Chroniques

Birth Of Joy – The Sound Of Birth Of Joy

Dans des temps reculés, le rock était synonyme de déflagration psychédélique, de folie révolutionnaire criarde et d’explosion de riffs endiablés. Birth Of Joy transporte l’auditeur dans cette époque, coincé entre la fin des 60’s et le début des 70’s. Révélation rock des dernières Transmusicales, le trio, venant tout droit du pays du gouda, sort son nouvel album “The Sound Of Birth Of Joy”, mêlant garage rock efficace sans concession et plages plus atmosphériques. Avec un chanteur rappelant Jim Morrison, un batteur à la fougue de Keith Moon et un claviériste digne de Jon Lord, Birth Of Joy n’a rien du groupe de pop aseptisé mais lorgne plutôt vers le classic rock entre Led Zeppelin, Fu Manchu ou encore MC5.

Démarrage explosif avec “Teeny Bopping”, un son de guitare tranchant, affuté comme un katana, et l’explosion d’un orgue Hammond, malmené avec la folie calculée d’un Ray Manzarek. En bref, un retour presque inespéré de la musique psyché-blues de l’époque 1967-1972, à l’instar de “Fat Fish”, et surtout “Motel Money Away”, où le hasard permet la rencontre de John Lee Hooker et de Jim Morrison, le coté écorché-vif en moins. La redescente ne reviendra que bien plus tard avec “Magic”, s’amorçant en rock industriel experimental, le titre dérive dans une pop psychédélique hypnotique mêlant orgue et tambour, une expérience proche de la prise de substances hallucinogènes avec des indiens chumash. “Make Things Happen”, morceau phare de leur premier EP, n’a rien perdu de sa superbe : l’Hammond tient la baraque tandis que les vociférations électriques du chanteur tentent de tout faire écrouler ! “Devil’s Paradise” permet la transgression d’aller au-delà du début des 70’s en se lançant dans un hard rock injecté de blues, maitrisé à la perfection. “Code Red” suit cette veine en y ajoutant une théâtralité dans la mouvance de “The Wall” des Pink Floyd. L’élément fort de l’ensemble est l’utilisation de l’orgue par Gertjan Gutman. Cela donne à Birth Of Joy son propre caractère. L’opus termine sur “Envy”, mêlant noise rock et le blues rock bien gras rappelant Black Rebel Motorcycle Club. L’accalmie ne viendra que sur l’outro, à l’orgue, probablement le point fort de l’ensemble qui donne à Birth Of Joy sa musicalité propre.

Ce trio risque vite de faire parler de lui avec son rock rétro énergique joué avec la puissance et la flexibilité de Wolfmother. Entre titres hypnotiques et volcaniques parfaitement alternés, la combinaison de garage rock, psychédélique et stoner évoque vos plus belles heures dans un désert californien, perdu en plein brouillard d’acide. L’un des atouts majeurs reste la tonalité des instruments (la vraie) pas de manigances d’effets spéciaux avec cette production. Le trio se colle à son identité psych rock 60’s, jusqu’à son enregistrement. Une rareté agréable dans le monde d’aujourd’hui fait de voix de crécelle autotunées et de productions inondées de logiciels Pro Tools.

Informations

Label : Grand Palais / Modulor
Date de sortie : 01/04/2013
Site web : www.birthofjoy.com

Notre sélection

  • Motel Money Away
  • Magic
  • No Big Day Out

Note RUL

3.5/5