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Airbourne – Airbourne

Sept ans après BoneshakerAirbourne revient avec un album qui porte simplement son nom. Un choix presque évident tant Airbourne ressemble moins à une nouvelle étape qu’à une déclaration d’identité. Pas question de réinventer une formule construite depuis près de vingt ans : le groupe australien préfère rappeler pourquoi elle fonctionne encore. Douze morceaux où le rock n’roll n’est pas seulement une musique, mais une façon de vivre, de tenir debout et, parfois, de défier la mort elle-même.

Pas question de baisser le son

Dès “Gusty”, Airbourne remet au centre une valeur qui traverse tout le disque : avancer, peu importe les coups. Le morceau possède cette énergie de défi presque viscérale que l’on retrouve plus loin dans “Last Man Standing” ou “Hells Got No Vacancy”. Chez eux, la résistance n’a rien d’introspectif ou de torturé. Elle se hurle, poing levé, guitare branchée beaucoup trop fort.

Cette philosophie prend pourtant une dimension différente avec “Alive After Death (Last Plane Out)”. Derrière l’efficacité immédiate du titre apparaît l’une des idées les plus intéressantes de l’album : certaines personnes disparaissent sans vraiment mourir. Tant que leurs chansons continuent de résonner, quelque chose d’elles reste vivant. Une vision simple de l’héritage, mais particulièrement cohérente venant d’un groupe qui n’a jamais caché ce qu’il devait aux générations précédentes.

Airbourne n’oublie évidemment jamais de s’amuser. “Kid In A Candy Store” transforme le désir en terrain de jeu euphorique tandis que “Sky High” cultive cette insolence grivoise devenue indissociable du groupe. Même “Christmas Bonus”, improbable hymne de Noël passé à travers un ampli poussé à onze, rappelle qu’Airbourne sait parfaitement jusqu’où va son propre cliché – et préfère en rire plutôt que tenter de lui échapper.

Tant qu’il restera du rock n’roll

Mais derrière la bière, les doubles sens et les refrains destinés aux salles pleines, le disque parle surtout d’une vie entièrement construite autour de cette musique. “Bogotá” ramène ainsi l’ensemble sur la route, là où Airbourne semble finalement avoir toujours appartenu. “Rock ’N’ Roll Ya” ne cherche même plus à justifier cette obsession : le rock devient ici à la fois plaisir, langage et raison d’être.

C’est alors “Send Me To Rock ’N’ Roll Heaven” qui donne au disque sa conclusion la plus significative. Après avoir passé l’album à célébrer ceux qui refusent de tomber, Airbourne regarde une dernière fois vers ceux qui sont déjà partis. Pas avec tristesse, mais avec cette idée presque réconfortante qu’il existe quelque part un paradis suffisamment bruyant pour accueillir les légendes du genre. Et lorsque leur propre heure viendra, ils savent manifestement déjà où ils veulent finir.

En donnant son propre nom à ce sixième album, Airbourne ne promet donc aucune révolution. Et c’est précisément le propos. Airbourne célèbre vingt ans de fidélité absolue à une même conviction : tant qu’il restera une scène, un ampli et quelqu’un pour lever le poing devant, le rock n’roll aura encore une raison de faire du bruit. Et eux aussi.

Informations

Label : Spinefarm Records
Date de sortie : 04/09/2026
Site web : airbournerock.com

Notre sélection

  • Alive After Death (Last Plane Out)
  • GUTSY
  • Send Me To Rock ’N’ Roll Heaven

Note RUL

 4/5

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