Eonian
Dimmu Borgir

Par Pierre Wiederkehr le 05 mai 2018

C'est peu dire que la nouvelle offrande de Dimmu Borgir s'est fait attendre. Il aura fallu huit longues années aux Norvégiens pour donner naissance au successeur de "Abrahadabra". C'est donc avec un plaisir non dissimulé qu'est accueilli le dixième effort studio des Scandinaves : "Eonian". Cette nouvelle réalisation suscite bon nombre d'interrogations. Qu'attendre des musiciens après une si longue inactivité ? Resteront-ils dans le sillage de leur dernier album sorti en 2010 et qui avait marqué un tournant dans leur style ou bien effectueront-ils un retour aux sources ?


Les premières notes de "The Unveiling" ne laissent aucun doute et indiquent clairement que Dimmu Borgir marche dans les traces de "Abrahadabra". Un coté indus plane sur la chanson, le tout accompagné d'un fort registre symphonique bien appuyé par les choeurs et le chant peu agressif pour du black metal. "Interdimensional Summit" enfonce le clou en utilisant avec à propos le registre mélodique. Le refrain très lyrique reste facilement en tête et se veut très rassembleur.


Les deux premières chansons envoient un message fort d'entrée : ce disque ne fera pas revenir les fans purs et durs de la première heure dans l'escarcelle des Norvégiens. Le virage prit est risqué mais la qualité est au rendez-vous.


Les Scandinaves sont clairement en quête d'expérimentation et n'hésitent pas à naviguer vers de multiples horizons. L'utilisation abondante des choeurs donne de l'épaisseur aux compositions et renvoie vers un univers épique propice à l'évasion. "Council Of Wolves And Snakes" symbolise ce Dimmu Borgir version 2018 qui ne se donne aucune limite quitte à bouleverser ce qui a fait sa marque de fabrique. Le chant de Shagrath est très déroutant comme si l'artiste parlait et chuchotait directement à l'oreille de l'auditeur. Les ambiances sont très changeantes et plusieurs écoutes sont nécessaires pour se plonger dans le morceau et en déceler tous les aspects.


Pourtant dire que Dimmu Borgir a fait totalement table rase du passé serait injuste. Le riff direct de "Lightbringer" renvoie aux plus belles heures de la discographie des Norvégiens, le tout bien soutenu par une section rythmique intraitable. Même constat pour "Ætheric" qui fleure bon le black metal brut de décoffrage. Preuve en est qu'on peut se servir du passé pour se réinventer et ne pas rester prisonnier de codes bien définis.


"Rite Of Passage", qui conclut l'écoute, affirme encore un peu plus la direction prise par la formation. Difficile de ne pas succomber à la tension mélancolique se dégageant de cet instrumental. Le morceau achève idéalement une écoute invitant l'auditeur à voyager dans de multiples univers empreints de lyrisme.


"Eonian" est un disque qui affirme clairement et franchement l'évolution de Dimmu Borgir vers de nouveaux horizons. Les fans du début ne retrouveront pas la frénésie des premiers essais mais s'ils se donnent la peine d'écouter ce nouvel effort studio avec attention, ils pourront peut-être saisir la démarche sincère d'un groupe en constante évolution et qui ne renie pas pour autant ses origines.

Informations

Notre sélection

  • Interdimensional Summit
  • Lightbringer
  • Rite Of Passage

Note RUL

3.5 / 5

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