Starcrawler
Starcrawler

Par Léa Berguig le 22 janvier 2018

Formé il y a seulement deux ans, Starcrawler ne cesse de poursuivre son ascension. S'imposant progressivement comme un groupe live rythmé par les performances quelques peu perturbantes de sa charismatique frontwoman Arrow De Wilde, la formation originaire de Los Angeles s'est vu gratifiée d'une signature chez le réputé Rough Trade Records, et nous offre aujourd'hui un premier album produit par Ryan Adams. Retour sur un premier effort convaincant et prometteur.


L'album commence d'un pas assuré avec "Train", titre d'une minute dont les guitares incisives et les percussions cinglantes laissent présager un disque bien trempé. Pour cause, cet effort éponyme reflète l'image d'un groupe qui s'affirme tout en manifestant indéniablement un intérêt (et une influence) prononcé pour le rock n'roll dans sa forme la plus élémentaire. Ici, l'innovation n'est pas le mot d'ordre; on s'amuse plutôt à reprendre les codes fondamentaux du style. Le tempo est rapide, l'attitude est fougueuse, l'instrumentation dans l'urgence et la voix désinvolte. A l'image des deux premiers singles "Let Her Be" et "I Love LA" (dont le refrain, une fois sa vitesse quelque peu ralentie, pourrait rappeler "In Bloom" de Nirvana), les chansons de l'ensemble sont portées par leurs riffs. La tonalité adoptée par Arrow De Wilde reste assez monotone, se fondant dans la masse grondante des instruments sans pour autant s'y perdre.


A l'instar des prestations sur scène, l'approche est frontale, même provocatrice. Si "Pussy Tower" s'inscrit ouvertement comme une ode joviale au sexe oral ("Head, I want it every day / Oh head, it never fails to pay"), sa successeuse "Full Of Pride" s'affirme revancharde ("You're always full of shit and everyone has heard it"). Un retour aux sources alternatives loin d'être révolutionnaire, mais au résultat pourtant rafraichissant et même addictif, faisant naître l'envie insatiable de renouveler les écoutes. Si les morceaux sont pour la majorité très pêchus, une ballade vient cependant se glisser vers la fin de l'essai et nuancer l'ensemble. Pour cause, "Tears", véritable surprise du disque, est à Starcrawler ce que "Doll Parts" pourrait être à Hole. On retrouve ici une Arrow De Wilde dans une dynamique différente, plus douce, vulnérable, dans la douleur et la demande. Un titre qui aurait même pu clôturer l'album; tâche néanmoins attribuée à "What I Want", qui refait trembler les amplis et vient rappeler le propos-même de ce "Starcrawler" ("I don't wanna be anything but me") : Starcrawler sait ce qu'il est, et est bien décidé à faire ce qu'il veut.


Premier effort convaincant pour un groupe aux influences old school très marquées (Iggy Pop, New York Dolls, ou encore Nirvana), "Starcrawler" étant un album qui s'apprécie dès la première écoute. Si la dynamique du disque se veut moins électrisante que les performances live de la formation, elle n'en reste pas moins rythmée par l'impudence et la témérité, faisant définitivement de Starcrawler un groupe à suivre.

Informations

Notre sélection

  • I Love LA
  • Tears
  • Let Her Be

Note RUL

3.5 / 5

Ecouter l'album

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