Chronique : Hollywood Undead - Five - RockUrLife - webzine rock, alternatif, indie, scène française

Five
Hollywood Undead

Par Nico Praz le 30 octobre 2017

Depuis le début des années 90, le rap metal connaît des périodes glorieuses. Réunir plusieurs styles musicaux aussi différents est un pari réussi par de nombreux groupes aux influences diverses. Rage Against The Machine ayant ouvert la brèche, il n'est pas facile de s'y engouffrer pour marquer à son tour son époque. Formé en 2005, Hollywood Undead applique les codes du genre à l'aide d'une identité visuelle agressive et éclectique pour délivrer un dérivé du genre oscillant au final vers un rock plus sage. Avec "Five", nous sommes en droit de nous demander si les Californiens passent la vitesse supérieure pour être à la hauteur de leurs textes et de leur imagerie.


"California Dreaming" démarre en fanfare avec ses riffs qui slident le long des manches et ses couplets percutants. Presque tous les musiciens donnent de la voix sur ce titre pour se lancer constamment le micro. Ce premier morceau marie à merveille le metal et le hip hop, et c'est un véritable plaisir de profiter de chaque timbre de voix particulier et reconnaissable des sept chanteurs. "Whatever It Takes" est le premier d'une série de morceaux s'enchaînant et mettant en avant leur côté plus actuel et moins pêchu. Le flow contestataire fait place à des compositions plus à même de toucher un public adolescent, avec des vrais bouts d'auto tune dedans. Les quartiers hollywoodiens et leurs stéréotypes sont évoqués à tour de bras, tantôt avec inspiration, tantôt sans finesse. Il est dommage de constater que la situation actuelle aux États-Unis ne permettent pas au gang masqué d'accoucher d'un brûlot saisissant. Après tout, ce n'est peut-être pas l'objectif quand on se trémousse sur les accords dansants de "Bang Bang".


Bien que Hollywood Undead jongle d'un tableau à l'autre avec aisance, c'est la cohérence qui trinque pour nous retrouver le cul entre deux chaises. D'un côté, nous pouvons distinguer des morceaux poignants mixant de façon intelligente des sonorités contemporaines avec les formules classiques du rap et du rock. De l'autre, notre esprit décroche par le biais d'un changement radical de direction. Pourtant, le mélange prend parfaitement avec un morceau tel que "Riot". Une base électro accompagne un beat efficace pour nous balancer une sonorité qui parvient à défoncer nos enceintes. L'énergie palpable nous donne envie de sauter de partout en scandant "fuck that shit, let's start a riot". L'envie de se renouveler est louable. Il faut cependant cultiver une certaine simplicité, et surtout une véritable homogénéité sur la durée pour garder l'attention du public durant les cinquante-trois minutes de l'ensemble.


"Five" est le fruit d'un groupe talentueux qui semble encore se chercher, ce qui peut se comprendre à la vue des changements de line up réguliers. On ne peut blâmer l'expérimentation musicale, mais point trop n'en faut dans le cas suivant. Dans le contexte actuel, on ne pourrait que conseiller au sextuor californien de se débarrasser de certains artifices pour ajouter une distortion incisive et des amplis montant jusqu'à onze.

Informations

Notre sélection

  • California Dreaming
  • Riot
  • Bang Bang

Note RUL

3 / 5

Ecouter l'album

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