Echolocation
Gone Is Gone

Par Pierre Wiederkehr le 09 janvier 2017

Six mois seulement après la sortie de son EP, Gone Is Gone revient déjà aux affaires avec son premier album intitulé "Echolocation". Le supergroupe composé du multi-instrumentiste Mike Zarin, du guitariste Troy Van Leeuwen (Queens Of The Stone Age), du bassiste Troy Sanders (Mastodon) et du batteur Tony Hajjar (At The Drive-In) avait frappé fort lors de sa première tentative et laissé entrevoir de belles promesses. La qualité sera t'elle encore au rendez vous avec cet essai ?


Le titre d'ouverture "Sentient" agit comme une piqûre de rappel et plonge d'emblée l'auditeur dans l'univers si particulier de Gone Is Gone. Le morceau s'ouvre sur une ambiance posée et aérienne bercée par la voix de Troy Sanders avant que la distorsion ne vienne casser cette atmosphère apaisante. Le supergroupe ne se donne pas de limites et, comme il l'a fait sur son premier EP, navigue entre les registres allant du très calme au plus agité.


"Gift" rappelle les plus belles heures de Queens Of The Stone Age avec un stoner qui en fait l'une des réalisations les plus dynamiques de cet ensemble. "Resurge" et "Pawns" prennent la même direction avec un duo basse-batterie très efficace accompagné par la guitare de Troy Van Leeuwen qui ajoute des éléments mélodiques aux morceaux.


Les Américains ne renient pas leurs affections pour la musique progressive et vont même très loin. "Dublin" en est un parfait exemple avec un côté expérimental poussé à son maximum. Les sons électros et les bruits de guitares mystérieux apportent à ce titre une allure psychédélique qui en font le charme. Autre exercice original de la part des musiciens avec le duo "Slow Awakening" / "Fast Awakening". Le même motif est utilisé mais il est joué à deux rythmes totalement différents. Ce qui donne au premier air un côté lent et pesant alors que le deuxième est toute en énergie. Gone Is Gone rappelle une fois de plus que sa musique dépasse le cadre traditionnel de ce que bon nombre de groupes peuvent proposer.


Si la prestation des musiciens sur cet effort ne souffrent d'aucune contestation tant elle est maîtrisée et aboutie, il faut tout de même mettre en avant la prestation vocale de Troy Sanders. Sa palette de chant est beaucoup plus riche et variée que ce qu'il a l'habitude de proposer lors de ses créations avec Mastodon. Sa voix sur la reprise de Portishead, "Roads", est très calme voire intimiste. On retrouve cette justesse sur "Resolve" où, accompagné d'une guitare acoustique, il donne pleine mesure à son talent. Le bassiste s'affirme de plus en plus comme un artiste complet.


L'écoute des douze pistes est agréable mais tombe malheureusement parfois dans la monotonie. Malgré quelques soubresauts de guitares plus vitaminées, on peine a distinguer les morceaux les uns des autres et aucune réalisation ne se détache concrètement. Ce bémol n'altère en rien la qualité des mélodies et des arrangements minutieux apportés par les musiciens mais il atténue un bilan qui jusque là était irréprochable.


"Echolocation" est un disque réussi qui confirme tout le potentiel que ce supergroupe possède. Si quelques points noircissent le tableau, la qualité est au rendez-vous et comble largement les attentes que l'EP avaient suscités.

Informations

Notre sélection

  • Sentient
  • Gift
  • Resolve

Note RUL

4 / 5

Ecouter l'album

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