Chroniques

Alone With Everybody – Isolation Row

Alone With Everybody, c’est tout d’abord l’histoire d’un frère et d’une sœur, biberonnés depuis leur plus tendre jeunesse à la pop et au rock 60’s des Beatles à Crosby Stills & Nash. Le groupe ne néglige pas pour autant la britpop de ses contemporains : le nom de la formation fait référence au premier album de Richard Ashcroft, autre influence ressentie lors de l’écoute de l’album. Forgé par des concerts du Nebraska à Londres, le duo familial étonne par sa capacité à écrire des mélodies douces et délicates bercées d’une sincère mélancolie. “Isolation Row”, crée un cadre sobre et minimaliste, extrêmement cotonneux, à écouter dans le calme le plus absolu.

“Ain’t Got No Time To Lose With My Baby”, annonce la couleur avec une pop ouatée et gracieuse : un piano et une guitare qui seront accompagnés quelques secondes plus tard par un duo vocal apportant une impression de protection maternaliste agréable. L’intégralité de l’album sera dans cette mouvance mais chaque titre proposera un univers bien particulier, caractérisé par la patte folk propre aux jeunes toulousains. “Shopping By The Sea”, se rapproche de la pop contemporaine tout en y insérant une atmosphère aérienne propre à Simon & Garfunkel. Les associations de ce genre ne s’arrêteront pas là, “A Brief Breath Of Spring” offre un savant mélange entre un Eels complètement dépouillé et un rythme entêtant, sortie tout droit du premier album de Gerry Rafferty. Autre point positif, pour les bilingues : les textes sont construits et intelligents, malgré une redondance de thèmes tels que l’amour et la déception de “Eyes Blurred With Tears”, à “A Little While” en passant par “My Loves Grows”. La mise en perspective, le ton enlevé et l’univers palpable et invraisemblable, offrant une écriture à mi-chemin entre Elliott Smith et Pete Doherty, “Outdoors” et surtout “Ghost Free House” en sont les meilleurs exemples. Minimalisme oblige, l’opus se termine sur “My Love Grows”, une ballade orchestrée par un piano entêtant, tirant vers Michael Andrews, et accompagné d’une voix (en français) mélancolique rappelant les chansons torturées de Damien Saez, c’est à la fois triste et divin.

Alone With Everybody ne se préoccupe pas trop des modes et des tendances musicales, il revient à la source même de la pop, de la folk et du soft rock. Il est néanmoins possible de le comparer avec les groupes de son époque : une atmosphère proche de Cocoon (en beaucoup moins irritant pour le conduit auditif) avec ce je-ne-sais-quoi d’irréel et d’aérien, à l’image de Baden Baden, enveloppée dans une triste nonchalance similaire à Angus et Julia Stone. Ce premier album intimiste offre une musique naturelle, construite d’arrangements discrets de piano, de percussions légères et de guitare classique et folk, aux riffs envoutants. Rappelant la pureté et la simplicité des B.O. des films de Valérie Faris et Jonathan Dayton, “Isolation Row” peut s’écouter en boucle pendant des jours, sans perdre de sa superbe.

Informations

Label : Chrisal Music
Date de sortie : 22/03/2013
Site web : www.facebook.com/pages/Alone-With-Everybody/379018750849

Notre sélection

  • Ghost Free House
  • Shoping By The Sea
  • Outdoors

Note RUL

4/5