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Benjamin Biolay – Grand Prix

Benjamin Biolay raconte son “Grand Prix” dans un disque résolument pop, qui oscille entre noirceur et légèreté. L’artiste assume une énergie plus entraînante et va chercher des nouvelles sonorités, allant de la funk au rock en passant par l’électro.

Une histoire de passion

“Grand Prix” nait de la fascination de l’artiste pour les circuits automobiles depuis sa tendre enfance. A travers ses morceaux et ses textes, Benjamin raconte les drames et le glamour de ce milieu. A l’image de “Vendredi 12” ou “Comment est ta peine ?”, des titres empreints de mélancolie et de poésie, véritable fond de commerce pour Benjamin Biolay. Sa qualité d’écriture, son côté dandy et ses airs de Gainsbourg se retrouvent tout au long de ce disque. Pourtant, les émotions projetées tout comme le cisèlement des textes n’arrivent pas à la hauteur de ses premiers albums.

“Grand Prix” semble aller plus loin dans la déclaration d’amour avec la participation des différentes femmes de la vie de Benjamin Biolay. Notamment Keren Ann sur “Souviens-toi l’été dernier”, Chiara Mastroianni sur “Visage pâle” et “La roue tourne”, Anaïs Demoustier sur “Comment est ta peine ?” et “Papillon Noir”, ainsi que sa fille sur le dernier titre de l’album “Interlagos (Saudade)”. Un défilé de collaborations qui amènent un peu de sensualité et renforcent la mélancolie des morceaux.

Un virage pop rock

Dire que Benjamin Biolay se lance dans le rock serait un peu galvaudé. Avec “Grand Prix” il assume une énergie pop rock, entremêlée de sons électro à la production ultra léchée. Un mix qui fonctionne sur “Comme une voiture volée” avec sa ritournelle entêtante. L’équilibre est bien trouvé sur le premier single “Comment est ta peine ?”, dont le nombre de vues sur YouTube démontre de l’attrait du public pour cette chanson. Mention spéciale également pour le beau et poétique “Ma route”.

A l’inverse, “Virtual Safety Car” incorpore de l’électro vintage pour un résultat peu probant. La naïveté de “Visage pâle” pèche par trop de bons sentiments. “Papillon Noir” laisse apparaître des ficelles de composition trop faciles pour véritablement convaincre. Mais où est le rock annoncé ? Sur “Idéogrammes”, la guitare électrique et la batterie soutiennent un morceau rythmé et réussi. La voix se fait plus rauque, comme pour donner du corps à ce partis pris plus rock. Une voix plus assumée dans ces treize titres, qui marque peut-être un tournant dans la carrière du chanteur.

Benjamin Biolay perd un peu de sa superbe avec “Grand Prix”, une déclaration d’amour qui explore de nouvelles sonorités mais peine à convaincre.

Informations

Label : Universal Music / Polydor
Date de sortie : 26/06/2020
Site web : benjaminbiolay.com

Notre sélection

  • Comment est ta peine ?
  • Vendredi 12
  • Ma route

Note RUL

 3,5/5

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Marion Dupont
Engagée dans la lutte contre le changement climatique le jour, passionnée de Rock et de Metal le soir !