Crystal Lake - The Weight of Sound
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Crystal Lake – The Weight Of Sound

Avec Crystal Lake, l’intensité n’a jamais été un problème. The Weight Of Sound s’inscrit d’emblée dans cette tradition de violence frontale, mais pousse le curseur si loin que le fameux “poids du son” finit par devenir une véritable lourdeur. Les premières minutes de l’album installent une pression constante, notamment à travers “Everblack”, “BlüdGod” et “Neversleep”, trois morceaux qui s’enchaînent sans réel temps mort. L’impact est immédiat, mais cette continuité crée rapidement une sensation de tunnel, comme si le disque refusait toute respiration.

Là où True North parvenait à équilibrer puissance et progression, et où Helix offrait une lisibilité chirurgicale malgré sa brutalité, ce nouveau disque semble parfois prisonnier de sa propre densité. La production, notamment, laisse une impression mitigée : l’instrumentation apparaît par moments étouffée, écrasant certaines nuances qui auraient gagné à émerger.

Featurings en série, souffle mesuré

L’un des éléments les plus marquants de The Weight Of Sound reste la multiplication des featurings. De “Everblack” avec David Simonich (Signs Of The Swarm) à “Dystopia” avec Jesse Leach (Killswitch Engage), en passant par “BlüdGod” (Taylor Barber – Left To Suffer), “Neversleep” (Myke TerryVolumes / Fire From The Gods) ou “The Undertow” (Karl SchubachMisery Signals), Crystal Lake s’entoure d’un casting impressionnant. Si ces invités apportent chacun une intensité vocale indéniable, leur présence répétée donne parfois le sentiment de vouloir injecter du relief dans une écriture très compacte.

Tous les feats ne sont toutefois pas à mettre sur le même plan. “The Undertow” se distingue par une construction plus lisible et un travail instrumental plus nuancé, laissant enfin respirer les riffs et les variations rythmiques. À l’inverse, certains morceaux du début d’album semblent empiler les couches de violence sans réellement renouveler le discours.

Quand les portes s’entrouvrent enfin

Il faut attendre “King Down” pour sentir une première inflexion. Sans invité, le morceau introduit davantage de variété et marque un léger changement de dynamique, comme si l’album commençait enfin à desserrer l’étau. Cette ouverture trouve son point d’équilibre avec “The Weight Of Sound”, véritable pièce centrale du disque.

Le morceau-titre surprend par une introduction aux accents presque Parkway Drive, mais surtout par l’apparition du chant clair, utilisé ici dans une logique de dualité vocale absente jusque-là. Ce morceau agit comme un révélateur : Crystal Lake est capable de jouer sur les contrastes, mais choisit trop rarement de le faire sur le reste de l’album.

Une fin solide mais peu mémorable

La dernière partie de l’ensemble, avec des titres comme “Sinner”, “Don’t Breathe” ou “Coma Wave”, renoue avec une lourdeur assumée. L’efficacité est là, mais l’ensemble peine à marquer durablement l’auditeur. Ces morceaux prolongent une sensation de masse sonore continue, puissante mais peu différenciée, renforçant l’impression d’un disque pensé avant tout pour la scène.

Car en live, nul doute que ces compositions prendront une tout autre ampleur. Crystal Lake a toujours su transcender ses morceaux sur scène, et The Weight Of Sound semble taillé pour cet exercice plus que pour une écoute répétée en studio.The Weight Of Sound est un album de transition honnête mais frustrant. Trop homogène dans sa première moitié, parfois étouffé par sa production et sa densité, il peine à rivaliser avec l’équilibre de True North ou l’impact maîtrisé de Helix. Reste un disque sincère, brutal, et probablement redoutable en concert, mais qui laisse le sentiment que Crystal Lake n’a pas encore totalement trouvé la bonne formule pour cette nouvelle ère.

Informations

Label : Century Media Records
Date de sortie : 23/01/2026
Site web : crystallake-worldwide.com

Notre sélection

  • The Weight Of Sound
  • The Undertow
  • King Down

Note RUL

 3/5

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Fabien Groslambert
Oui je tiens à jour un Google Docs qui liste tous les concerts auxquels j'assiste depuis 2013, et alors ?!