Phanerozoic I: Palaeozoic
The Ocean

Par Pierre Wiederkehr le 07 novembre 2018

Tout amateur de metal progressif se doit de connaître The Ocean. Le collectif berlinois est une référence en la matière et a délivré de nombreux albums conceptuels salués par la critique. C'est donc avec une excitation certaine que l'on accueille le septième album studio des Allemands.


"Phanerozoic I: Palaeozoic" est le premier disque d'un double album dont le deuxième volet paraîtra l'année prochaine. Comme à chaque fois, le thème invite l'auditeur à voyager et à se questionner face à des sujets peu communs. Ici, l'ensemble traite d'une théorie de Nietzsche et du fait que les choses doivent se répéter un nombre infini de fois. Ce choix réussira-t-il à séduire autant que les précédentes œuvres de la solide discographie des Teutons ?


Ecouter un album de The Ocean est une véritable aventure. Les ambiances varient sans cesse et il est difficile de ne pas se laisser embarquer dans l'univers envoûtant du groupe. Les guitares lourdes, les rythmiques complexes et les mélodies efficaces accompagnent toute l'écoute et emmène l'auditeur vers des contrées lointaines.


"The Cambrian Explosion" et "Cambrian II: Eternal Recurrence", qui ouvrent le bal, mettent en lumière toute l'expertise du quatuor pour créer des ambiances inimitables. Les notes de pianos lointaines débouchent sur des riffs de guitares puissants et une voix pleine de rage. Les chœurs en fond contribuent à cet univers sombre mais aucunement dénué de mélodies. "Ordovicium: The Glaciation Of Gondwana" persiste dans le registre agité en proposant des lignes vocales très énervées et une rythmique endiablée qui ne laisse aucun répit.  


Là où The Ocean frappe fort, c'est à travers les nombreux détails qui nécessiteront plusieurs écoutes pour tous les déceler. Les changements d'ambiances sont couronnés de succès car ils sont accompagnés d'une multitude d'effets qui rendent l'écoute très agréable, empêchant de tomber dans une forme de lassitude. Le piano utilisé au milieu de "Silurian: Age Of Sea Scorpions" en est le plus bel exemple.


Le disque est très réussi instrumentalement, le niveau des musiciens forcent le respect et n'est sujet à aucune critique. Mais la performance vocale est à mettre en avant tant elle donne d'épaisseur et de vigueur aux compositions. L'aisance de Loïc Rossetti pour passer du growl le plus brutal à une voix claire des plus douces, est déconcertante tant il le fait avec facilité.


La participation du chanteur de Katatonia, Jonas Renske, sur "Devonian: Nascent" renforce le volet vocal en effectuant une démonstration de progression pleine de tensions et de maîtrise. "Permian: The Great Dying" qui conclut l'essai conforte l'auditeur en rappelant avec brio tout ce que The Ocean sait faire : des morceaux puissants mais empreint d'émotions.


"Phanerozoic I: Palaeozoic" est un effort réellement captivant qui nous emmène avec une aisance déconcertante dans des univers de toute beauté. Il sera évidemment nécessaire d'écouter plusieurs fois l'opus pour en saisir tous les rouages mais cet exercice en vaut le coup tant la qualité transpire à travers toutes les compositions. Il ne reste plus qu'à attendre 2019 avec impatience pour se mettre dans les oreilles le deuxième volet de ce double album.

Informations

Notre sélection

  • Cambrian II: Eternal Recurrence
  • Devonian: Nascent
  • Permian: The Great Dying

Note RUL

3.5 / 5

Ecouter l'album

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