Push Pull
Hoobastank

Par Coralie Monange le 30 mai 2018

Malgré maintenant vingt ans de carrière, les Californiens de Hoobastank semblent inarrêtables. Plus de six ans après la sortie de "Fight Or Flight" (2012), ils reviennent avec "Push Pull". Bien décidés à évoluer et à voir jusqu'où ils peuvent aller musicalement parlant, ils ont choisi de collaborer avec le producteur Matt Wallace, notamment connu pour son travail avec le groupe Maroon 5. Un détail qui peut sembler anodin au premier abord, mais qui impacte véritablement le son que nous proposent les Américains.


Les hostilités commencent avec "Don't Look Away", un morceau mélangeant des beats très électroniques à des guitares au rythme des plus entêtants, le tout avec de nombreuses harmonies; dans son ensemble, il joue son rôle de titre d'ouverture et nous donne un avant-goût de ce qui nous attend pour la suite. "Push Pull", portant le même nom que l'essai, aurait presque pu avoir sa place dans un album de Maroon 5. Le refrain notamment, aux paroles et à la mélodie assez simples, ressemble à s'y méprendre à quelque chose que la bande d'Adam Levine aurait pu sortir. A cela vient s'ajouter "More Beautiful" sur lequel nous retrouvons les mêmes influences. De petites déceptions de la part du quatuor qui nous avait quand même habitué à mieux et plus recherché.


La mélodie très enjouée de "True Believer" et son refrain radio friendly ne sont pas pénibles à entendre mais nous donnent parfois la sensation d'écouter un autre groupe que Hoobastank, ce qui est bien dommage. C'est d'ailleurs le problème majeur de l'effort. Il n'est pas mauvais en lui-même et quelques morceaux nous restent à l'esprit. Mais nous peinons à retrouver la patte si unique qui a fait des Américains de véritables piliers dans leur genre. Bien sûr, après vingt-ans de carrière, il est nécessaire pour eux d'évoluer et de proposer de nouvelles choses à leur public. Mais au point de prendre autant de distance avec ce à quoi ils nous avaient habitués ? C'est une grande question qui est soulevée tout au long des onze titres.  


"Head Over Heels" est cependant une belle surprise dans cet opus : reprise du duo Tears For Fears, ce morceau est dans la même veine que le reste de l'ensemble, et reprend donc cet énorme hit en se l'appropriant pleinement. Au programme ? Une atmosphère plus sombre, un instrumental bien travaillé et qui met en valeur la puissance vocale de Doug Robb. Une réussite sur un album ponctué de déceptions.


Avec "Push Pull", nous assistons à une évolution du quatuor américain qui ne sera peut-être pas au goût de tout le monde. Son désir de toucher une plus large audience lui a fait perdre ce qui le caractérisait bien. Une chose est sûre : l'ère de "Crawling In The Dark" est loin derrière.

Informations

Notre sélection

  • Head Over Heels
  • Better Left Unsaid
  • We Don't Need The World

Note RUL

2.5 / 5

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