The Getaway
Red Hot Chili Peppers

Par Kelly Le Guen le 25 juin 2016

Après quelques jours de réflexion, voici venue l'heure de vous donner une critique du nouvel album des Red Hot Chili Peppers. Le disque, baptisé "The Getaway", est le deuxième en compagnie du guitariste Josh Klinghoffer, mais aussi et surtout le premier produit par Danger Mouse, là où officiait depuis vingt-sept ans Rick Rubin.


C’est donc cinq ans après un "I'm With You" qui avait grandement divisé l'opinion que revient RHCP. Attendus au tournant, les Californiens ont commencé par nous dévoiler trois (plutôt bons) singles. Le premier, qui bénéficie désormais de sa propre vidéo, est l'excellent "Dark Necessities", sans aucun doute morceau phare de l'album. On y constate une nouvelle fois tout le talent de parolier d'Anthony Kiedis, et l'on retrouve avec plaisir la basse envoûtante de Flea. Du Red Hot classique, jusqu'ici, si ce n'est qu'une toute nouvelle place est donnée au piano. L'instrument, couplé à la basse et aux choeurs, donne un véritable coup de frais à la musique de RHCP, sans pour autant en altérer l'essence. Les deux autres singles, "The Getaway" et "We Turn Red", sont un peu moins audacieux mais plutôt réussis. On adore les choeurs derrière le refrain du premier ou encore la batterie qui cogne sur le second.


Ces trois morceaux forment en fait le début du disque. S'ensuit en quatrième place "The Longest Wave", ballade rythmée assez sympathique. Mais il faut bien avouer qu'après ça, la seconde partie de l'oeuvre souffre de quelques longueurs. Si l'on se laisse volontiers emporter dans l'univers du groupe, difficile de retenir un titre, de garder un morceau en tête (hormis l’entraînant "Go Robot", peut être). On déplore un certain manque de relief et, pour le dire grossièrement, pas mal de morceaux se ressemblent.


Le plus étrange est que, pris un à un, aucun titre n'est mauvais, au contraire. Les compositions, même si assez classiques pour la plupart, sont réussies, et les textes sont toujours à la hauteur de ce que sait faire Kiedis. Le mixage, lui, est irréprochable ; notons que pour cette partie, c'est Nigel Godrich (Atoms For Peace, Ultraista, producteur historique de Radiohead) qui a été sollicité, alors forcément, le travail est bien fait.


Alors quoi, la faute à la production ? Et bien sans doute. Il n'est pas évident d'estimer combien de morceaux ont été au départ composés pour garder les treize présents sur le disque, mais devant la similitude de ce qui a été sélectionné, on n'a qu'une seule envie : en savoir plus. Et une question nous vient presque immédiatement à l'esprit : et si "The Getaway" avait été produit par Rick Rubin ? Connaissant la carrière et les capacités du producteur, difficile de ne pas se dire que tous les défauts du disque auraient été réparés.


Bref, "The Getaway" n’est pas un mauvais album, il est même "pas mal". Mais "pas mal" de la part d'une formation qui nous a habitué à "excellent", on reste un peu sur notre faim. On garde malgré tout la curiosité de découvrir tout cela sur scène, et surtout de savoir ce que le quatuor fera à l'avenir, en espérant qu'il ose aller plus loin.

Informations

Notre sélection

  • Dark Necessities
  • The Getaway
  • Go Robot

Note RUL

3 / 5

Ecouter l'album

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