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Girl Band – The Talkies

Les Dublinois en passe de devenir les rois du noise rock font leur retour presque inespéré ! Les revoilà, avec le digne successeur de “Holding Hands With Jamie”, sorti il y a déjà quatre ans. Un album qui a tout pour désarçonner.

Un démarrage en trombe 

Girl Band, c’est le groupe qui ose de nouvelles choses. Cette fois-ci ce sont les guitares et larsen que l’on entend, parfois sans réelle mélodie. Un joyeux désordre, tenu en haleine par les cymbales d’une batterie toujours présente. Et au milieu de tout ça, les cris du chanteur, qui travaille ses cordes vocales. Effectivement, ce n’est pas un disque comme les autres. Le début s’ouvre avec “Prolix”, premier titre assez court, où l’on entend Dara Kiely, le chanteur du groupe, respirer, essoufflé. Un signe avant-coureur de la teneur de l’ensemble : ça déménage.

“The Talkies” démarre fort avec des morceaux hyper énergiques, comme “Shoulderblades” porté par les cris et la guitare assourdissante. On les retrouvera au fil des titres, notamment “Salmon Of Knowledge”. La pression redescend brièvement, avec “Caveat”. Cela ne dure pas bien longtemps, reprenant les sons de la guitare saturée qui conduit l’album jusqu’au bout.

Au coeur de Girl Band

Après une tournée annulée en 2014 et un moment de silence pour des raisons de santé du chanteur, le retour de Girl Band restait un grand rêve. L’attente n’était pas vaine puisque Dara Kiely semble avoir réussi à mettre sur papier ses émotions. A l’écoute, on a l’impression d’être au milieu de plusieurs voix, plusieurs instruments. C’est d’ailleurs marquant sur “Prefab Castle”, qui mélange les guitares, batterie et sons enregistrés.

L’atmosphère qui règne sur ce “The Talkies” est oppressante, voire même carrément claustrophobe. Les cris à s’en casser les cordes vocales et les avalanches de guitares se mêlent à des mélodies légères. “Laggard” se termine avec une mélodie qui fait penser à une berceuse. Et pourtant, les sonorités propres à Girl Band s’y retrouvent : les longues montées dissonantes à la guitare, les cris du chanteur de paroles à la fois lugubres et humoristiques (et parfois sans vraiment beaucoup de sens).

D’ailleurs, la batterie, elle, a été enregistrée en plusieurs fois, dans différentes pièces de la maison dans laquelle le disque a été réalisé. Et pas n’importe quelle maison : un manoir géorgien en périphérie de Dublin. C’était l’un des objectifs du groupe : représenter la bâtisse dans l’album, en passant de pièce en pièce.

Entre des sonorités propres au quatuor et une atmosphère franchement maladive et anti-mélodique par moments, Girl Band nous embarque dans une histoire que lui seul comprend. Un grand patchwork de compositions qui donne un ensemble brut, à vif. Un retour réussi, qui rappelle que Girl Band a un bel avenir.

Informations

Label : Rough Trade Records
Date de sortie : 27/09/2019
Site web : girlband.ie

Notre sélection

  • Prefab Castle
  • Aibohphobia
  • Caveat

Note RUL

 4,5/5

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