Always Ascending
Franz Ferdinand

Par Chloé Bougraud le 11 février 2018

Bientôt cinq longues années que nous attendions patiemment que nos Écossais favoris fassent un retour triomphant sur le devant de la scène ! L’ex-petit dernier "Right Thoughts, Right Words, Right Action" (2013) nous avait un poil laissé sur notre faim sans pour autant nous avoir déçu. Après avoir formé le supergroupe FFS aux côtés des Sparks en 2015 puis s'être séparée des talents de McCarthy (anciennement guitariste et claviériste au sein des FF), la bande de Kapranos revient avec un nouvel album que nous ne sommes pas prêts d'oublier. Reste à savoir si c'est un compliment.


Qu'elle est pimpante cette nouvelle formation ! Si trois piliers de l'ex-quatuor de Glasgow restent bien en place malgré le départ de McCarthy, les Franz semblent avoir voulu consolider le tout en y ajoutant deux paires de bras en 2017. Dino Bardot muni de sa guitare et Julian Corride de son clavier promettent des merveilles et n'ont pas vraiment le droit à l'erreur pour les puristes. On avait laissé les Écossais sur un album éclectique nous interpellant sur un possible renouveau sans pour autant qu’il n'y ait de changement transcendant.


À l'annonce de la sortie d'un prochain disque, les fans se doutaient de la potentielle tempête et inévitable scission qu'il allait apporter dans le petit monde de Ferdinand. Pas manqué. Elle est bien loin cette époque où les guitares du tube "Take Me Out" (2004 !) nous résonnaient dans les oreilles et représentaient à elle-seule l'aura du groupe. On se retrouve aujourd'hui en plein milieu d'un dancefloor underground à l'écoute de "Always Ascending" qui semble rompre nettement avec l'historique de la formation sans pour autant trahir ses origines.


Dévoilé il y a quelques mois, le titre éponyme se fait le synonyme même de l'équilibre auditif : entre synthés hypnotisants et guitares énergisantes, le tout structuré par une cadence suffocante, succédant à une intro bien sage. Ça promet pour la suite. "Lazy Boy" se fait plus old school et suit un chemin bien dégagé par les anciens efforts studio de Franz Ferdinand : guitares directes, peu de fioritures, un Alex des plus insolent et un rythme entraînant à souhait que l'on retrouve sur un "Finally", un "Huck And Jim" ou autre "Glimpse Of Love" !


Place aux synthés sur "Paper Cage" et "Lois Lane" qui saupoudrent l'essai d'une pop sautillante pas déplaisante qui s'allie à l'arrière goût de piano-bar underground et futuriste grâce au piano bien mis en avant. C'est vers un coin plus dark du club que l'on se retrouve avec "Feel The Love Go", vraie pépite de l'ensemble, qui mêle un synthé crasseux et des guitares bien FF dans des refrains aux lyrics obsédantes.


S'il nous faut quelques écoutes pour se faire à la nouvelle direction prise par Kapranos et sa clique, on ne peut nier le génie de ces Écossais qui resteront ce qu'ils ont toujours été. Certes, les grattes post punk des débuts ne sont plus les stars numéro un des morceaux. Certes, l'omniprésence du synthé ne plaira pas à certains fans de la première ou de l'avant-dernière heure. Pourtant, le boys band d'Outre-Manche ne cessera de nous impressionner. On a pris le temps de l'aimer, mais le résultat est bien là : le synthétique c'est fantastique, l'organique bien nostalgique.

Informations

Notre sélection

  • Feel The Love Go
  • Lazy Boy
  • Always Ascending

Note RUL

4.5 / 5

Ecouter l'album

En poursuivant votre navigation, vous acceptez le dépôt de cookies tiers destinés à vous proposer des vidéos, des remontées de contenus de plateformes sociales. En savoir plus. OK