Boulevard Of Broken Dreams”. A vouloir rejouer constamment sur les succès passés, difficile de passer à côté des ressemblances marquées des compositions.

“Oh Yeah!” nous propose le strict minimum sans effort. “Take The Money And Crawl” recycle les thèmes de l’adolescence et du mal être. Les paroles “You can take a walk / Or you can suck my cock.” ont de quoi nous laisser confondus devant une vulgarité pareille.

Ce n’est pas tant le langage qui pose problème; c’est que Green Day a déjà tout dit de ces thèmes en bien mieux. Et le fait qu’il compte toujours sur les mêmes sujets pour appeler les jeunes générations à bouger est triste. D’autant plus à quasiment cinquante ans.

Certes, c’est une décision qui a été prise en son âme et conscience par le groupe. Vouloir se détacher de la politique pour proposer un disque plus rafraîchissant est tout à l’honneur des Californiens. Sauf que les thèmes sont quelque peu usés. Les mélodies peu originales. Reste la voix si spéciale de Billie Joe Armstrong qui semble ne pas vieillir. Contrairement aux chansons et aux fans.

A trop vouloir rester dans le coup ou jeune, la formation court le risque de se retrouver sur le bas côté à regarder passer la nouvelle génération. Malheureusement cela a déjà commencé et cet album ne nous donne pas l’impression que les Américains veulent rattraper les nouvelles têtes d’affiche du punk rock.

Informations

Label : Warner Music
Date de sortie : 07/02/2020
Site web : greenday.com

Notre sélection

  • Father Of All…
  • Fire, Ready, Aim
  • Stab You In The Heart

Note RUL

 3,5/5

Ecouter l’album

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Laura Navarre
J'ai annoncé à mes parents à 16 ans que mon objectif professionnel était de produire la prochaine tournée de U2. Depuis de l'eau a coulé sous les ponts (et U2 fait de la musique relativement passable). Passionnée de musique depuis son plus jeune âge, je me suis écartée du chemin musical parental (Queen & la chanson française), pour rejoindre celui autrement plus sympathique du ROCK.