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Architects – For Those That Wish To Exist

S’émanciper. Savoir grandir et évoluer n’est pas chose simple. Particulièrement quand les fantômes semblent encore si réels. Si présents. Architects continue son bonhomme de chemin avec un neuvième album. Ce dernier qui, de l’aveu commun, serait celui de l’évolution dans l’ère post-Tom Searle. Et c’est un postulat puissant, avoir la volonté de vivre.

De sang et de mots

Après une trilogie de disques stylistiquement très proches, il n’est pas illogique de sentir un désir de mouvement chez Architects. Le groupe explore des horizons nouveaux et moins alambiqués qu’auparavant. Les premières chansons nous font entrer sans difficulté dans un ensemble qui va se révéler riche et profond. Les signatures rythmiques tordues et la noirceur en moins. “Black Lungs”, “Giving Blood” ou “Discourse Is Dead” ne défriseront pas le poil du fan d’Architects bien qu’on devine des influences plus rock que metal. Sam Carter dose ses hurlements et prouve une fois de plus qu’il est l’un des chanteurs les plus doués de sa génération.

Exploring, together

Pour autant, les surprises arrivent assez vite. “Dead Butteflies” est épique et cinématographique à souhait tout en dégageant une mélancolie estivale merveilleuse. Si l’ambiance de “Impermanence” est l’une des plus intéressantes de ce nouvel album, la présence de Winston McCall (Parkway Drive) déçoit. Dans un registre terriblement classique et attendu, l’Australien n’offre rien à un titre pourtant bien engagé. Car oui, le Architects nouveau c’est aussi trois collaborations. Mike Kerr (Royal Blood) pose sa voix pleine de groove sur la dansante “Little Wonder”. Le quintette s’y entête à vouloir faire danser son auditoire, tout en soulignant l’ironie de la situation dans un refrain extrêmement inspiré. Une franche réussite, mais pas autant que ce “Goliath” où Simon Neil (Biffy Clyro) apparaît. Définitivement le morceau le plus énervé de l’album. Le climax est atteint lorsque Neil, dans un registre presqu’à contre emploi, hurle sa démence dans un final aussi épique d’inattendu. On imagine sans peine un grand moment de live à venir.

La vie, à un fil

La nouveauté chez les natifs de Brighton vient aussi de l’ambiance de ce “For Those That Wish To Exist”. Les ténèbres semblent quitter petit à petit leur vision. Cette nouvelle mentalité s’illustre magnifique dans “Demi God”. Sans atteindre le degré d’expérimentation de l’Islandaise, on soupçonnerait presque des influences venant de Björk dans ce morceau à l’orchestration majestueuse. Un pont où la voix transformée de Carter nous donne le sentiment qu’une entité non-identifiée, certainement divine, s’adresse à nous. Le disque se conclut sur la bouleversante “Dying Is Absolutely Safe”. Architects exorcise une dernière fois ses démons. La mort n’est une étape finale de la vie. Et en attendant son heure, on peut profiter tous ensemble de ce qu’on à vivre, pour en tirer le meilleur.

Pour le meilleur, et la vie

Si “For Those That Wish To Exist” n’est pas un album parfait, notamment à cause de sa longueur et de quelques morceaux de “remplissages”, la formation britannique ne se cache définitivement plus. Révéler un morceau aussi clivant que “Animals” en guise de premier single était un bon indice. Architects avance, grandit, ne regarde plus dans le rétro. Et il n’existe aucune montagne que les Anglais ne pourront déplacer.

Informations

Label : Epitaph Records
Date de sortie : 26/02/2021
Site web : www.architectsofficial.com

Notre sélection

  • Goliath
  • Demi God
  • Animals

Note RUL

 4/5

Nathan Le Solliec
LE MONDE OU RIEN