Les Suédois d’Evergrey dévoilent leur nouvel album, Architects Of A New Weave, un nouveau chapitre dans l’histoire du groupe. Figure discrète mais incontournable du metal progressif, Evergrey a bâti sa réputation sur l’équilibre entre mélodies mélancoliques et atmosphères pesantes. Quinze albums plus tard, les Suédois continuent de faire évoluer leur formule sans perdre leur identité.
Un retour aux sources délicat
Architects Of A New Weave synthétise parfaitement les différentes facettes d’Evergrey. Dès “Welcome To The Pattern”, une voix grave nous plonge dans l’univers conceptuel de cette divinité tisserande. Puis “The Shadow Self” déploie toute la dimension cinématographique de l’album avec les nappes de claviers de Rikard Zander et à ses chœurs enveloppants. Sans renier son identité, le groupe semble renouer avec des sonorités plus symphoniques.
Ce retour aux racines, on le constate aussi d’un point de vu graphique. La pochette évoque immédiatement Solitude, Dominance, Tragedy (1999), tant par sa composition que par sa palette de bleus froids. On y retrouve une figure imposante, presque menaçante, qui observe l’auditeur depuis les profondeurs d’un monde lointain.
Mais ce regard vers le passé reste mesuré. Les riffs massifs et les refrains fédérateurs qui ont forgé la réputation d’Evergrey sont toujours au rendez-vous. “The World Is On Fire” en est la parfaite illustration. Porté par la base rythmique solide du nouveau batteur Simen Sandnes et de leur bassiste Michael Håkansson, le morceau alterne entre tension suffocate et refrains mélodieux taillés pour le live.
Le début d’une nouvelle ère
Architects Of A New Weave c’est également un nouveau départ pour Evergrey. Premier disque sans le guitariste historique Henrik Danhage, il voit l’arrivée de Stephen Platt, virtuose discret qui a collaboré avec Devin Townsend et le groupe de death metal technique Scar Symmetry. Son jeu précis et mélodique s’intègre naturellement aux compositions et apporte un souffle de fraîcheur au tout.
Depuis quelques albums, Evergrey aime s’entourer de figures majeures de la scène suédoise. Après Jonas Renkse (Katatonia) sur “Cold Dreams”, le groupe invite cette fois Mikael Stanne (Dark Tranquillity, The Halo Effect, etc). Ensemble, ils signent l’un des temps forts du disque avec “A Burning Flame”, porté par des mélodies crépusculaires et une atmosphère quasi new wave. La complémentarité entre les voix de Tom S. Englund et de Mikael Stanne y fait merveille, donnant naissance à l’un des morceaux les plus marquants de l’album.
L’émotion à l’état brut
Comme à son habitude, Evergrey entraîne l’auditeur dans un univers sombre et introspectif, où mélancolie et résilience se côtoient. “The Script” en est l’une des meilleures illustrations, mêlant la puissance et la fragilité émotionnelle qui caractérise le groupe depuis ses débuts.
Au cœur de cette atmosphère, la voix de Tom S. Englund demeure l’arme maîtresse d’Evergrey. Entre envolées lyriques et textes introspectifs, le chanteur porte toute la charge émotionnelle de l’album, jusqu’à “The Prophecy”, ballade finale qui conclut le voyage avec élégance.
Avec Architects Of A New Weave, Evergrey signe un nouvel album solide et mélancolique. Fidèles à leur identité, les Suédois renouent subtilement avec leurs racines symphoniques tout en conservant la puissance de leur metal progressif. Plus de trente ans après sa formation, le groupe continue de faire évoluer sa formule avec une sincérité et une maîtrise qui forcent le respect.
Informations
Label : Napalm Records
Date de sortie : 05/06/2026
Site web : evergrey.net
Notre sélection
- The Shadow Self
- A Burning Flame (feat. Mikael Stanne)
- The World Is On Fire
Note RUL
4,5/5






