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Bon Iver – i,i

En ce mois d’août 2019, Justin Vernon, aka Bon Iver, revient avec son quatrième album “i,i”. Celui-ci est présenté comme étant le dernier chapitre du cycle des saisons débuté en 2008. Après l’hiver de “For Emma, Forever Ago” est arrivé le printemps sur l’éponyme “Bon Iver” (2011), puis un bel été avec “22, A Million” (2016) et enfin l’automne avec “i,i”.

Un disque très personnel, harmonieux, profond. La fin d’un cycle et peut-être la fin d’un projet.

Un mélange des genres

“i,i” est un condensé d’ambiances des précédents albums : du minimalisme (“Yi”), en passant par le maximalisme (“Naeem”) ou encore l’avant-gardisme (“Jelmore”). Justin Vernon se met complètement à nu. Mélancolie autant musicale que textuelle, “i,i” se dévoile sous treize titres pop/folk expérimentaux d’une douceur incomparable.

Bon Iver fonce tout droit dans ce qu’il sait faire le mieux : des sonorités complexes à base de synthétiseurs, percussions étoffées et plus encore. Chacune des productions sont d’une créativité sans faille.

“Holyfields,” est un morceau très organique, né d’une rencontre entre un séquenceur et la mythique voix de tête de Justin. Une expérience autant fascinante musicalement que techniquement.

L’utilisation du vocodeur et de l’auto-tune est un point récurrent de Justin Vernon. “Jelmore” en est le parfait exemple. Tout comme ses envolées canoniques de cuivres, ici très bien représentées sur “We” ou encore “Salem”.

Un songwriter engagé

“Sh’Diah” qui signifie “Shittiest Day In American History” ou “Jour Le Plus Merdique De l’Histoire Américaine”, fait référence à l’élection de Donald Trump. “Hey, Ma” frappe tout aussi fort et fait la comparaison entre les gens riches et les plus pauvres. Avec “U (Man Like)”, Vernon imagine un monde où nos mauvaises actions nous rattrapent.

Les messages passés sont tous très forts. Les temps sont durs, serrons-nous les coudes. Et c’est exactement ce qu’il a fait pour créer cet album. Bon Iver sait très bien s’entourer.

Des collaborations incroyables

Justin Vernon est bel et bien américain et possède la folie des grandeurs quant à ses collaborateurs. Sur “i,i”, Bon Iver s’entoure de Bruce Hornsby, Francis Farewell Starlite (Francis And The Lights), James Blake, Velvet Negroni, ou encore des membres de Wye Oak et The National.

Le morceau qui illustre le mieux la synergie de ses musiciens est sans aucun doute “Faith”. Puissant, grandiloquent. Ce titre est définitivement celui de la “religion Bon Iver”. S’ajoute à ça un effet gospel indescriptible qui s’impose tout le long du disque.

“i, i”  est un disque d’exploration très élaboré. Un chef-d’œuvre mature, ambitieux, technique. Justin Vernon nous prouve, encore une fois, qu’il est un artiste avec un grand A.

Informations

Label : Jagjaguwar / PIAS
Date de sortie : 30/08/2019
Site web : boniver.org

Notre sélection

  • Hey, Ma
  • Faith
  • Jelmore

Note RUL

 4,5/5

Ecouter l’album

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Justine Dorin
Lemmy is God. J'me suis découverte une passion incontrôlée pour The Black Queen (C'est à cause de mon mec). Greg Puciato JTM. Et je fais du kebab maison qui tue !