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Foals – Everything Not Saved Will Be Lost – Part 2

Il est bon de rappeler qu’il s’agit d’une suite de “Everything Not Saved Will Be Lost – Part 1” (2019) car les deux albums ont été enregistrés en même temps. La deuxième partie pourrait être le jumeau maléfique, à la fois plus brutal et plus ostentatoire.

Cette suite-qui-n’en-est-pas-vraiment-une se présente comme un album de rock plus simple, les paroles imprégnant d’optimisme le scénario apocalyptique évoqué dans la première partie. Et ce malgré la présence d’un prélude de synthé monumental et d’un bref intermède de piano ambiant. Entre les guitares et le synthétiseur, le cœur balance.

Là où le premier disque démarrait en douceur, ici les Britanniques enclenchent d’emblée la seconde et nous lancent au visage l’enchaînement “Red Desert” et son aridité inquiétante (sans mauvais jeu de mots) / “The Runner”, hit imparable. “Step by step I’ll keep it up, I won’t slow I got to go”. Les mots sont posés. La machine lancée.

Deux albums en forme de jumeaux : l’un fragile et précieux, l’autre agressif et optimiste

Le son est plein, à la fois brouillon sur les guitares les plus Zeppelin-esque (“Dreaming Of”) et impeccable (“Black Bull”, délicieuse agression garage rock à base de chant quasi crié). Avec “Like Lightning”, Foals bande ses muscles et nous propose du Black Keys version outre-Manche. C’est à l’image du disque : une montée en puissance ravageuse et une musique plus dense, rock et offensive.

Les guitares sont omniprésentes et mises en avant. Les claviers font une apparition, sans pour autant se tailler la part du lion qu’ils pouvaient avoir sur le volume précédent.

On ne peut pas s’empêcher de sentir des échos de précédents titres. Certaines couleurs ou motifs musicaux résistent et persistent. Malgré tout, la douceur éthérée de “Ikaria” et ses quarante-deux secondes ou “Into The Surf” et sa nappe de piano synthétique, d’une douceur et d’une beauté renversante, nous offre une nouvelle vision de Foals. C’était l’occasion pour les Anglais d’expérimenter et de laisser libre court à leurs envies.

Une ambition dévorante et accomplie

Comme nous l’avaient expliqué Jimmy et Edwin, le morceau le plus ambitieux et aventureux fait près de dix minutes. “Neptune” d’une maîtrise incroyable dans l’improvisation, surprend et ne nous ennuie pas le moins du monde. Là se trouve une nouvelle facette du groupe, capable de laisser libre cours à son imagination pour créer de superbes pépites musicales.

Cette expérimentation prend également sa place sur “10,000 Feet” et la voix du frontman. Empruntant sa plus belle voix éraillée, Yannis Philippakis croasse et hurle sur la fusion de son corps avec la nature après la mort. Comme quoi, la pochette résonne parfaitement avec les thèmes de l’ensemble.

Alors, est ce que ce deuxième album est à la hauteur des ambitions du quatuor ? Assurément. Aura-t-il la capacité à résister et à devenir une pierre angulaire du rock anglais ? Seul le temps nous le dira. Mais quelque chose nous dit que Foals a bien l’intention de rester dans les parages. “Now it’s time to go”. Pas si sûr pour la bande de Yannis Philippakis !

Informations

Label : Warner Music
Date de sortie : 18/10/2019
Site web : www.foals.co.uk

Notre sélection

  • The Runner
  • Black Bull
  • 10.000 Feet

Note RUL

 4,5/5

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