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Bush – The Kingdom

Groupe grunge emblématique des années 90, Bush est de retour avec un huitième album studio. Annoncé comme le disque de la renaissance, “The Kingdom” renoue avec un son lourd et percutant, pour le meilleur ?

Un grunge modernisé

De la formation initiale il ne reste que Gavin Rossdale et le batteur Robin Goodridge. Cet album sonne pourtant parfois comme “Sixteen Stone” (1994), l’album qui a propulsé Bush sur le devant de la scène. Si dans un entretien avec NME Rossdale parle de renaissance, “The Kingdom” apparaît comme le prolongement logique du parcours musical du groupe. La production soignée met en avant les riffs et les refrains accrocheurs. La prédominance de la basse et l’accent sur la sensualité de la voix de Rossdale réconfortent immédiatement les fans de la première heure.

Le titre éponyme résume à lui tout seul l’évolution de Bush. Un démarrage tonitruant porté par une batterie survoltée. Un riff de guitare qui harponne l’oreille, sublimé par des lignes instrumentales presque malaisantes. Des ambiance et des rythmiques très travaillées pour un résultat bluffant. Jamais Bush n’avait aussi bien sonné.

Un retour vers un son plus lourd

Là où le précédent “Black And White Rainbows” (2017) proposait des morceaux qui manquaient de profondeur et faisait ressortir les travers mielleux du quatuor, “The Kingdom” renoue avec un son plus heavy. L’enregistrement rappellerait même les expérimentations amorcées avec “The Science Of Things” (1999). A l’image de “Ghosts In The Machine” et son solo aux sonorités indus. Un morceau qui démontre le talent des Anglais pour travailler autour d’un refrain percutant avec un minimalisme au service de la musique.

“Blood River” ou “Bullet Holes” reviennent aux éléments qui ont fait le succès de “Sixteen Stone”. Des riffs massifs, des lignes de chant enivrantes sans surenchère. A l’inverse, Bush convainc moins sur des titres douceâtres ou un peu faciles comme “Falling Away” ou “Send In The Clowns”.

Le récit d’une utopie

D’après son auteur, “The Kingdom” esquisse les contours d’un refuge dans lequel des personnes sur la même longueur d’onde partageraient librement des idées. Peu connu pour son engagement politique, Rossdale s’est exprimé dans la presse sur ses interrogations et sa remise en cause de la société actuelle. Une remise en cause qui reste assez superficielle dans ses paroles “Are we not slaves, ghosts in the machine?”. Les thématiques de luttes internes et de relations interpersonnelles restent un fil rouge sur la discographie de la formation. “Undone” rappelle le goût des musiciens pour des ballades un peu (trop) naïves. Il offre un temps de rêverie dans un univers résolument rock.

Bush livre un album de grunge moderne et incisif, renouant avec les éléments phares qui avaient fait le succès du groupe !

Informations

Label : BMG
Date de sortie : 17/07/2020
Site web : www.bushofficial.com

Notre sélection

  • The Kingdom
  • Ghosts In The Machine
  • Blood River

Note RUL

 4/5

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Marion Dupont
Engagée dans la lutte contre le changement climatique le jour, passionnée de Rock et de Metal le soir !